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Terrorisme |

L'Irak bloque les efforts de propagande de l'EIIS

Khalid al-Taie

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Un responsable du ministère de l'Intérieur irakien s'adresse à des élèves de l'école secondaire al-Ansar de Bagdad sur les dangers liés aux rumeurs, sur cette photo postée le 27 janvier. [Département de lutte contre les rumeurs du ministère irakien de l'Intérieur]

Le ministère de l'Intérieur irakien a pris des mesures pour empêcher « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS) d'utiliser les réseaux sociaux pour diffuser sa propagande extrémiste et influencer la société.

Le 29 janvier, le ministère a annoncé avoir fermé des centaines de comptes sur les réseaux sociaux et les plateformes numériques, dont la plupart appartenaient à des membres de l'EIIS, et qui répandaient des rumeurs qui étaient autant de menaces pour la paix.

Dans le même temps, le ministère élabore une campagne de sensibilisation complète des citoyens sur les dangers de la désinformation.

Rumeurs malveillantes démenties

Cela fait longtemps que le ministère s'efforce de protéger la société contre les dangers des rumeurs, notamment celles qui sont répandues par les terroristes, a expliqué le colonel Ziyad Muhareb al-Qaysi, directeur du département de lutte contre les rumeurs au ministère.

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Deux employés du ministère de l'Intérieur irakien affichent un poster mettant en garde contre la propagation de rumeurs, le 26 janvier. [Département de lutte contre les rumeurs du ministère irakien de l'Intérieur]

Ces efforts sont en premier lieu destinés à combattre les rumeurs répandues électroniquement ainsi que par divers moyens médiatiques ou par le bouche-à-oreille, a-t-il indiqué à Diyaruna.

« Notre travail s'attache à enquêter et à surveiller la source des rumeurs avec l'aide d'autres agences de sécurité, comme les services de renseignement et de la sécurité nationale, et à mettre en place les procédures d'intervention nécessaires pour arrêter leur propagation », a-t-il poursuivi.

« En coopération avec le ministère des Télécommunications, notre ministère a fermé l'année dernière pas moins de 900 pages et comptes de réseaux sociaux qui utilisaient de faux noms pour diffuser des rumeurs néfastes », a indiqué al-Qaysi.

La plupart de ces pages et de ces comptes appartenaient à l'EIIS et à d'autres « ennemis qui refusent la stabilité et les progrès du pays », a-t-il continué.

« Ces rumeurs varient en fonction de leur intention », a-t-il ajouté. « Certaines visent à répandre la peur, la frustration ou à décourager. Les terroristes aiment en général répandre ces rumeurs sur l'internet, parce que c'est le moyen le plus efficace pour atteindre beaucoup de gens. »

Parmi les exemples de ces rumeurs, citons la diffusion de fausses informations, comme des évasions de prisonniers de l'EIIS, des villes tombant aux mains de l'EIIS, des affrontements avec des militants et les lourdes pertes infligées aux forces de sécurité, a-t-il indiqué.

Il existe également les rumeurs destinées à « menacer la paix, susciter des agitations dans le pays, porter atteinte à l'économie nationale et créer un environnement inhospitalier pour les investissements étrangers », a précisé al-Qaysi.

Mieux sensibiliser

Parallèlement à ces efforts, le ministère travaille également à mieux sensibiliser les citoyens.

« Nous disposons d'un programme intégré destiné à enseigner les dangers des rumeurs et à appeler à tous les segments de la société à les combattre activement », a expliqué al-Qaysi.

Le ministère « a participé à l'élaboration de programmes de sensibilisation spécifiques dans tous les ministères, et travaille avec le ministère de l'Éducation pour former 300 enseignants et guides d'éducation à Bagdad pour mieux sensibiliser les élèves ».

« Un programme scolaire a été mis en place avec l'aide du syndicat des enseignants, qui explique les effets néfastes des rumeurs et leur rôle dans la destruction des sociétés, et placarde des affiches et des publicités dans les rues et les lieux publics qui mettent en garde contre la propagation de rumeurs », a-t-il poursuivi.

Talib Mohammed Karim, vice-président du Centre al-Rafidain pour le dialogue, a indiqué pour sa part que l'EIIS « s'appuie massivement sur la publication de rumeurs et tente d'en retirer des avantages qui servent ses intérêts destructeurs ».

Le groupe a recours à « la promotion de ses rumeurs en ligne, en particulier sur les réseaux sociaux, afin d'influencer psychologiquement les membres de la société sur une grande échelle », a-t-il expliqué à Diyaruna.

« Les terroristes tentent d'utiliser à leur profit les plateformes en ligne pour diffuser leur mode de pensée extrémiste dans l'espoir de pouvoir rebondir », a-t-il poursuivi.

Mais l'EIIS perd cette capacité.

« Avec les progrès des institutions sécuritaires irakiennes et leur expertise croissante dans le suivi et le ciblage des réseaux et des cellules terroristes, l'EIIS n'a plus aujourd'hui qu'une capacité réduite à profiter de ces canaux », a expliqué Karim. « La plupart des comptes de réseaux sociaux et des documents promotionnels qui répandaient les rumeurs du groupe ont été fermés. »

Il a souhaité le « renforcement des institutions sociales dans la lutte contre le terrorisme, une meilleure sensibilisation au sein des familles sur l'importance du renoncement à la voie de l'extrémisme et le refus de l'acceptation de mensonges, de rumeurs et d'idées trompeuses ».

Fermer la porte à l'EIIS

Ces efforts d'éradication de la propagation de rumeurs sont « une mesure nécessaire pour protéger la société contre les menaces, dont les plus importantes sont les tentatives faites par l'EIIS pour continuer à être préjudiciable pour le public », a expliqué le spécialiste irakien de la sécurité Mohammed Razzaq al-Rubaie.

Il a souligné l'importance de « fermer la porte aux terroristes et de détruire tous leurs outils médiatiques ».

Fermer les pages qui répandent des rumeurs, de fausses informations et l'idéologie de l'EIIS « n'est pas moins important que les opérations militaires en cours pour traquer et briser les éléments terroristes », a-t-il conclu pour Diyaruna.

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