Jeunesse

Des enfants d'Idlib tués lors de frappes russes et syriennes

Waleed Abou al-Khair au Caire et AFP

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Un membre des Casques blancs transporte un enfant blessé lorsque sa maison dans la campagne d'Idlib a été touchée par une frappe aérienne russe. [Photo fournie par la protection civile syrienne]

Mardi 17 décembre, les frappes aériennes et les tirs d'artillerie du régime syrien ont tué quatorze civils et en ont blessé 18 autres dans différentes parties de la province d'Idlib, dans le nord-ouest du pays, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'homme.

Ces violences récentes se déroulent alors que les combats se poursuivent entre d'une part, les forces du régime et ses milices affiliées, et Tahrir al-Sham et ses groupes armés affiliés d'autre part, sur plusieurs axes à Idlib et à la périphérie de la province d'Alep.

Au cours des 24 heures précédentes, les frappes aériennes du régime syrien et de la Russie ont causé la mort de trois enfants et en ont blessé sept autres, a déclaré à Diyaruna le militant d'Idlib Mousab Assaf.

Plusieurs autres civils ont été tués ou blessés lors de ces frappes, qui, ces derniers temps, ont touché quotidiennement des zones résidentielles et des infrastructures et installations civiles, a-t-il précisé.

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Des membres des Casques blancs portent une femme blessée par une frappe aérienne contre un camp de déplacés de la campagne d'Idlib. [Photo fournie par la protection civile syrienne]

Assaf a ajouté que ces frappes aériennes se sont concentrées sur plusieurs zones, dont la ville de Maar Shourin, où un enfant a été tué et sept adultes ont été blessés.

Deux enfants ont été tués et plusieurs civils, dont des enfants, ont été blessés lors de frappes aériennes contre un camp de déplacés près de la ville de Binnish, a-t-il indiqué.

Les frappes aériennes ont également visé les villes de Maasaran et d'al-Ghadqa, dans la province d'Idlib, ainsi qu'al-Tah, al-Najeya et Bidama, a-t-il fait savoir, en plus des localités d'al-Surman, al-Heraki, Harran et al-Raffa.

Assaf a indiqué que les combats se poursuivent également aux abords de la province d'Idlib entre le régime syrien et ses alliés d'une part et Tahrir al-Sham et ses affiliés d'autre part, où les deux camps subissent des pertes.

Tahrir al-Sham a un peu progressé dans l'arrière-pays sud-est de la ville de Maarat al-Numan, en particulier dans la zone abandonnée d'al-Kutaiba et les fermes d'Umm al-Tineh, et à la périphérie d'al-Msheirifeh, a-t-il déclaré.

Dans le même temps, les forces du régime syrien essaient d'avancer le long de l'axe al-Hawijah dans la région de Sahl al-Ghab, sans grand succès, a-t-il rapporté, car la pluie ralentit les lourds véhicules blindés et les chars.

Renouvellement de l'opération d'aide des Nations unies

Les Nations unies ont déclaré mardi qu'elles n'avaient pas d'autre choix que de continuer à acheminer l'aide humanitaire en traversant les frontières et les lignes de front de la Syrie, selon un rapport du secrétaire général António Guterres, ce que conteste la Russie.

Les membres du Conseil de sécurité débattent actuellement du renouvellement de l'opération, dont le mandat expire le 10 janvier.

Quatre points d'entrée en Syrie, deux depuis la Turquie, un depuis la Jordanie et un depuis l'Irak, sont actuellement utilisés pour acheminer l'aide aux millions de personnes dans le besoin. Des négociations sont en cours pour ouvrir un cinquième point de passage à Tel Abyad, sur la frontière turque.

Ce cinquième point de passage est mentionné dans le projet de résolution présenté par l'Allemagne, la Belgique et le Koweït, qui sont chargés du dossier humanitaire syrien du Conseil de sécurité.

Ils proposent une prolongation d'un an pour la mission.

Moscou veut un renouvellement de six mois seulement.

Des diplomates ont fait savoir que la Russie a soumis lundi au Conseil de sécurité un autre projet de résolution, qui propose la suppression de deux des points de passage.

Moscou considère que la situation sur le terrain a changé avec la reprise de territoire par le régime syrien, et a proposé la fermeture d'al-Yarubiya, entre la Syrie et l'Irak, ainsi que d'al-Ramtha à la frontière jordanienne.

L'approche de la Russie est loin des souhaits exprimés par Guterres, qui a affirmé que pour distribuer l'aide humanitaire, il est indispensable de traverser les frontières et les lignes de front.

« Les Nations unies n'ont pas d'autre moyen pour atteindre les personnes dans le besoin dans les régions où l'assistance transfrontalière est fournie », a déclaré Guterres dans le rapport qu'il a récemment présenté au Conseil de sécurité.

« L'aide humanitaire fournie par les agences onusiennes comprenait de la nourriture pour une moyenne de 4,3 millions de personnes dans le besoin chaque mois et plus de 1,3 million de traitements médicaux dans tout le pays », a noté Guterres.

« L'aide transfrontalière [...] est restée un élément essentiel de la réponse humanitaire pour plus de 11 millions de personnes dans le besoin », a-t-il ajouté.

Le rapport montre que la situation générale en Syrie s'est encore détériorée en 2019 et ajoute que tout doit être fait pour éviter une offensive militaire dans la zone nord-ouest d'Idlib, où vivent actuellement environ trois millions de personnes.

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