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Terrorisme |

Les attaques de faible envergure témoignent des difficultés de l'EIIS, selon des experts

Khalid al-Taie

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Des policiers irakiens suivent les déplacements d'éléments de l'EIIS depuis une unité de surveillance dans les confins de la province de Kirkouk, le 17 janvier. [Photo fournie par le commandement de la police fédérale irakienne]

À court de liquidités, chassé du territoire qu'il contrôlait jadis, après la mort de ses commandants et avec des combattants qui se terrent, « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS) est pris dans une spirale descendante dont il pourrait ne jamais se remettre, ont expliqué des spécialistes de la sécurité.

Mais alors que les résidus du groupe tentent de résister à cette succession de revers, certains se sont engagés dans des attaques sporadiques de petite envergure, de type loup isolé.

Ces attaques font apparaître clairement que le groupe ne dispose plus des moyens de mener des attaques ou des offensives de grande envergure, ont-ils souligné, et sont le signe qu'il est à court d'argent et éprouve de grosses difficultés à se mobiliser en masse.

Ce changement de nature et de niveau des activités de l'EIIS est devenu évident depuis sa défaite en Irak fin décembre 2017.

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Des soldats irakiens traquent les derniers éléments de l'EIIS dans une zone située au sud de Falloujah, le 26 juin 2019. [Photo fournie par le ministère irakien de la Défense]

« La bataille pour reprendre le territoire de l'EIIS et les opérations de recherche des résidus du groupe qui ont suivi ont conduit à décimer ses capacités », a expliqué à Diyaruna le major général Tahseen al-Khafaji, porte-parole du commandement des opérations conjointes.

« Le groupe a subi des pertes significatives dans ses rangs et dans son soutien logistique, en plus du ciblage de ses cellules dormantes et de leurs éléments, ce que font nos troupes pour empêcher l'EIIS de se regrouper », a-t-il ajouté.

« Retour à la case départ » pour l'EIIS

Les résidus de l'EIIS ont été contraints de changer de rythme, et se concentrent désormais sur des attaques au profil « low cost », a expliqué al-Khafaji, parce que « leurs réserves de liquidités se sont épuisées ».

Mais quand bien même le groupe a subi de tels revers, a-t-il ajouté, son pouvoir de nuisance pour les civils est encore là, et « les forces de sécurité ont pour mission de prévenir toutes les activités terroristes, quelle qu'en soit la portée ».

« Les derniers éléments de l'EIIS sont maintenant connus et ne sont plus en mesure d'échapper à nos forces », a-t-il expliqué. « Nous disposons de toutes les capacités de renseignement et de combat dont nous avons besoin pour les traquer et les neutraliser. »

Ces derniers mois, a-t-il poursuivi, le groupe a fait exploser des engins explosifs improvisés (EEI), a monté des embuscades et a attaqué des postes de sécurité dans des zones éloignées dans le nord et le centre de l'Irak.

Les résidus de l'EIIS montent ce type d'opérations de guérilla, a indiqué à Diyaruna l'expert militaire Jaleel Khalaf Shwayel.

« La défaite des terroristes et la destruction de leur soi-disant califat les ont renvoyés à la case départ », a-t-il dit.

« Leurs rangs sont clairsemés et leurs capacités réduites », a-t-il ajouté. « Leurs mouvements sont limités et peuvent être qualifiés 'd'apeurés'. »

Mais le recours à des tactiques de guérilla « ne signifie pas qu'ils ont renoncé à leurs ambitions », a mis en garde Shwayel, soulignant qu'il s'agit-là de mesures d'urgence.

« C'est la raison pour laquelle nous ne pouvons encore dire que tout est fini », a-t-il poursuivi. « Nous devons toujours considérer que la bataille contre l'EIIS fait rage, et nous devons donc en permanence maintenir la pression. »

Nécessité d'une vigilance permanente

Selon l'analyste de sécurité Safa al-Asam, l'EIIS « ne pourra vraisemblablement pas renforcer à nouveau ses activités ».

Les efforts en cours visant à circonscrire les combattants du groupe et à les épuiser « suffisent à les priver de leurs ressources et à accélérer leur disparition », a-t-il affirmé à Diyaruna.

Les attaques de faible envergure indiquent que « l'EIIS ne dispose plus du pouvoir qui, affirmait-il, le rendait invincible », a-t-il ajouté, soulignant qu'il est extrêmement peu probable que le groupe soit en mesure de se rétablir et de se reconstituer.

« L'EIIS a été dépourvu de presque tout, y compris de ses plus hauts dirigeants qui concevaient les plans et les opérations, de ses combattants expérimentés et de ses kamikazes, de ses armes, de ses réseaux de financement et de son soutien », a-t-il indiqué.

Dans un rapport du 4 février, un organe de surveillance du gouvernement américain indépendant a mis en garde sur le fait que l'EIIS avait conservé ses capacités en Syrie malgré la mort de son leader Abou Bakr al-Baghdadi, a rapporté l'AFP.

Après la défaite territoriale totale de l'EIIS en mars dernier, le groupe est passé dans la clandestinité et est revenu à des tactiques éprouvées de guérilla qui continuent à causer des dommages.

Citant des informations de l'US Central Command (CENTCOM), l'inspecteur général a conclu que l'EIIS « reste homogène, avec une structure de commande et de contrôle intacte, des réseaux urbains clandestins et une présence insurgée dans nombre de campagnes syriennes ».

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