Sécurité

Le transfert d'une base témoigne du renforcement des capacités de l'Irak, estiment les experts

Khalid al-Taie

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Des soldats de la coalition internationale évacuent la base militaire d'al-Qaim dans l'ouest de l'Anbar et en remettent le commandement à l'armée irakienne, le 17 mars. [Photo extraite de la page Facebook de l'opération Inherent Resolve]

La récente remise de la base militaire d'al-Qaim dans la province de l'Anbar par la coalition internationale aux forces de sécurité irakiennes (FSI) est une étape positive qui confirme les capacités de l'armée irakienne face à « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS), ont indiqué des responsables militaires et des observateurs.

La Force opérationnelle interarmées combinée – Operation Inherent Resolve (CJTF–OIR) a annoncé le transfert de la base d'al-Qaim le 17 mars.

« Al-Qaim était un emplacement critique dans la lutte contre l'EIIS », a déclaré dans un communiqué le général de brigade Vincent Barker, directeur du soutien du CJTF-OIR. « D'abord lorsque les FSI ont libéré la région d'al-Qaim d'une présence maléfique, puis en tant que base de grande valeur durant la bataille d'al-Baghouz, le dernier territoire physique tenu par l'EIIS. »

« Le transfert d'aujourd'hui a été rendu possible par les efforts et les réussites de nos partenaires des FSI », a-t-il poursuivi.

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Des soldats irakiens collectent des munitions de l'EIIS trouvées dans les faubourgs de Bagdad dans le cadre de la campagne Heroes of Iraq menée en février. [Photo fournie par le ministère irakien de la Défense]

Les FSI mènent de plus en plus des opérations indépendantes dans la lutte contre l'EIIS et la défense de leur patrie, notamment l'opération militaire Heroes of Iraq lancée en février et les campagnes de Will of Victory de l'année dernière, a poursuivi ce communiqué.

Le 2 mars, les FSI ont lancé les opérations Sharp Sword, « les plus grandes opérations militaires » contre l'EIIS depuis leur défaite fin 2017, qui visent à frapper les résidus de l'EIIS qui se cachent dans la région occidentale d'al-Jazeera, située entre les provinces de l'Anbar, de Salaheddine et de Ninive.

Les forces irakiennes prennent la tête

Si les FSI prennent la tête de la lutte contre les résidus de l'EIIS, les forces de la coalition internationale resteront en Irak à l'invitation du gouvernement irakien et continueront à fournir conseils et formation aux forces irakiennes, a poursuivi ce communiqué du CJTF-OIR.

La remise d'al-Qaim « prouve que nos forces ont atteint un haut niveau d'expertise et de compétence et qu'elles sont aujourd'hui suffisamment qualifiées pour prendre les choses en main », a déclaré le général de division Tahseen al-Khafaji, porte-parole du commandement des opérations irakiennes conjointes.

La base d'al-Qaim était considérée comme « une plateforme de lancement cruciale dans la bataille pour la libération de la localité d'al-Qaim » de l'EIIS, a-t-il expliqué à Diyaruna.

Après la libération de cette localité, située dans l'ouest de la province de l'Anbar, le long de la frontière avec la Syrie, en novembre 2017, a-t-il rappelé, « cette base militaire est devenue une source de soutien logistique avancé pour toutes les opérations militaires visant les éléments de l'EIIS », en particulier dans la région du Haut-Euphrate.

Al-Khafaji a qualifié la remise de cette base « d'étape positive qui confirme les capacités de l'armée irakienne, en particulier du commandement des opérations d'al-Jazeera qui est chargé de préserver la sécurité de cette région frontalière ».

La bande frontalière avec la Syrie est « sécurisée et sous contrôle », a-t-il poursuivi.

« Le commandement des opérations conjointes possède les plans et les ressources pour empêcher toute infiltration des terroristes par la frontière et pour détruire leurs repaires dans la région désertique qui s'étend le long de celle-ci », a-t-il continué.

Le 31 mars, la coalition internationale s'est retirée d'une autre base militaire à Mossoul. Dans les semaines qui viennent, elle quittera également une importante base à Kirkouk.

Prendre appui sur les succès militaires

Les FSI sont désormais en capacité de compter sur elles-mêmes pour gérer et mettre en œuvre des opérations militaires ciblant des éléments de l'EIIS, a expliqué à Diyaruna l'analyste de sécurité Sarmad al-Bayati.

Les compétences que les forces ont acquises durant les batailles, les formations et les conseils dispensés par les forces de la coalition les ont aujourd'hui mieux préparées à endosser les responsabilités, a-t-il estimé.

Dans le même temps, a poursuivi al-Bayati, l'Irak a besoin de plus de soutien de la coalition internationale sous la forme de fourniture des technologies militaires les plus récentes, du développement des systèmes de défense aérienne, et de conduite des opérations de reconnaissance et de renseignements par drones.

« Nos forces ont atteint un haut niveau de compétence et d'efficacité, qui est apparu clairement lors des campagnes militaires indépendantes contre l'EIIS sur des terrains difficiles », a expliqué le spécialiste militaire Jalil Khalaf.

Les huit phases des opérations Will of Victory et l'opération Heroes of Iraq constituent un test essentiel que les forces irakiennes ont bien passé, et « elles sont désormais en mesure d'aller de l'avant et d'engranger plus de succès », a-t-il expliqué à Diyaruna.

La remise de la base militaire d'al-Qaim, suivie par celle des bases d'al-Qayyarah (près de Mossoul) et de K1 (Kirkouk), s'inscrit dans le cadre d'un « plan de la coalition internationale pour... continuer à fournir un soutien à l'armée irakienne si elle devait avoir besoin d'aide pour réprimer une quelconque activité terroriste », a-t-il indiqué en conclusion.

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