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Économie |

L'Irak s'attelle à résoudre le chômage des jeunes

Khalid al-Taie

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De jeunes chômeurs irakiens assistent à un cours de formation à l'informatique à Bagdad, le 27 janvier. [Photo fournie par le Centre de formation professionnelle d'al-Shula, à Bagdad]

Dans le cadre de ses efforts pour lutter contre le chômage des jeunes, le gouvernement irakien a lancé un nouveau programme qui vise à assister les moyennes entreprises industrielles ou de production.

Le Programme national pour l'emploi des jeunes annoncé le 21 janvier proposera des prêts aux jeunes Irakiens désireux de lancer leur propre entreprise.

Il est « le résultat de deux ans d'étude et de consultations entre les représentants du gouvernement, le parlement et les autorités compétentes », a expliqué Ismail al-Aboudi, coordinateur général du programme au ministère du Travail.

Il s'agit d'un vaste programme qui vise à fournir de réelles opportunités d'emploi destinées à réduire le chômage, revitaliser l'économie et accroître la productivité, a-t-il précisé à Diyaruna.

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Le ministre du Plan Nouri al-Dulaimi préside une réunion de l'Autorité nationale suprême pour l'emploi des jeunes. [Photo fournie par le ministère irakien du Plan]

Ce programme fonctionne en apportant des fonds de roulement à hauteur minimale de 250 000 USD aux entreprises de taille moyenne centrées sur l'industrie et la production, a-t-il ajouté.

Ce capital est apporté aux bénéficiaires sous forme de prêts groupés, jusqu'à dix jeunes pour chaque entreprise de production, en plus du directeur ou de l'expert chargé de faire tourner l'entreprise, a poursuivi al-Aboudi.

« Nous envisageons de créer 100 000 offres d'emplois cette année, puis de doubler ce chiffre chaque année », a-t-il affirmé, l'objectif final étant de créer un million d'emplois d'ici sept ans.

Dans un premier temps, ce programme couvrira les provinces de Bagdad, Bassorah, Dhi Qar, de l'Anbar et de Ninive à titre d'essai, a-t-il indiqué. Après quoi il devrait s'étendre au reste du pays.

Ces cinq premières provinces ont été choisies en fonction de leurs « niveaux élevés de pauvreté et de chômage, des besoins de reconstruction et de projets de développement et du taux de succès potentiel des entreprises », a continué al-Aboudi.

« Ce programme n'entre pas en concurrence avec les projets d'emploi adoptés par d'autres entités gouvernementales, les incubateurs de petites entreprises ou les prêts proposés par les banques privées aux jeunes », et vient de fait compléter ces efforts, a-t-il précisé.

Le but est de combiner l'expertise des chefs d'entreprise et l'énergie des jeunes entrepreneurs, a-t-il ajouté.

Réduire le chômage

Une instance gouvernementale supérieure a été mise sur pied en janvier pour superviser ce programme.

Présidée par le ministre du Plan Nouri al-Dulaimi, elle comprend des représentants des ministères du Plan, du Travail et du Commerce, de la Banque centrale, du secteur privé, des organisations de la société civile et des économistes.

Son siège permanent a été implanté au ministère du Plan, a indiqué à Diyaruna le porte-parole du ministère Abdoul Zahra al-Hindawi.

La Banque centrale apporte mille milliards de dinars irakiens (840 millions USD) pour le financement de ce programme, a-t-il indiqué.

Il s'agit de l'un des nombreux programmes et projets stratégiques lancés par le ministère pour répondre aux défis qui attendent le pays, au premier rang desquels le chômage, a-t-il poursuivi.

Parmi eux se trouvent « le plan de développement quinquennal, la stratégie de lutte contre la pauvreté et le programme de relance des projets industriels et de production qui avaient été mis à l'arrêt par suite du terrorisme et de la crise économique ».

Toutes ces stratégies comportent des plans visant à réduire de façon drastique le chômage en apportant des prêts à taux réduit « pour aider à construire des entreprises génératrices de profit et faciliter le développement des compétences », a indiqué al-Hindawi.

Les jeunes Irakiens exigent des emplois

Lutter contre le chômage est l'une des principales exigences des manifestants irakiens lors des manifestations qui ont éclaté ces quatre derniers mois.

« Le chômage était et continue d'être le principal facteur de ces manifestations, et les statistiques font apparaître une hausse de celui-ci à des niveaux records qui ont atteint 40 % dans des provinces comme al-Muthanna », a détaillé l'économiste Faleh al-Zubaidi.

La crise du chômage s'exacerbe chaque année, notamment chez les jeunes diplômés, conséquence naturelle de l'accroissement de la population et de l'incapacité du secteur public à absorber de nouveaux salariés, a-t-il expliqué à Diyaruna.

« Il est donc important d'agir pour revitaliser et soutenir les entreprises du secteur privé et les PME », a-t-il ajouté, car cela créera des emplois, stimulera l'économie et favorisera le développement sans peser sur le budget de l'État.

Riyadh Saeed, jeune diplômé de l'université sans emploi, a expliqué à Diyaruna qu'il n'avait pas réussi à obtenir un poste de fonctionnaire bien qu'il eût déposé une demande dans plusieurs agences.

Il a exprimé son espoir de pouvoir « obtenir un emploi adapté après le lancement de ce nouveau programme pour l'emploi », soulignant en conclusion qu'il est de la responsabilité du gouvernement d'aider les jeunes à trouver des emplois adaptés.

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