Sécurité

Le régime syrien poursuit son offensive malgré l'avertissement turc

AFP

image

Des véhicules militaires turcs dans un convoi en direction du sud de la province d'Idlib en passant par la ville d'Atareb, dans la campagne occidentale d'Alep, le 3 février. [Aaref Watad / AFP]

Mercredi 5 février, la Turquie a lancé un ultimatum à la Syrie, exigeant que le régime retire ses forces des postes militaires dans la région d'Idlib après des affrontements sans précédent entre leurs forces cette semaine.

Cette escalade entre les troupes turques et syriennes- qui a vu plus de 20 personnes tuées lundi dans les échanges - met à l'épreuve les relations difficiles entre la Turquie et la Russie, les principaux intermédiaires étrangers du conflit.

"Si le régime ne recule pas, la Turquie sera obligée de prendre les choses en main", a déclaré le président turc Recep Tayyip Erdogan, accordant à la Syrie jusqu'à la fin du mois pour se conformer.

Erdogan avait averti mardi que son pays ne permettrait pas aux forces du régime syrien de gagner plus de terrain et les avait accusés de conduire "des personnes innocentes et en deuil" vers la frontière turque.

Mais les forces du régime syrien ont poursuivi leur offensive dans la province d'Idlib mercredi - laquelle a tué 300 civils depuis décembre et déplacé quelque 520 000 personnesdans l'un des plus grands bouleversements de la guerre de neuf ans.

Le régime poursuit son offensive

Les forces du régime ont saisi plus de 20 villes et villages des groupes d'opposition et de l'alliance extrémiste Tahrir al-Sham au cours des dernières 24 heures, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme.

L'Observatoire a déclaré que des frappes aériennes russes ont tué mercredi trois civils - tous membres de la même famille - à la périphérie de la ville d'Idlib.

Les tirs de roquettes du régime ont tué un autre civil dans la ville d'Anjara, à l'ouest de la province d'Alep.

Erdogan a déclaré que deux des 12 postes d'observation turcs à Idlib, créés en vertu d'un accord de 2018 avec la Russie, étaient désormais "derrière les lignes du régime".

Le poste de Morek était entouré par les forces du régime syrien en décembre, tandis qu'un autre à Surman se trouve désormais dans la zone de contrôle du régime.

Erdogan a appelé Moscou, le principal bailleur de fonds du régime syrien, à "mieux comprendre nos sensibilités en Syrie".

Il s'est entretenu mardi avec son homologue russe Vladimir Poutine et lui a dit qu'Ankara réagirait "fermement" à toute nouvelle attaque syrienne.

Mardi, les États-Unis ont apporté leur soutien à la Turquie pour ses représailles contre l'armée syrienne.

Le secrétaire d'État Mike Pompeo a qualifié l'attaque au mortier contre des postes turcs à Idlib "d'une grave escalade" et a déclaré que les responsables américains "soutiennent pleinement les actions d'autodéfense justifiées de la Turquie en réponse".

Aimez-vous cet article?
0
0 COMMENTAIRE (S)
Politique Commentaire * INDIQUE CHAMP NÉCESSAIRE 1500 caractères restants (1500 MAX)