Politique

Le président irakien menace de quitter ses fonctions après le choix d'un Premier ministre pro-iranien

AFP

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Des manifestants anti-gouvernement en Irak brandissent un portrait défiguré d'Assaad al-Aidani, le gouverneur de Bassorah, lors d'une manifestation sur la place Tahrir de Bagdad, le 26 décembre. Al-Aidani est perçu comme lié à l'Iran, que les Irakiens accusent d'ingérences dans les affaires de leur pays. [Ahmad al-Rubaye/AFP]

Le président irakien a déclaré ce jeudi 26 décembre qu'il était « disposé à quitter ses fonctions » plutôt que d'accepter le candidat d'une coalition pro-iranienne au poste de Premier ministre.

L'annonce de Barham Saleh est intervenue alors que des manifestants anti-gouvernement ont bloqué des routes et des ponts à Bagdad et dans le sud du pays après avoir incendié plusieurs bâtiments durant la nuit.

Dans une lettre adressée au parlement, Saleh a déclaré qu'il désirait garantir « l'indépendance, la souveraineté, l'unité et l'intégrité territoriale » de l'Irak.

Mais il a cité la constitution, qui oblige le président à charger le candidat avancé par le principal bloc au parlement de former un gouvernement.

« Avec tout le respect dû à M. Assaad al-Aidani (gouverneur de la province de Bassorah), je refuse de le proposer » à ce poste, a écrit Sakeh.

Cela pouvant être vu comme un non-respect de la constitution, « j'avise les membres du parlement que je suis disposé à renoncer à mes fonctions de président », a ajouté Saleh.

Al-Aidani est vu comme le candidat de l'Iran, que les manifestants accusent de s'ingérer dans les affaires irakiennes.

Impasse

Après plusieurs semaines d'un mouvement de contestation qui a secoué Bagdad et le sud du pays, faisant plusieurs centaines de morts, le parlement est dans une impasse concernant le choix d'un remplaçant à l'ancien Premier ministre Adel Abdoul Mahdi.

Les manifestants sont opposés à l'ensemble de la classe politique et ont exprimé leur colère contre les responsables qui négocient pour désigner quelqu'un de l'establishment au poste de prochain Premier ministre.

Les factions pro-iraniennes ont poussé le ministre de l'Enseignement supérieur sortant Qusay al-Suhail à ce poste, choisissant par la suite al-Aidani après que le président a rejeté la nomination de Suhail.

Tous deux sont des choix impopulaires auprès des manifestants, qui ont également reproché à al-Aidani d'avoir durement réprimé des manifestations dans la province de Bassorah l'an dernier.

« Nous ne voulons pas d'Assaad l'Iranien ! », ont scandé les manifestants dans la ville de Kout, dans le sud du pays, jeudi.

« Otage des divisions sectaires »

« Le gouvernement est l'otage de partis corrompus et de divisions sectaires », a expliqué un activiste, Sattar Jabbar, 25 ans, dans la ville méridionale de Nasiriyah.

De la fumée et des flammes provenant de pneus incendiés à Nasiriyah, Bassorah et Diwaniyah ont bloqué les principales routes et les ponts franchissant l'Euphrate durant la nuit, ont indiqué les correspondants de l'AFP, avant que certains de ces barrages ne soient levés au matin.

À Nasiriyah, les manifestants ont incendié le bâtiment du gouvernement de la province pour la deuxième fois depuis le début des manifestations, et les manifestants ont également incendié le nouveau siège d'une milice pro-iranienne à Diwaniyah.

L'Irak est secoué par des manifestations depuis le 1er octobre.

Après avoir quelque peu perdu en intensité, cette campagne de rue a récemment retrouvé une nouvelle vigueur lors de manifestations contre la corruption généralisée et un système politique vu comme inféodé au voisin iranien.

Les bâtiments publics et les écoles restent fermés dans pratiquement tout l'Irak.

Environ 460 personnes ont été tuées et 25 000 blessées en près de trois mois d'affrontements entre les manifestants et les forces de sécurité.

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