Sécurité

Les forces irakiennes font échouer les ambitions de l’EIIS

Khalid al-Taie

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Les responsables militaires irakiens, notamment le commandant des forces terrestres, le major général Qassim Mohammed Saleh, supervisent la seconde phase de l'opération « Iraqi Heroes - Victory of Sovereignty » sur cette photo postée le 5 juin. [Photo fournie par le ministère irakien de la Défense]

Le mois dernier, les forces irakiennes ont lancé des dizaines d’opérations intensives visant les derniers éléments de « l’État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS) qui se cachaient dans des grottes dans les montagnes, dans le désert et dans les prairies.

La « guerre d’usure » promise par le chef de l’EIIS Abou Bakr al-Baghdadi l’an dernier et les tentatives déployées par l’EIIS pour tromper sa base de soutien se sont totalement effondrées face à ces opérations, ont expliqué plusieurs commandants et spécialistes militaires à Diyaruna.

Les forces de sécurité ont participé à des campagnes de grande ampleur, notamment la poursuite de l’opération « al-Jazeera Lions » les 16 et 17 mai dans le désert occidental.

La deuxième phase de l'opération « Heroes of Iraq - Victory of Sovereignty » a été menée dans le sud-ouest de la province de Kirkouk du 2 au 4 juin, et le 22 juin, les forces irakiennes ont lancé la troisième phase dans le nord et l’est de l’Irak.

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Des membres des unités d’élite irakiennes le 4 juin, lors d’une opération visant à arrêter un terroriste recherché opérant à Falloudjah. [Photo fournie par les services de l’antiterrorisme irakien]

Le major général Imad al-Zuhairi, chef du commandement des opérations de Samarra, a indiqué qu’il avait récemment dirigé ses forces lors d'une série d’opérations contre les derniers éléments de l’EIIS et qu’ils avaient réussi à « encercler l¹ennemi et à faire échouer ses plans ».

Les résidus de l’EIIS avaient « tenté de se déplacer par petites cellules dans les villages sans habitants et d’y monter quelques opérations terroristes, mais nous les poursuivons en permanence et avons réussi à les abattre et les arrêter », a-t-il expliqué à Diyaruna le 8 juin.

Ces opérations militaires ont « épuisé les ressources des terroristes et coupé les voies de transport qu’ils utilisaient pour leurs attaques », a-t-il ajouté.

« Nous disposons désormais de capacités et d’une technologie avancées pour suivre les mouvements des terroristes, provenant notamment de villages et de zones éloignés comme al-Azim Basin, al-Ayth et al-Salabkha, où nous intervenons rapidement et les prenons immédiatement pour cibles », a-t-il poursuivi.

Démanteler la machine de propagande de l’EIIS

Les opérations de sécurité successives « ont détruit la capacité du groupe terroriste à élargir ses opérations », a indiqué Imad Alaw, conseiller auprès du Centre européen d’études antiterroristes et des renseignements.

Ces opérations « ont un très fort impact sur l’ennemi dans la mesure où elles visent des cibles terroristes qui ont été au préalable identifiées avec précision grâce au soutien des renseignements, en plus de vastes opérations de ratissage dans de vastes étendues de terrains difficiles », a-t-il expliqué à Diyaruna.

Ces opérations ont entraîné « la mort et l’arrestation d'un grand nombre de terroristes et la destruction de tunnels, de grottes et d’installations de surveillance et de planification, en plus de dépôts d’armes et de munitions », a poursuivi Alaw.

Cette pression militaire « a réduit à néant l’élan médiatique que le groupe avait suscité et ses efforts visant à conserver sa base de soutien en promouvant l’idée d’une "guerre d’usure" et en tentant de renforcer le moral de ses troupes, comme lors de la dernière vidéo en date intitulée "Frappez-les au cou" », a-t-il indiqué.

Cette vidéo de 50 minutes est une compilation montrant différentes attaques que l’EIIS avait montées au cours des semaines précédentes.

Dans un enregistrement audio diffusé fin mai, le porte-parole de l’EIIS Abou Hamza al-Qurashi reprenait un message que le groupe diffusait ces derniers mois, à savoir que le coronavirus COVID-19 était « un soldat envoyé par Dieu pour châtier les tyrans » et qu’il était « une punition divine ».

Selon Alaw, injecter la pandémie dans les messages de propagande de l’EIIS s’inscrivait dans le cadre des efforts du groupe de « provoquer la ferveur religieuse chez ses membres, de s’implanter dans les têtes et de les inciter ainsi à reprendre leurs opérations terroristes ».

« C’est dans une certaine mesure ce qui s’est produit aux points faibles de la sécurité, avant qu’ils ne soient attaqués par nos forces », a-t-il expliqué.

Des dizaines d’éléments de l’EIIS abattus et arrêtés

Tout élan dont avait profité l’EIIS avec la pandémie s’est rapidement dissipé en raison des opérations de sécurité lancées contre le groupe terroriste, a expliqué le général de brigade à la retraite Adnan al-Kanani, spécialiste de la sécurité et ancien responsable au sein des services de l’antiterrorisme.

« Les forces de sécurité, formées à remplir leurs missions de protection des citoyens dans les conditions les plus difficiles, ont intensifié leurs opérations militaires et privé le groupe de toute possibilité de reprendre son souffle et de renforcer ses ressources humaines et logistiques comme il l’entendait », a-t-il expliqué à Diyaruna.

« Les dernières activités militaires en date, auxquelles ont participé un grand nombre d’unités, ont été coordonnées à un échelon élevé et ont porté des coups sévères au groupe », a-t-il ajouté.

Des dizaines de membres de l’EIIS ont été abattus lors des frappes aériennes en soutien aux opérations visant les repaires et plusieurs tunnels dans les montages de Makhmour, à Hamrin, dans la vallée d’al-Shay et dans d’autres régions encore, pendant que leurs voies de soutien logistique étaient détruites à Hatra, al-Baaj, Tikrit et dans le désert de l’Anbar.

Au cours des trois premières semaines de juin, les renseignements irakiens ont arrêté 27 terroristes qui avaient participé à plusieurs crimes.

Il y a un certain temps déjà que l’EIIS a perdu sa capacité à lancer des attaques de grande envergure et aujourd’hui, ses activités « ont perdu toute notion de qualité et peuvent être qualifiées d’opérations déplorables conçues uniquement comme des spectacles médiatiques », a conclu al-Kanani.

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