Société

Les Casques blancs avertissent d'une catastrophe humanitaire dans le nord de la Syrie

Waleed Abou al-Khair au Caire

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La localité de Mardikh dans la campagne d'Idlib présente de lourds dégâts au lendemain d'une frappe aérienne. [Photo fournie par le centre de presse d'Idlib]

La défense civile syrienne (les Casques blancs) a averti d'une prochaine catastrophe humanitaire dans le nord de la Syrie dans le contexte d'une escalade des frappes aériennes et d'une hausse des déplacements de civils, a expliqué un activiste local.

Le groupe rapporte une escalade de l'activité militaire et des frappes aériennes russes et du régime syrien dans la province d'Idlib, en grande partie contrôlée par Tahrir al-Sham.

Elle a entraîné à une très forte hausse du nombre de personnes déplacées dans plusieurs régions d'Idlib prises sous le feu de ces frappes, a ajouté l'activiste Haisam al-Idlibi.

La plupart de ces déplacés se dirigent vers les confins de cette enclave tenue par l'opposition et vers des zones relativement plus sûres le long de la frontière avec la Turquie, a-t-il précisé à Diyaruna.

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Un petit camion transportant une famille et quelques biens essentiels quitte le sud rural d'Idlib après que leur maison a été prise sous les frappes. [Photo fournie par la défense civile syrienne]

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La mosquée Hassan ben Thabet de la localité de Talmenes dans le sud de la province d'Idlib a subi des dégâts importants lors d'une frappe aérienne. [Photo fournie par le centre de presse d'Idlib]

Les Casques blancs ont averti d'une catastrophe humanitaire par suite des intenses bombardements sur plusieurs régions d'Idlib, en particulier la ville de Maaret al-Numan et les localités et les villages environnants, a poursuivi al-Idlibi.

Selon le groupe, il reste près de 100 000 personnes dans cette région, dont des dizaines ont été tuées ou blessées ces derniers jours par des frappes aériennes russes et syriennes qui touchent des installations civiles, des centres paramédicaux, des marchés et des maisons.

Des milliers fuient la zone

Les Casques blancs ont ajouté que ces dernières heures, des milliers de personnes ont fui les zones qui sont prises sous les feux les plus intenses et se sont dirigées vers les régions frontalières, qui sont relativement plus sûres pour les populations civiles.

Les activistes de la région d'Idlib ont étudié l'impact des opérations militaires qui ont eu lieu du 15 au 18 décembre, et ont montré que trente zones avaient été la cible de bombardements et de frappes durant cette période, a précisé al-Idlibi.

« Il s'agissait notamment de 100 frappes aériennes du régime syrien et de 79 frappes russes, en plus de plus de 200 cas de bombardements et de frappes de missiles », a-t-il ajouté.

Ce cycle de violences a coûté la vie à 37 personnes, dont onze enfants et dix femmes, a-t-il poursuivi, soulignant que des femmes et des enfants figuraient également parmi les 76 blessés.

Al-Idlibi a déclaré que la situation dans et autour de la ville de Maaret al-Numan est « catastrophique », que les rues sont vidées de leurs civils et que les seules personnes qui restent dans la zone sont celles qui sont dans l'incapacité de partir vers des régions plus sûres.

Nombre de ceux qui souhaitent partir ont peur de le faire parce que les véhicules qui transportent des civils sont directement pris pour cibles, avec trois incidents de ce type signalés ces derniers jours, a-t-il ajouté.

Heurts avec Tahrir al-Sham

Par ailleurs, des affrontements entre le régime syrien et les groupes armés ont fait plus de 60 victimes des deux côtés au cours des dernières 24 heures, malgré des appels des Nations unies à la désescalade, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'homme vendredi 20 décembre.

Il a ajouté que 38 extrémistes et combattants alliés avaient été tués dans des combats avec les forces du régime à Idlib depuis jeudi soir, a indiqué l'AFP.

Les combats près de Maaret al-Numan ont également coûté la vie à 23 combattants du régime, a-t-il indiqué.

Les avions russes ont pilonné les zones autour de Maaret al-Numan et la localité toute proche de Saraqeb lors d'une série de frappes aériennes, selon l'observatoire.

Ce regain des frappes a déclenché une vague de déplacements depuis les zones proches.

Yasser Ibrahim al-Dandal a indiqué qu'il fuyait avec sa famille vers les oliveraies du nord d'Idlib, où ils dormiraient dans les champs.

« Des centaines de roquettes sont tombées sur Maaret al-Numan », a-t-il ajouté. « La situation y est très mauvaise. »

Cette semaine, les Nations unies ont condamné cette escalade meurtrière de la violence dans la région, Najat Rochdi, haut conseiller humanitaire auprès de l'envoyé des Nations unies pour la Syrie, appelant à une « désescalade immédiate ».

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