Sécurité

Une vidéo de l’EIIS souligne le besoin de vigilance et de soutien de l’Irak

Hassan al-Obeidi à Bagdad

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Les forces irakiennes de sécurité patrouillent sur l’île de Ramadi, à la mi-mai. [Photo fournie par le commandement des opérations conjointes en Irak]

Mi-mai, une longue vidéo produite par « l’État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS) a commencé à circuler sur les médias sociaux extrémistes.

Cette vidéo de 50 minutes intitulée « Frappez-les au cou » contient une compilation de clips montrant plusieurs attaques menées par des éléments de l’EIIS durant les semaines qui ont précédé.

Elle montre des dizaines d’éléments de l’EIIS prêtant allégeance au nouveau leader du groupe Abou Ibrahim al-Hashemi al-Qurashi, et menaçant de lancer ce qu’elle décrit comme « des attaques incessantes » en Irak.

Elle montre également l’exécution de membres des tribus non armés dans le nord et l’ouest de l’Irak, les qualifiant « d’infidèles » pour avoir fourni assistance aux forces irakiennes lors des opérations de libération qui se sont déroulées en 2016 et 2017.

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Des membres des forces irakiennes se rassemblent pour participer à une patrouille de sécurité sur l’île de Ramadi à la mi-mai. [Photo fournie par le commandement des opérations conjointes en Irak]

Elle contient des scènes d’explosion d’engins explosifs improvisés (EEI), des opérations de snipers et des attaques armées contre les forces de sécurité irakiennes, et la décapitation de civils sous divers prétextes.

Elle contient également des scènes d’incendie de champs de blé et de vergers dans le nord et l’ouest de l’ouest de l’Irak, le bombardement des pylônes électriques et l’abattage de bétail.

Cette vidéo montre une trentaine d’éléments masqués de l’EIIS aux côtés d’un homme dont l’accent indique qu’il s’agit d’un Irakien, en train de menacer de lancer de nouvelles attaques terroristes dans ce qu’il nomme le « Wilayat al-Iraq ».

Cette vidéo fournit quelques indications, a expliqué à Diyaruna l’expert en sécurité irakien Fouad Ali.

Elle indique que l’EIIS continue de représenter une menace, a-t-il déclaré.

Et elle montre que l’Irak a encore besoin de la coalition internationale, parce que le retrait ou la réduction de la couverture aérienne de la coalition signifierait que le groupe serait encore en mesure de monter des attaques qui entraîneraient la mort d’Irakiens innocents, a-t-il ajouté.

Plans de sécurité et coopération

La coalition internationale assure une surveillance aérienne permanente de la situation des zones désertiques et montagneuses dont on pense qu’elles servent actuellement de refuge aux derniers éléments de l’EIIS, a expliqué Ali.

Pour leur part, les forces irakiennes continuent de progresser dans leur traque des résidus de l’EIIS dans plusieurs parties du pays, a précisé le général de brigade Yahya Rasoul, porte-parole du ministère de la Défense.

Ces derniers jours, elles ont réussi à démanteler plusieurs cellules terroristes actives, a-t-il indiqué à Diyaruna.

« Les vidéos et les communiqués de l’EIIS d’une manière générale n’ont rien apporté de neuf », a-t-il ajouté.

« Nous travaillons donc en respectant des plans de renseignements bien étudiés pour briser ce qu’il reste d’eux », a-t-il poursuivi, révélant qu’une coordination réussie avec la coalition internationale avait contribué aux récentes victoires sur le groupe.

Parmi ces succès citons le bombardement de positions et de repaires de l’EIIS la semaine dernière dans le nord du pays, a continué Rasoul.

La récente hausse du nombre d’attaques de l’EIIS en Irak, qui ont coûté la vie à des civils innocents, souligne le besoin pour l’Irak de bénéficier d’un soutien continu des pays alliés, a déclaré à Diyaruna le député irakien Faleh al-Issawi.

Ce sont les membres de la coalition internationale, les États-Unis en particulier, a-t-il ajouté.

« Il faut un soutien continu pour éradiquer le groupe », et pour débarrasser l’Irak de son idéologie déviante, a-t-il poursuivi, ajoutant que « cela ne sera possible que si l’Irak bénéficie d’une assistance ».

Cette nouvelle vidéo de l’EIIS est « basée sur l’hystérie des représailles », a expliqué à Diyaruna Ahmad al-Hamdani, spécialiste des affaires irakiennes.

Elle « montre clairement que le groupe est passé de la notion 'd’État islamique en Irak et en Syrie' qu’il promouvait en 2014 à une mentalité d’un gang qui tue, vole et incendie les biens des citoyens », a-t-il ajouté.

Elle révèle qu’il « tue même des vaches et des moutons sous le prétexte d’exercer des représailles contre ceux qui ont coopéré avec les forces irakiennes », a-t-il conclu.

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