Sécurité

Les réseaux de recrutement de l'EIIS sous le feu en Irak

Khalid al-Taie

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Des forces des services de l'antiterrorisme irakien surveillent un « responsable du recrutement des enfants » de l'EIIS à Falloudjah après son arrestation, le 29 octobre. [Photo fournie par le CTS]

En traquant les recruteurs de « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS) et en démantelant les cellules et les réseaux du groupe, les forces irakiennes continuent d'exercer des pressions sur le groupe et de l'empêcher de refaire surface.

Ces dernières années, l'EIIS a perdu de nombreux combattants, un état de fait mis en évidence par la baisse d'intensité de ses attaques, a expliqué le député irakien Katah Najman al-Rikabi, membre de la commission parlementaire pour la défense et la sécurité.

Au fur et à mesure que le nombre de combattants du groupe se réduisait, il a cherché désespérément à attirer de nouvelles recrues, a-t-il indiqué à Diyaruna.

Il a fait porter ses efforts de recrutement sur les familles de combattants de l'EIIS morts au combat, attirant leurs fils en les aidant financièrement et en tentant de les endoctriner à son idéologie radicale, a-t-il ajouté.

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Les forces de sécurité participent à une opération de traque des cellules dormantes de l'EIIS dans la province de Ninive, le 3 mars. [Photo fournie par le ministère irakien de la Défense]

Les jeunes garçons sont incités à rejoindre le groupe avec de l'argent, a-t-il continué, ou leurs familles sont contraintes de les envoyer par la menace et l'intimidation. Cela est particulièrement notoire dans les régions rurales reculées, où existent encore des poches de l'EIIS.

« Les masques sont tombés »

En novembre, les renseignements militaires irakiens ont arrêté six hommes à Kirkouk, dans l'Anbar et dans Bagdad qui distribuaient activement de prétendues « garanties », en fait de l'argent donné pour prendre soin des familles de l'EIIS et encourager leurs fils à rejoindre le groupe.

En octobre, les services du contre-terrorisme (CTS) avaient annoncé l'arrestation d'un membre opérationnel de l'EIIS qui recrutait des enfants à Falloudjah.

Le CTS a indiqué qu'il « continuera à tarir les sources de l'extrémisme que représentent les derniers partisans des chefs battus de l'EIIS qui tentent de mettre en place une base terroriste en exploitant les enfants pour qu'ils mettent en œuvre leur agenda terroriste ».

Il s'est engagé à éliminer ces cellules « et leur idéologie takfiriste ».

Il reste aujourd'hui relativement peu d'éléments de l'EIIS en liberté, a expliqué à Diyaruna le spécialiste des renseignements Fadil Abou Ragheef, et selon certaines estimations, il reste moins de 3 000 éléments de l'EIIS dans les vallées, les déserts et les régions inhabitées d'Irak.

Ces résidus sont confrontés à de nombreuses difficultés, notamment leur incapacité à attirer de nouvelles recrues et à rallier le soutien de l'opinion, a-t-il ajouté.

« Les masques sont tombés, et les communautés qu'ils avaient jadis trompées par leurs paroles et leurs idées se sont éveillées à la réalité et ne leur accordent plus aucun soutien », a poursuivi Abou Ragheef.

Les habitants des régions que l'EIIS contrôlait autrefois font aujourd'hui montre d'une hostilité affichée envers le groupe, a-t-il continué, et grâce à la vigilance de la population locale, les forces de sécurité et des renseignements sont désormais plus en mesure de pénétrer les rangs de l'EIIS.

Ces trois derniers mois, plusieurs cellules terroristes ont été démantelées, a-t-il ajouté, notamment une cellule dormante forte de 15 membres qui ont été appréhendés dans Ninive à la mi-novembre.

Cette cellule recrutait activement des membres et planifiait des attentats, a-t-il précisé.

Tenir en échec les tentatives de recrutement

Selon Abou Ragheef, la surveillance des plateformes de réseaux sociaux et la suppression des comptes extrémistes ont limité les effets de la propagande de l'EIIS et fait échouer les tentatives déployées par le groupe pour tromper, recruter et gagner la confiance des jeunes hommes.

Le 11 novembre, le ministère de l'Intérieur a annoncé qu'il avait fermé des dizaines de sites Internet qui incitaient à la violence et à la haine.

Le spécialiste de la sécurité Mohammed al-Rubaie a souligné le renforcement des efforts de sécurité et de renseignement destinés à mettre un terme aux opérations de recrutement de l'EIIS visant les enfants et les jeunes, que ce soit en personne ou en ligne.

Il a expliqué à Diyaruna que la traque continue des réseaux de recrutement et le ciblage de leurs activités progresse, ce qui implique que l'EIIS a des difficultés à augmenter ses rangs.

C'est la raison pour laquelle le groupe a changé de tactique, a-t-il indiqué, comptant sur des « loups solitaires » pour lancer des opérations de faible envergure et limitant les opérations suicides, pour économiser les combattants qu'il lui reste.

Le développement de l'appareil sécuritaire et sa capacité croissante à découvrir des cellules dormantes et des incubateurs qui parrainent et financent le terrorisme a aidé à maintenir l'EIIS sous contrôle et à le priver de sa puissance, a-t-il ajouté.

« Mais il est encore trop tôt pour affirmer que le danger a totalement disparu », a-t-il poursuivi, soulignant que le groupe continue de lancer des attaques dans les provinces de Diyala, de l'Anbar et de Salaheddine, et même à la périphérie de Bagdad.

Éradiquer cette menace exigera une confrontation intense avec les derniers éléments de l'EIIS, a-t-il conclu, et de continuer à construire des relations positives et des passerelles de confiance avec les populations locales pour venir en appui à ces efforts.

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