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Droits de l'Homme |

L'assaut meurtrier du régime vise les écoles de la ville d'Idlib

Waleed Abou al-Khair au Caire

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De jeunes Syriens se rassemblent dans un quartier de la ville d'Idlib après un bombardement des forces du régime syrien. [Photo fournie par la défense civile syrienne]

Des élèves et des enseignants ont fait partie des personnes tuées mardi 25 février dans des écoles de la ville d'Idlib, alors que les forces du régime syrien accentuent leur progression meurtrière destinée à reprendre le dernier bastion de l'opposition dans le pays.

Mercredi, le président turc Recep Tayyip Erdogan a réitéré son appel au régime syrien pour qu'il « arrête ses attaques dès que possible » et se retire derrière les postes avancés de l'armée turque d'ici la fin du mois de février, a rapporté l'AFP.

« Nous ne reculerons pas d'un pouce dans Idlib, nous repousserons le régime hors des frontières que nous avons définies, et nous assurerons le retour des personnes dans leurs foyers », a déclaré Erdogan aux députés de son parti au pouvoir devant le parlement d'Ankara.

« Les forces du régime syrien ont frappé deux écoles, un jardin d'enfants et certains quartiers résidentiels de la ville d'Idlib lors de leurs massacres de mardi », a expliqué à Diyaruna l'activiste d'Idlib Haisam al-Idlibi.

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Un obus d'artillerie non explosé s'est logé dans le sol en ciment d'une cour d'école dans la ville d'Idlib où il a atterri. [Photo fournie par la défense civile syrienne]

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Les habitants déplacés d'Idlib participent à une action de protestation près de la frontière turque, pour dénoncer le meurtre et la destruction qui sont le fait du régime syrien et de la Russie. [Photo fournie par le centre de presse d'Idlib]

Au moins vingt civils ont été tués dans la province d'Idlib durant la seule journée de mardi, a fait savoir l'Observatoire syrien des droits de l'homme.

Des enseignants et des élèves tués

Deux enseignantes, un enseignant et une élève ont été tués dans l'école al-Baraem de la ville d'Idlib lors de ces bombardements, a expliqué al-Idlibi à Diyaruna.

La Défense civile syrienne (les Casques blancs) a pour sa part rapporté que huit écoles et maternelles de la province d'Idlib avaient été visés mardi par l'aviation du régime et des roquettes remplies de bombes à fragmentation.

Des quartiers résidentiels de la ville d'Idlib ont également été attaqués par des appareils russes et du régime syrien, qui ont lâché des bombes à fragmentation sur la ville, a continué al-Idlibi.

Un traité international (la Convention sur l'interdiction des munitions à fragmentation) en vigueur depuis août 2010 interdit l'usage, le transfert et le stockage des bombes à fragmentation.

Leur usage est punissable en vertu des lois internationales, a-t-il poursuivi.

Mardi, Save the Children a appelé à épargner les écoles.

« Les écoles doivent être des lieux sûrs pour les enfants, même dans une zone de conflit », a déclaré la directrice de l'organisation caritative en Syrie, Sonia Khush.

« Les attaques d'aujourd'hui sont un autre signe que les combats dans le nord-ouest de la Syrie ont atteint des niveaux de violence catastrophiques contre les enfants et les civils », a-t-elle continué. « Aucun lieu n'est sûr, pas même les écoles. »

Le régime reprend Kafr Nabl

Mardi, les forces du régime syrien ont repris, dans une victoire symbolique, le bastion de l'opposition de Kafr Nabl, ainsi que 18 localités et villages environnants, a indiqué l'observatoire.

Dans leur progression, les forces du régime syrien et leurs alliés appuyés par la Russie ont également pu reprendre les localités de Maarat Hurma et Maarat al-Sin, au sud de la ville d'Idlib, a précisé al-Idlibi.

Ce mercredi, les combats se poursuivaient dans la campagne au sud et à l'est d'Idlib, ainsi que les frappes aériennes russes et syriennes, et certaines positions turques ont été prises sous le feu de l'artillerie syrienne.

Plusieurs rapports ont fait état de pertes au sein des troupes turques positionnées sur l'aéroport militaire de Taftanaz situé au nord d'Idlib, a-t-il ajouté.

Il a indiqué par ailleurs que la localité d'al-Nairab était maintenant sous le contrôle total des groupes de l'opposition et des forces turques, qui ont également repris Maarat Alia, plus au sud.

Al-Idlibi a expliqué à Diyaruna que les civils continuent de fuir les alentours de la ville d'Idlib, et se dirigent vers la relative sécurité de la bande frontalière turco-syrienne.

Ces civils contraints de fuir leurs foyers dans ce climat de récentes violences ont organisé d'importantes manifestations pour dénoncer la destruction et la mort qui sont le fait du régime syrien et de ses milices affiliés, a-t-il conclu.

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