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Les Irakiens réagissent à la mort du commandant du CGRI

Faris al-Omran et l'AFP

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Des manifestants anti-gouvernementaux irakiens font le signe de la victoire devant leurs tentes sur la place Tahrir à Bagdad après l'annonce de la mort du commandant du CGRI, Qassem Soleimani. [Stringer/AFP]

Les Irakiens qui manifestent depuis des mois contre un gouvernement qu'ils considèrent comme acquis à l'Iran se sont mis à chanter et à danser vendredi 3 janvier après qu'une frappe américaine ait tué un haut commandant iranien.

« Oh, Qassem Soleimani, c'est une victoire divine », ont-ils clamé sur l'emblématique place Tahrir de Bagdad, l'épicentre de leur mouvement.

« C'est la vengeance de Dieu pour le sang des tués », a ajouté l'un d'eux, après qu'environ 460 personnes ont été tuées dans des violences que beaucoup de manifestants ont imputé aux forces de sécurité soutenues par l'Iran.

La frappe américaine contre l'aéroport international de Bagdad visait un convoi transportant Qassem Soleimani, commandant de la Force Qods du Corps des Gardiens de la révolution islamique (FQ-CGRI) d'Irak et Abou Mahdi al-Muhandis, chef adjoint des Forces de mobilisation populaires irakiennes.

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Les frappes américaines contre deux véhicules près de l'aéroport international de Bagdad le 3 janvier ont tué Qassem Soleimani, commandant de la Force Qods du CGRI, et Abou Mahdi al-Muhandis, chef adjoint des FMP. [Photo fournie par la cellule des médias de la sécurité irakienne]

Ces deux étant morts, la Force Qods, qui est la branche des opérations étrangères du CGRI, a été décapitée et les FMP ont également perdu leur chef.

Le président Donald Trump a ordonné la mort de Soleimani « dans le cadre d'une action défensive décisive visant à protéger le personnel américain à l'étranger », a déclaré le Pentagone.

« Le général Soleimani élaborait activement des plans pour attaquer des diplomates et des militaires américains en Irak et dans toute la région », a affirmé le Département américain de la Défense dans un communiqué.

« Criminel de guerre »

La mort de Soleimani dans une frappe américaine marque « la fin d'un criminel de guerre responsable de la mort de milliers d'innocents », ont déclaré des analystes et des citoyens irakiens.

La frappe a été décisive et précise, « reflétant la supériorité des Etats-Unis et leur pleine capacité à punir l'Iran pour ses activités hostiles en Irak et dans la région », a déclaré à Diyaruna l'analyste stratégique et militaire Rabie al-Jawary.

« Nous nous attendions à une réponse sévère de la part des [États-Unis] aux provocations et hostilités répétées de l'Iran », a-t-il déclaré, en particulier suite à la récente attaque contre l'ambassade américaine à Bagdad.

Le régime iranien pourrait chercher à se venger par le biais de ses intermédiaires et déclencher une guerre dans la région, sans aucune considération pour les conséquences d'une telle action, a-t-il déclaré.

« Plonger la région dans la guerre aura de graves répercussions, pour lesquelles l'Iran serait responsable », a affirmé al-Jawary.

La nature de la frappe américaine est sans précédent en raison de l'importance des personnes visées, ce qui rend ses répercussions difficiles à imaginer, a indiqué Ramzy Mardini, chercheur de l'Institut des États-Unis pour la paix

La frappe de vendredi a montré que l'Iran ne peut plus utiliser ses alliés en Irak pour mener des attaques contre les intérêts américains « sans risquer une riposte conventionnelle américaine contre l'Iran », a-t-il déclaré.

Les Irakiens fêtent cela

Pendant ce temps, l'annonce de la mort de Soleimani a suscité l'enthousiasme des milliers de manifestants qui sont dans la rue depuis le 25 octobre.

En tant que chef de la branche des opérations étrangères du CGRI, Soleimani « est l'une des principales raisons de la destruction dans leur pays », a expliqué al-Jawari.

Lors des dernières manifestations, les Irakiens ont sévèrement dénoncé l'influence de l'Iran dans leur pays et ses politiques destructrices qui menacent la stabilité de l'Irak.

« Dès que nous avons appris la mort de Soleimani, une atmosphère de joie a régné [dans les campements de protestation] et les manifestants ont hissé un grand drapeau irakien pour fêter l'événement », a déclaré à Diyaruna un manifestant de la place Tahrir, sous couvert d'anonymat.

« Il y a deux mois, nous avons exprimé sur la place notre bonheur lors de la mort du chef de [« l'État islamique en Irak et en Syrie »] Abou Bakr al-Baghdadi », a-t-il rappelé. « Et aujourd'hui, nous sommes heureux de la mort d'un autre criminel de guerre, Soleimani. »

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