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Les manifestants d'al-Nasiriyah dénigrent les milices pro-iraniennes

Omar Ali à al-Nasiriyah

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Les manifestants irakiens d'al-Nasiriyah se rassemblent sur la place al-Habboubi le 29 janvier pour appeler à la fin de la corruption et de l'ingérence de l'Iran dans les affaires irakiennes. [Alaa Hussein/Diyaruna]

Des centaines de manifestants d'al-Nasiriyah, la plus grande ville de la province méridionale irakienne de Dhi Qar, ont fait entendre leur colère aux milices pro-iraniennes, scandant des slogans hostiles les accusant d'être derrière le meurtre de militants locaux.

Cette vague de protestations à l'encontre des milices s'est renforcée après l'attaque le 27 janvier de la place al-Habboubi de la ville, l'épicentre des manifestations, au cours de laquelle un manifestant a été tué, plusieurs autres blessés et plusieurs tentes de manifestants incendiées.

Les milices appuyées par l'Iran ont été derrière cette attaque, a expliqué le militant Amer Mohammed à Diyaruna, tout comme elles sont responsables des tirs meurtriers de snipers et des assassinats qui se sont produits en Irak depuis le début des manifestations le 1er octobre.

« Écoutez ce qu'ils scandent », a intimé Mohammed, alors que des manifestants tout proches chantaient des slogans qualifiant les milices de « sbires » de l'Iran, signifiant leur subordination à Téhéran. « Ils savent parfaitement que ces milices sont responsables des décès dans leurs rangs. »

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Des manifestants irakiens brandissent le drapeau irakien en scandant des slogans hostiles à l'Iran dans la ville d'al-Nasiriyah, fin janvier. [Alaa Hussein/Diyaruna]

Mohammed a montré une vidéo enregistrée sur son téléphone montrant le père d'un manifestant tué lors de l'attaque sur la place racontant avec une tristesse infinie les détails de l'assassinat de son fils.

Les manifestants ont répondu à l'incendie des tentes en bâches installées sur la place al-Habboubi en construisant à leur place des structures en briques, a expliqué à Diyaruna le manifestant Thulfiqar al-Ghazi.

Elles sont destinées à envoyer le message qu'ils envisagent de tenir bon, quelles que soient les difficultés, a-t-il précisé, alors qu'il aidait ses camarades à construire l'une de ces structures de briques.

« La barrière de la peur est tombée »

« S'ils pensent que brûler nos tentes nous fera rentrer chez nous, ils se trompent », a poursuivi al-Ghazi.

« Nous construisons des pièces en briques à nos propres frais pour leur montrer que nous n'avons pas peur, et que nous ne nous laisserons pas intimider par les armes de leurs milices. »

La barrière de la peur est tombée, a-t-il ajouté, et personne n'a peur de chuchoter en public les noms des leaders de ces milices ni de les accuser d'être aux ordres de l'Iran et de s'entendre sur la mise en œuvre de ses plans destructeurs en Irak.

Les slogans les qualifiant de lèche-bottes et d'acolytes (sbires) sont repris par des centaines de manifestants sur les places de la contestation, ainsi que les noms des hauts responsables des milices, que « personne n'aurait osé critiquer ouvertement par le passé », a-t-il ajouté.

Les services de sécurité irakiens ont échoué dans leur mission de protéger efficacement les manifestants contre des milices, qui ont, à leur tour, fait montre de peu de respect pour le sang des Irakiens, a-t-il indiqué.

Le capitaine Majid al-Fadhli a expliqué à Diyarana que les forces de sécurité de la province avaient vu la récente attaque sur la place al-Habboubi et que les forces de police en avaient poursuivi les auteurs avant de perdre leurs traces dans le quartier d'al-Zidnawiya, près d'al-Nasiriyah.

Il a conclu en indiquant que la police enquête sur cet incident, mais qu'elle n'a encore aucun indice concernant l'identité des auteurs, bien qu'ils semblent être « des groupes organisés dont le but est de répandre le chaos dans le pays ».

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