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Les attaques à la roquette de la part des intermédiaires de l’Iran nuisent à l’image de l’Irak

Faris al-Omran

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Les forces irakiennes ont découvert le 5 août dans le sud de Bagdad des missiles prêts à être tirés contre la Zone verte dans le centre de Bagdad. [Photo fournie par le ministère irakien de la Défense]

La récente hausse du nombre d’attaques contre des sites militaires et diplomatiques étrangers en Irak a conduit de nombreux Irakiens à accuser les milices pro-iraniennes de monter ces attaques dans le but d’isoler leur pays, ont expliqué des experts à Diyaruna.

Les auteurs de ces « lâches » attaques à la roquette n’ont aucun patriotisme ni aucune fidélité envers leur pays, a déclaré le major général Jaleel Khalaf Shuweil, officier en retraite et expert militaire.

Ces attaques de roquettes Katioucha visent des sites civils et des bases militaires irakiennes où sont stationnés des conseillers et des formateurs de la coalition internationale, a-t-il expliqué à Diyaruna.

Depuis le début de l’année, des dizaines d’attaques à la roquette ont visé l’Aéroport international de Bagdad, la Zone verte dans le centre de Bagdad et les bases militaires de Taji, Balad, Basmaya et Speicher.

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Des miliciens irakiens pro-iraniens marchent dans Karbala le 24 avril 2019. [Photo diffusée sur Internet]

Plus récemment, plusieurs EEI placés sur des routes importantes dans le sud de l’Irak ont visé des camions transportant des fournitures destinées à la coalition internationale, selon des articles parus dans la presse.

Nuir à l’image de l’Irak

Shuweil a accusé les factions alignées sur l’Iran d’orchestrer ces attaques « pour nuire à l’Irak, saper sa souveraineté et montrer au monde que le pays ne connaît pas de sécurité ou règne de la loi ».

Par ces actions, elles cherchent à « isoler [les Irakiens] du reste de la région et de ses partenaires internationaux », a-t-il ajouté.

Le régime iranien cherche à « détruire l’Irak et à le pousser dans un cycle de chaos et de conflits afin d’exploiter ses richesses et ses ressources économiques et en fin de compte dominer ses processus décisionnels », a-t-il poursuivi.

Les dirigeants iraniens ne veulent pas que l’Irak se remette et retrouve sa puissance, a-t-il continué, raison pour laquelle ils continuent de recruter des agents qui leur sont fidèles et leur fournissent des armes et de l’argent.

Il incombe aux Irakiens de lutter contre ces agents et de prendre des mesures dissuasives pour contrer leurs activités destructrices et protéger leur pays, a souligné Shuweil.

« J’exhorte le gouvernement à lutter contre les hors-la-loi et à protéger les membres des missions diplomatiques qui sont invités dans notre pays », a ajouté Shuweil, soulignant que la coalition forme et soutient les forces irakiennes dans la guerre contre le terrorisme et les assistent dans leurs efforts de reconstruction.

Quelques heures après que le Premier ministre Moustafa Kadhemi se fut envolé pour les États-Unis pour une visite officielle, le 18 août, une roquette Katioucha s’est abattue près de l’Aéroport international de Bagdad, qui jouxte une base militaire qui abrite des soldats de la coalition, sans faire de blessés.

Deux jours auparavant, une autre était tombée dans la Zone verte sans faire de blessés, tandis que les forces de sécurité avaient démantelé deux autres roquettes qui étaient prêtes à être tirées.

Faire diminuer l’influence iranienne

L’Iran utilise les factions qui lui sont fidèles en Irak, quelque 73 milices au total, comme des outils pour faire pression sur la communauté internationale et les États-Unis, a expliqué à Diyaruna l’expert en stratégie et analyste politique irakien Alaa al-Nashou.

Il a indiqué que le « Corps des Gardiens de la révolution islamique » (CGRI) iranien orchestre ces attaques à la roquette « pour faire de l’Irak un théâtre de confrontation avec le monde et envoyer un message de provocation pour repousser les sanctions ».

En conséquence, les Irakiens sont de plus en plus hostiles aux interventions iraniennes dans leur pays et aux tentatives du régime de saper la souveraineté de l’Irak, a-t-il ajouté.

Le journaliste et politologue irakien Ziad al-Sinjari s’est fait l’écho de ce sentiment, soulignant que le régime iranien ne connaît que « le langage du sang et de la destruction et n’hésitera pas à commettre des actes aveugles pour maintenir son influence et éliminer ses opposants ».

La dernière vague d’assassinats visant des militants irakiens dans la province de Bassorah en est la preuve, a-t-il conclu, que beaucoup ont imputés à des milices pro-iraniennes.

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