Politique

Déploiement de renforts russes dans Deir Ezzor

Waleed Abou al-Khair au Caire

image

Le général de brigade Souhail al-Hassan, commandant des forces Nimr appuyées par la Russie/25e Division, inspecte ses troupes dans la région située entre al-Raqqa et Deir Ezzor. [Photo fournie par ANNA]

Ces dernières semaines, d’importants renforts de troupes russes et de milices alliées du régime sont arrivés dans la ville de Deir Ezzor et ses environs, après avoir quitté al-Raqqa et Damas où elles étaient auparavant stationnées, a indiqué un activiste local.

Par ailleurs, la ville de Deir Ezzor a vu une diminution de la présence du Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) iranien et des milices alliées à l’Iran, a expliqué Jamil al-Abed, un militant de Deir Ezzor à Diyaruna.

Le CGRI et les milices pro-iraniennes ont renforcé leur présence dans les villes d’al-Mayadin et dans la localité frontalière stratégique d’Albou Kamal, a-t-il précisé.

Ces dernières semaines ont vu d’importants mouvements militaires russes, a-t-il souligné, notamment l’entrée de dizaines de forces appuyées par des chars et des transports de troupes dans la ville de Deir Ezzor et ses environs.

image

Un convoi transportant des matériels militaires et logistiques pour la milice pro-russe Liwa al-Qods entre dans la ville de Deir Ezzor. [Photo fournie par l’Euphrates Post]

Le média local Deir Ezzor 24 a rapporté le 7 juillet qu’un important convoi militaire russe composé d’une trentaine de chars, d’une vingtaine de bus et de pick-up équipés de mitrailleuses anti-aériennes était entré dans Deir Ezzor en provenance de la campagne d'al-Raqqa.

C’était le quatrième convoi russe à quitter al-Raqqa en l’espace d’une semaine.

L’arrivée des forces russes et de leurs milices alliées dans la région intervient dans le cadre d’une absence notoire du CGRI et de ses milices alliées, a ajouté al-Abed.

Les milices pro-iraniennes opérant dans la région comprennent notamment la brigade Zainabiyoun, le Hezbollah libanais et le Haidariyoun, qui se compose des milices irakiennes de la Kataib Hezbollah, d’Asaib Ahl al-Haq et de l’Organisation Badr, a-t-il précisé.

Tensions entre la Russie et les milices pro-iraniennes

Des tensions ont éclaté dans le district de Jamiyat al-Rusafa de Deir Ezzor, dans les faubourgs de la ville, lorsque des éléments de la Kataib Hezbollah qui y étaient stationnés ont expulsé des miliciens des Forces de défense nationale, une milice pro-régime proche des forces russes.

« Les districts de Jamiyat al-Rusafa et d’al-Qusour de Deir Ezzor font partie des quelques zones de la ville encore sous le contrôle du CGRI », a indiqué al-Abed.

Les forces russes ont également transporté des dizaines de miliciens de Liwa al-Qods favorables au régime, a-t-il poursuivi, qui ont commencé à se déployer dans les zones qui étaient autrefois contrôlées par les forces affiliées au CGRI.

Les miliciens de Liwa al-Qods ont été chargés d’assurer la garde du champ pétrolier d’al-Ward, à l’est de Deir Ezzor, après que les forces russes et alliées à la Russie en eurent pris le contrôle en début de mois aux mains des forces du régime syrien alignées sur l’Iran, a précisé al-Abed.

Les forces russes et leurs alliés se sont également déployés dans diverses zones d’al-Badiya (région désertique) dans l’est de la Syrie, jusqu’au désert de Homs, a-t-il poursuivi.

Al-Abed a indiqué qu’une nouvelle milice avait été formée pour protéger les mines de phosphates, prises par la Russie en vertu de contrats pluridécennaux.

Après leur récent déploiement, a-t-il ajouté, les forces russes ont pu établir la liaison entre les bases de leurs forces et leurs milices affiliées dans la campagne d’al-Raqqa et celles présentes dans la région de Deir Ezzor et du désert de Homs.

« Ce déploiement a fortement réduit les déplacements des milices alignées sur le CGRI », a-t-il ajouté.

« Grave préoccupation » quant aux restrictions d’accès

Par ailleurs, l’Union européenne a fait part dimanche 12 juillet de sa « grave préoccupation » après une décision des Nations unies de fermer un point d’accès pour l’aide humanitaire en Syrie.

Samedi, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté une résolution visant à relancer l’aide transfrontalière à la Syrie, mais seulement après avoir cédé aux pressions russes visant à interrompre l’accès par le point de franchissement de Bab al-Salam, qui mène à la région d’Alep dans le nord de la Syrie.

Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell et le commissaire à la gestion de crise Janez Lenarcic ont expliqué que n’autoriser qu’un seul point de franchissement pourrait entraver la fourniture de l’aide.

« Nous sommes gravement préoccupés par le fait que la résolution adoptée après le veto à répétition de la Russie et de la Chine n'autorise qu’un seul passage sur les deux dont disposaient auparavant les Nations unies », ont indiqué Borrell et Lenarcic dans un communiqué conjoint.

« L’approche peu constructive de certains membres du Conseil de sécurité est extrêmement regrettable à un moment où les besoins n’ont jamais été aussi grands et dans le contexte de la pandémie du coronavirus. »

L’autorisation de la poursuite du transport de l’aide à la Syrie, un système en place depuis 2014, a expiré vendredi soir après que Moscou et Beijing eurent utilisé leur droit de veto et que le Conseil de sécurité eut ensuite rejeté une contre-proposition de la Russie.

Avec l’accord de l’accord de la proposition belgo-allemande de samedi, le poste-frontière de Bab al-Hawa à la frontière nord-ouest de la frontière de la Syrie avec la Turquie sera maintenu pendant un an, jusqu’au 10 juillet 2021.

Aimez-vous cet article?
0
0 COMMENTAIRE (S)
Politique Commentaire * INDIQUE CHAMP NÉCESSAIRE 1500 caractères restants (1500 MAX)