Politique

Les forces syriennes et les milices soutenues par l'étranger se disputent le contrôle de la Syrie

Par Waleed Abou al-Khair au Caire

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Des membres de la milice pro-régime Liwa al-Qods, qui a récemment transféré son allégeance de l'Iran à la Russie dans la région de la province de Deir Ezzor. [Photo fournie par Liwa al-Qods]

Après que l'armée syrienne se soit retrouvée avec seulement une fraction de sa capacité d'origine avec le début de la guerre en 2011, plusieurs milices pro-régime ont depuis fait surface sur le champ de bataille en Syrie.

Bien que ces milices aient contribué à renforcer les capacités de l'armée syrienne, elles ne sont pas des marionnettes entre les mains du régime et servent finalement les intérêts de leurs sponsors, l'Iran et la Russie, selon les experts.

Des signes de conflit ont commencé à apparaître parmi les milices, ont-ils déclaré, car ils veulent tous un morceau du gâteau syrien.

Le conflit, dont les premiers signes ont commencé à apparaître dans la province de Deir Ezzor, est désormais axé sur la sécurisation de la plus grande partie des ressources naturelles du pays, y compris le pétrole, pour compenser les pertes et les coûts encourus ces dernières années.

Loyauté changeante

"Les milices, dont le régime fait la promotion en tant que partisans et soutiens, sont désormais dévoilées", a déclaré à Diyaruna le journaliste syrien Mohammed al-Abdoullah.

"La plus grande preuve est ce qui s'est passé dans les zones sous contrôle du régime à Deir Ezzor, où des différences ont commencé à faire surface entre les milices alignées avec le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) iranien et celles soutenues par la Russie", a-t-il annoncé.

Les milices affiliées au CGRI ont revendiqué le contrôle presque total de la ville frontalière syrienne d'Albou Kamal, a fait savoir Diyaruna le 26 juin.

Les milices alignées sur l'Iran ont acquis une domination dans cette partie de la province au détriment des forces du régime syrien et des milices soutenues par la Russie.

L'influence du régime syrien continue de diminuer dans cette région, a indiqué al-Abdoullah.

"La plus grande preuve du danger de ces milices est le changement de loyauté", a-t-il dit, pointant Liwa al-Qods, qui avait changé d'allégeance de l'Iran vers la Russie, poussant les milices alignées sur l'Iran à expulser les miliciens du Liwa Qods d'Albou Kamal.

"Il ne s'agit pas seulement d'influence et de contrôle, mais de vouloir la plus grande part du gâteau syrien, que ce soit au niveau politique, militaire ou de la reconstruction", a-t-il déclaré.

"L'Iran et la Russie tentent d'obtenir autant de la tranche de reconstruction que possible pour compenser leurs pertes et leurs coûts ces dernières années", a-t-il ajouté.

'Zones d'influences multiples'

L'armée syrienne a perdu plus de 70% de sa capacité d'origine depuis le début de la révolution syrienne en 2011, a déclaré Saleh al-Afisi, officier de l'armée syrienne libre (ASL) dans les zones rurales d'Alep.

"Depuis lors, on compte sur les officiers et soldats restants qui sont fidèles au régime", a-t-il dit.

Mais à mesure que la crise s'approfondissait, de nombreux groupes et milices se sont joints aux combats aux côtés des forces du régime, a-t-il indiqué. "Le début a été avec les milices alignées sur le CGRI, puis les milices soutenues par la Russie sont apparues."

"Malgré leur soutien apparent au régime, ces milices ont toujours été soucieuses de mettre en œuvre les ordres de leurs sponsors", a déclaré al-Afisi.

La Syrie est maintenant devenue "des zones d'influences multiples qui sont très difficiles à contrôler pour le régime", a-t-il ajouté.

Plusieurs régions connaissent des conflits directs et armés, en particulier à Damas, Alep, Daraa et Deir Ezzor, a-t-il souligné.

En plus des affrontements entre l'Iran et les milices soutenues par la Russie, des affrontements ont également éclaté fin juin entre le 5e Corps soutenu par la Russie et les forces du régime syrien dans la province méridionale de Daraa, qui a fait neuf morts.

Quant aux zones traditionnellement considérées comme des bastions du régime, comme Lattaquié, elles sont également témoins de conflits entre les différentes ailes du régime sur la domination et le contrôle, a déclaré al-Afisi.

L'armée syrienne n'est pas en mesure de protéger les frontières du pays ou de contrôler fermement sa sécurité, a expliqué l'expert militaire Yahya Mohammed Ali à Diyaruna.

La survie de l'armée "est désormais toujours liée aux milices qui la soutiennent", a-t-il confié.

"Cependant, l'existence de ces milices est liée à l'agenda politique [de leurs sponsors]", a-t-il dit, avertissant que le fait de compter sur elles dans toute guerre est une grosse erreur car ce sont des "mercenaires qui ne sont pas fidèles à leur pays".

Les milices soutenues par l'Iran et la Russie "peuvent à tout moment se retourner contre le régime pour obéir aux ordres qui leur sont imposés", a-t-il déclaré.

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