Terrorisme

La vie est sombre et courte pour les jeunes recrus de l'EIIS

Par Khalid al-Taie

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Les combattants enfants de 'l'Etat islamique en Irak et en Syrie', connus sous le nom de "lionceaux du califat", se retrouvent dans une photo diffusée sur des sites de médias sociaux extrémistes.

Depuis plus de deux ans, Abou Walid n'a entendu aucune nouvelle de son fils, Ahmed, qui a rejoint "l'Etat islamique en Irak et en Syrie" (EIIS) à l'âge de 15 ans.

Abou Walid, qui a demandé d'utiliser un pseudonyme, a parlé de son fils avec une grande répugnance, disant qu'il l'avait désavoué après cette décision qualifiée de grand choc pour toute la famille.

Son fils avait été "comme n'importe quel étudiant scolaire ordinaire", a-t-il déclaré à Diyaruna. Mais un mois ou deux après que l'EIIS ait pris le contrôle de Ramadi, "il a fui de la maison".

"Après avoir demandé autour de nous sur le sort de notre fils, nous avons appris qu'il avait rejoint les rangs de l'EIIS, et depuis, nous n'avons plus entendu parler de lui", a-t-il indiqué.

"Je ne me soucie pas de son sort maintenant. Il est mort pour moi, même s'il est encore vivant. Tant qu'il a choisi le chemin du terrorisme, je le désavoue".

Abou Walid a accusé l'EIIS de faire un lavage de cerveau à son fils avec de faux slogans et des idées religieuses extrêmes, ainsi qu'à de nombreux autres jeunes.

"Il n'est pas mon fils maintenant", a déclaré Abou Walid. "Il est une autre personne. C'est un terroriste".

De nombreuses méthodes de recrutement

L'EIIS a utilisé de nombreuses méthodes pour recruter des combattants dans ses rangs, en particulier les enfants et les adolescents, connus sous le nom de «lionceaux» ou «soldats» du califat.

Le groupe a d'abord incité les gens à se joindre à lui par l'utilisation de slogans qui prétendait qu'il cherchait à créer "un Etat juste basé sur la charia", a déclaré à Diyaruna le porte-parole de la Commission irakienne des droits de l'homme Ali al-Bayati.

"Beaucoup, en particulier les jeunes, étaient prêts à accepter ces mensonges et à les traiter comme des faits", a-t-il souligné. "L'idée s'est enracinée dans leur esprit qu'ils avaient le devoir de s'engager dans l'installation de cet Etat présumé et de le défendre à la mort".

"L'EIIS a également affirmé qu'il est venu pour soutenir et protéger les personnes sunnites en Irak contre ce qu'il décrivait comme une persécution aux mains des chiites", a-t-il dit, en décrivant ce message comme une simple propagande qui était censée gagner un soutien.

Après que les Irakiens sont devenus conscients de cela, d'autant plus que le groupe attaquait les sunnites, les chiites et d'autres minorités, a-t-il affirmé, l'EIIS a changé de tactique et a commencé à intimider les familles pour lui remettre leurs enfants.

De nombreux éléments de l'EIIS, dont la plupart étaient des adolescents eux-mêmes, se sont rendus aux forces irakiennes lors des récentes batailles de libération, et certains ont affirmé que le groupe les avait obligés à se joindre sous la menace de la mort.

Al-Bayati a noté que la conscription forcée est encore une preuve supplémentaire de la brutalité du groupe et son mépris pour le sort des gens.

Forcer les jeunes à se battre

L'EIIS "prenait de chaque maison un enfant ou un jeune homme par la force des armes", a déclaré Naeem al-Koud, membre du conseil provincial de l'Anbar, à Diyaruna. "Le chef de famille qui refuse les ordres s'expose lui-même et sa famille à la mort".

Le groupe a imposé la conscription obligatoire dans les quelques zones restantes qu'il contrôle en Irak pour compenser ses lourdes pertes sur le champ de bataille et l'évasion de beaucoup de ses combattants vers des destinations inconnues.

Al-Koud a indiqué qu'il croit que le groupe a réussi à tromper et à decevoir beaucoup de jeunes, en les transformant en des monstres sauvages qui sont fidèles à l'EIIS jusqu'à leur dernier souffle.

Ceux qui ont été endoctrinés par l'idéologie du groupe sont sa principale source de force, a-t-il dit, et sont beaucoup plus dangereux que ceux qui ont pris les armes par la force ou pour leur intérêt personnel.

Quelques éléments adolescents de l'EIIS ont exprimé des remords après avoir été capturés alors qu'ils se battaient pour détenir un territoire contrôlé par l'EIIS dans la région du haut Euphrate, a déclaré Cheikh Mohammed Hamad al-Doulaimi de la brigade des tribus du haut Euphrate.

Ils ont affirmé qu'ils avaient été trompés par l'EIIS, a-t-il déclaré, "mais maintenant ils sont dans une situation où le regret n'est plus utile. Le pouvoir judiciaire suivra son cours avec eux et décidera de leur sort".

La plupart des gens de l'ouest de l'Anbar ont refusé d'obéir aux ordres de l'EIIS, a déclaré Al-Doulaimi, notant que, malgré l'intimidation qu'il a pratiquée, le groupe n'a pas réussi à recruter des jeunes hommes par la force.

Les habitants bloqués dans ces régions sont devenus pleinement conscients de la vraie nature de l'EIIS qui ne leur a apporté que le meurtre, la destruction et la persécution, a-t-il dit.

"L'EIIS est en train de mourir, et sa mort ne va pas tardé", a-t-il ajouté.

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