Terrorisme

Un camp militaire visé par une attaque à la roquette près de Bagdad

Faris al-Omran

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Un conseiller auprès de la coalition dirigée par les États-Unis supervise le 22 janvier 2018 l’entraînement de soldats irakiens sur la base de Taji, au nord de Bagdad. [Photo fournie par le ministère irakien de la Défense]

Trois roquettes Katioucha sont tombées sur la base de Taji, au nord de Bagdad, lundi 27 juillet dans la soirée, suivies rapidement par deux explosions dans un camp militaire dans la province de Salaheddine.

Ces deux sites militaires abritent des forces américaines de la coalition.

La première roquette qui visait la base de Taji a frappé le 15e escadron de l’armée de l’air irakienne, causant des dégâts matériels « importants » à des appareils militaires, a fait savoir le ministère de la Défense.

La seconde roquette a frappé une usine d’armes et d’artillerie, provoquant également des dommages matériels, tandis qu’une troisième frappait sans exploser le 2e escadron des forces aériennes.

Le communiqué, qui n’a fait mention d’aucune victime, a précisé que ces roquettes avaient été tirées depuis la région de Sabe al-Bour, proche de la base de Taji.

Les forces de sécurité « continueront à traquer les auteurs de ces attaques et les traduiront en justice », a-t-il précisé.

Cette attaque de lundi est la dernière d’une série d’attaques à la roquette visant les intérêts étrangers en Irak que beaucoup ont imputé aux milices pro-iraniennes opérant dans le pays.

Quelques heures après cette attaque contre la base de Taji, deux explosions se sont produites sur la base de l’armée de l’air du Martyr Majid al-Tamimi (anciennement appelée Camp Speicher) dans la province de Salaheddine, qui abrite des troupes américaines.

Des équipes de la défense civile ont maîtrisé l’incendie consécutif à ces explosions, qui n’ont fait aucune victime, selon le ministère de la Défense.

Vendredi, quatre roquettes Katioucha s’étaient abattues sur la base militaire de Basmaya, au sud de Bagdad, causant des dégâts à un dépôt d'armes et au siège d’un régiment de protection, sans causer de pertes humaines.

L’attaque sur cette base est intervenue la veille du jour où elle a été remise à l’armée irakienne, selon le calendrier établi entre le gouvernement irakien et la coalition internationale.

Basmaya est la septième base militaire à être remise par la coalition depuis le 17 mars.

« Violation de la souveraineté irakienne »

Ces attaques constituent « un défi sécuritaire majeur et le gouvernement doit y mettre un terme », a déclaré le spécialiste de la sécurité Majid al-Qaisi à Diyaruna.

Les « transgressions contre la loi irakienne » perpétrées par ces milices « ne peuvent être ignorées », a-t-il ajouté, et « des décisions courageuses doivent être prises pour y répondre, préserver l’ordre public et protéger les vies et les biens des citoyens ».

La sécurité des missions militaires et diplomatiques étrangères « est de la responsabilité du gouvernement [irakien] conformément à la loi », a-t-il poursuivi.

Menacer ces installations constitue « une violation de la souveraineté nationale et porte atteinte aux intérêts de l’Irak », a souligné al-Qaisi.

Les milices irakiennes servent « d’outils locaux » pour le régime iranien qui cherche à nuire politiquement et économiquement à l’Irak en l’isolant de la communauté internationale, a-t-il ajouté.

Ils veulent faire de l’Irak un théâtre de conflit, en dissuadant l’investissement étranger, a-t-il poursuivi.

Les attaques répétées contre les intérêts américains en Irak font peser une pression de plus en plus forte sur le Premier ministre Moustafa Kadhemi, qui s’apprête à se rendre prochainement aux États-Unis pour un nouveau cycle d’entretiens de haut niveau concernant le partenariat stratégique entre les deux pays, a expliqué al-Qaisi.

Le gouvernement est capable de mettre un terme aux activités des milices armées, a-t-il continué, et il existe un « fort soutien de l’opinion publique envers toute initiative dans ce sens ».

Reprise des manifestations

Par ailleurs, un manifestant irakien est mort mardi après avoir été tué par une cartouche de gaz lacrymogène lors des affrontements de la nuit avec la police dans la capitale, ont indiqué des sources médicales et de la sécurité à l’AFP.

Ces heurts ont éclaté quelques heures seulement après que Kadhemi eut demandé aux forces de sécurité de ne « pas tirer une seule balle » contre les manifestants après la mort de deux autres manifestants lundi matin à Bagdad.

Mais lundi soir, les affrontements dans le principal camp de manifestants anti-gouvernementaux dans la capitale sur la Place Tahrir avaient repris.

Kadhemi avait prononcé lundi soir un rare discours télévisé, expliquant que les Irakiens ont « le droit légitime » de manifester.

« Les forces de sécurité ne sont pas autorisées à tirer une seule balle contre nos frères les manifestants », avait-il prévenu.

« Nous avons ouvert une enquête sur ce qu’il s¹est passé hier sur la Place Tahrir, et j’ai demandé que les résultats me soient apportés dans les 72 heures », a-t-il déclaré.

Ces manifestations avaient débuté dimanche soir à Bagdad et dans plusieurs villes du sud, exprimant la colère face au mauvais état des services publics alors que des températures avoisinant les 50 degrés Celsius ont fait exploser la demande de climatiseurs et ont surchargé des réseaux électriques délabrés.

Ces morts menacent de rallumer le mouvement de protestation sans précédent contre la corruption et l’incompétence du gouvernement qui avait éclaté dans Bagdad et dans le sud de l’Irak en octobre.

Les manifestants irakiens ont également dénoncé l’influence de l’Iran dans leur pays et la présence de milices irakiennes parrainées par le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI).

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