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Terrorisme

Les Irakiens font la sourde oreille aux stratagèmes de recrutement de l'EIIS

Par Khalid al-Taie

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La fumée s'élève, alors que les forces irakiennes du Service de lutte contre le terrorisme avancent dans le quartier d'al-Najjar de l'ouest de Mossoul le 22 mai lors de l'offensive pour expulser l'Etat islamique en Irak et en Syrie. Les victoires irakiennes à Mossoul ont bloqué les tentatives de recrutement du groupe, selon les responsables. [Ahmad al-Roubaye / AFP]

Malgré le recours aux provocations et aux menaces dans le but d'attirer de nouveaux combattants suite à des pertes paralysantes à Mossoul, l'Etat islamique en Irak et en Syrie (EIIS) ne parvient guerre à renforcer ses rangs, ont déclaré des responsables irakiens à Diyaruna.

Le groupe a appelé les jeunes irakiens à s'enrôler en utilisant les haut-parleurs des mosquées et ses bases dans les zones proches de la frontière avec la Syrie, ont signalé les résidents de ces zones.

Mais ces appels tombent en sourds, car pas plus de quelques personnes ne répondent.

Le membre du conseil provincial de l'Anbar, Naeem al-Koud, a déclaré à Diyaruna qu'il était en contact avec les résidents locaux qui sont piégés par l'EIIS dans les régions frontalières syriennes comme al-Qaim et Albou Kamal.

"Ces gens nous disent que les terroristes et leurs dirigeants sont dans une mauvaise position en raison des pertes de vie et des défaites militaires à Mossoul causées par de forts raids aériens par la coalition internationale", a-t-il déclaré.

Dans le but de renforcer ses rangs, il a ajouté que le groupe «essayait à la fois de menacer et d'encourager les nouveaux recrus, en particulier les adolescents et les jeunes, à se joindre aux combats et à augmenter ses effectifs sur le champ de bataille».

Problèmes de recrutement

Selon les habitants assiégés, dit Al-Koud, le groupe fait face à des obstacles importants en matière de recrutement.

Ceci en dépit de ses rencontres directes avec les résidents et de ses tentatives de recrutement par l'intermédiaire de mosquées et de centres de médias, où il forçait les gens à rejoindre ses rangs à Mossoul, a-t-il dit.

"Les militants recourent à des tactiques de terreur et émettent des menaces pour obliger les gens du pays à se porter volontaires, mais même alors, personne ne répond à leurs appels, à l'exception d'un nombre négligeable d'hommes", a indiqué Al-Koud.

"Les gens sont maintenant conscients de la vraie nature de l'EIIS et des mensonges qu'il a propagés, et ils ne sont pas disposés à se joindre et à soutenir le groupe, même si cela leur coûte leur vie", a-t-il ajouté.

Le groupe a été engagé dans une campagne d'auto-promotion, qui comprend des vidéos en ligne qui montrent le recrutement et la formation de nouveaux membres.

"A travers ces vidéos, L'EIIS cherche à élever le moral parmi ses membres existants et à créer l'illusion qu'il continue d'être fort et peut attirer plus de combattants et lancer ses attaques", a souligné Al-Koud.

Aucune source de pouvoir

Alors que l'EIIS essaie de se montrer comme une force invincible, la vérité est qu'il est «sans aucune source de pouvoir», a déclaré le conseiller de sécurité Fadel Abou Raghif.

"La relation entre les membres de l'EIIS et les résidents des zones qu'ils contrôlent en Irak et en Syrie est morte et les militants ne peuvent pas la ramener en vie", a-t-il dit à Diyaruna.

"Les gens ressent une répulsion et un ressentiment envers les terroristes, et les habitants ne veulent plus les combattants au milieu d'eux, peu importe à quel point ils les menacent, il font pression sur eux et les terrorisent", a-t-il déclaré.

Les faibles niveaux de recrutement ont entraîné une forte baisse dans les rangs du groupe, a-t-il précisé.

L'EIIS n'a actuellement plus de quelques milliers de combattants dispersés dans les villes et les villages sous son contrôle, comme Al-Hawija, al-Shirqat et al-Qaim, a déclaré Abou Raghif.

Les attaque aériennes de la coalition ont visé les sources de revenue du groupe, a-t-il annoncé, ce qui eu un impacte sur sa capacité à attirer les combattants, et en particulier les combattants étrangers.

L'argent a été un élément important pour les combattants étrangers, a-t-il précisé, mais maintenant, le groupe "a fait faillite et ne peut plus payer de gros salaires et soutenir des familles entières".

Pendant ce temps, les civils dans les régions de l'ouest de l'Anbar qui sont encore contrôlés par l'EIIS "paient un prix élevé" pour avoir refusé de rejoindre le groupe ou aider ses éléments, a déclaré Athal al-Fahdawi, membre du conseil provincial de l'Anbar.

"Le groupe n'hésitera pas à tuer ou emprisonner une personne qui enfreint ses règles", a-t-il affirmé à Diyaruna.

Les habitants en fuite racontent des histoires de violence indescriptible aux mains du groupe, a-t-il déclaré, ajoutant que «nous devons agir rapidement pour sauver les habitants locaux piégés».

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