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Société |

L'incident de Daraa signale une lutte de pouvoir régionale

Waleed Abou al-Khair au Caire

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La police militaire russe patrouille dans la province de Daraa, dans le sud de la Syrie. [Photo diffusée sur les réseaux sociaux]

Une attaque récente contre une patrouille de l'armée russe dans la province de Daraa, dans le sud de la Syrie, témoigne de la méfiance de l'opposition et des forces soutenues par l'Iran envers les forces russes dans cette région, a déclaré un militant local à Diyaruna.

Le 13 juillet, des attaquants non identifiés ont tenté de prendre pour cible une patrouille de l'armée russe à l'aide d'un engin explosif improvisé (EEI) placé sur la route entre les villes d'al-Sahwa et de Busra al-Sham, dans la province orientale de Daraa.

L'attaque n'a causé que des dégâts matériels.

Dans une déclaration publiée après l'incident, le directeur du Centre Hmeimim pour la réconciliation en Syrie du ministère russe de la Défense, le major général Alexei Pachin, a déclaré que les forces armées russes mettaient en place des mesures de sécurité supplémentaires.

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Des troupes russes et syriennes tiennent un poste de contrôle commun dans la province de Daraa, dans le sud de la Syrie. [Photo diffusée sur les réseaux sociaux]

Il a accusé les activistes des groupes terroristes ou d'opposition illégaux d'avoir mené cette attaque dans le but d'aggraver la situation dans la région, et a appelé les dirigeants de ces groupes à « mettre fin aux provocations armées ».

Tensions entre la Russie et l'Iran

Après l'attaque de la patrouille russe, plusieurs théories existaient sur ce qui s'était passé, a fait savoir l'avocat syrien Bashir al-Bassam à Diyaruna.

Certains ont déclaré que des milices soutenues par l'Iran ont mené l'attaque dans le contexte du conflit d'influence entre la Russie et le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) iranien, a-t-il rapporté.

Les tensions ont été vives à Daraa entre les milices alignées à l'Iran et les forces russes et leurs alliés, qui ont intensifié leurs patrouilles, a ajouté al-Bassam.

« Le CGRI est déterminé à contrôler la région en raison de sa situation stratégique, avec le désert syrien (Badiya) et la frontière jordanienne à l'est, et Deir Ezzor, où le CGRI a une forte présence, au nord », a-t-il expliqué.

Sans le contrôle de Daraa, a souligné al-Bassam, le CGRI ne sera pas en mesure d'établir une route terrestre entre Téhéran et la Méditerranée.

La zone où l'attaque a eu lieu est en grande partie contrôlée par des milices fidèles au CGRI, a-t-il déclaré, y compris des groupes affiliés au Hezbollah libanais et à la 4e division, une ancienne division de l'armée syrienne désormais contrôlée par le CGRI.

Le Hezbollah coordonne ses activités avec une milice tribale établie par le CGRI à Deir Ezzor, une force de 4 000 combattants syriens ayant cherché à sécuriser la zone située entre Deir Ezzor et Daraa, a-t-il déclaré.

Cela a permis le passage de véhicules militaires et de camions du CGRI transportant des armes et du matériel.

Les milices affiliées à l'Iran ont pu étendre leur contrôle sur plusieurs zones au détriment des groupes affiliés à la Russie, a-t-il poursuivi, lesquels sont intervenus périodiquement pour repousser les milices iraniennes.

Tensions entre le régime et l'opposition

Selon une autre théorie, l'attaque du 13 juillet aurait été menée par des groupes d'opposition qui avaient remis leurs armes dans le cadre de l'accord de réconciliation avec le régime syrien parrainé par la Russie en juillet 2018, a indiqué Al-Bassam.

Les habitants de Daraa accusent la Russie d'avoir brisé les promesses qu'elle avait faites en tant que sponsor de l'accord, lequel a vu l'entrée des forces du régime dans leur région.

En vertu de l'accord, les groupes d'opposition ont remis leurs armes, et certains ont quitté la région, et les forces du régime syrien sont entrées dans leurs anciens bastions.

Cela s'est fait avec la garantie russe que le régime syrien ne poursuivrait pas les anciens combattants de l'opposition et que leur service militaire obligatoire serait reporté, a indiqué Al-Bassam.

Pourtant, le régime syrien a procédé à des ratissages sous prétexte de poursuivre des terroristes, a-t-il déclaré, et a arrêté d'anciens combattants de l'opposition.

Le régime syrien a également procédé à des arrestations liées au service militaire obligatoire, a-t-il continué, et a mis en place des points de contrôle pour faciliter cette répression, rompant ainsi l'accord conclu avec la Russie.

Cela a ensuite conduit à la réapparition ouverte de l'opposition, avec un nombre croissant d'attaques contre les forces du régime et les milices alliées.

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