Manifestations

Les manifestants irakiens et iraniens rejettent le CGRI et ses agents

Faris al-Omran

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Des manifestants irakiens sur la Place Tahrir de Bagdad brandissent le drapeau national le 9 novembre. [Diyaruna]

La colère contre le régime iranien et ses agents est un thème commun aux manifestations qui se déroulent actuellement dans les rues d'Irak et d'Iran, ont expliqué des politologues.

Le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) d'Iran est directement responsable de la situation économique et sécuritaire qui alimente les manifestations de colère dans les deux pays, ont-ils indiqué à Diyaruna.

En Irak, les manifestants sont descendus dans la rue pour dénoncer le rôle néfaste que les milices épaulées par l'Iran jouent dans leur pays.

Les manifestants irakiens et la condamnation qu'ils expriment du régime iranien ont à leur tour motivé le peuple iranien à descendre lui aussi dans la rue pour exprimer leur rejet de leur gouvernement, a expliqué à Diyaruna le journaliste Ziyad al-Sinjari.

Cela faisait déjà quelque temps que couvait ce sentiment en Iran, a-t-il poursuivi, et des manifestations sporadiques avaient éclaté ça ou là, jusqu'à la décision prise par le gouvernement à la mi-novembre de revoir les prix de l'essence à la hausse.

Cette décision déclencha une véritable révolte contre le gouvernement, a-t-il ajouté, d'une ampleur bien plus forte que la seule réaction à cette hausse.

Expression de colère publique

Al-Sinjari a souligné que les manifestations tant en Irak qu'en Iran sont l'expression d'une colère publique à l'encontre du régime iranien, dont les politiques suscitent la colère dans les deux pays.

Dans les deux cas, a-t-il poursuivi, les richesses de ces nations ont été pillées afin d'imposer la volonté du régime iranien et de ses agents sur les peuples.

En Iran, le régime utilise les ressources nationales pour renforcer le CGRI, a-t-il continué, soulignant que les milices qui lui sont affiliées agissent de même en Irak.

Les deux nations souffrent sous le poids des mêmes fardeaux économiques, a-t-il ajouté, notamment une corruption endémique, le chômage et la faiblesse des services publics.

Parallèlement, le régime iranien entrave les libertés de son peuple, les milices pro-iraniennes sapent l'État de droit en Irak, entretiennent les troubles et terrorisent les Irakiens par leur violence, a-t-il expliqué.

Leur objectif est de dominer et de contrôler les affaires irakiennes et de les façonner selon la volonté de l'Iran, a poursuivi al-Sinjari.

Ces manifestations ont franchi toutes les lignes rouges tracées par le régime iranien et ses agents, a-t-il ajouté, les manifestants affirmant désormais sans crainte au régime et à ses milices qu'ils exigent la fin des assassinats et du pillage de leurs richesses.

Les manifestants irakiens à Bagdad et dans le sud ont brûlé des photos du guide suprême iranien Ali Khamenei et du commandant de la force al-Qod du CGRI Qassem Soleimani, a-t-il indiqué.

Par ailleurs, une vidéo qui circule en ligne montre des manifestants iraniens dans les quartiers sud de Téhéran brûlant des images de Khamenei.

Violente répression des manifestations

En Irak, les milices pro-iraniennes ont réprimé des manifestants irakiens non armés, a expliqué à Diyaruna le politologue Ghanim al-Abid.

Les manifestants ont été visés par des snipers, enlevés ou tués, et plusieurs journalistes qui couvraient ces manifestations ont été interpellés, a-t-il poursuivi.

En Iran, le régime s'appuie sur la force paramilitaire Basij et d'autres forces associées au CGRI pour réprimer les manifestations par la force.

Les manifestants sont poursuivis et arrêtés et dans certains cas assassinés, tandis que le blocage de l'internet continue de restreindre les libertés des personnes, a-t-il ajouté.

Comme l'estime al-Abid, c'est la nature-même de ces manifestations qui entraîne cette réaction violente de la part du régime iranien et de ses agents contre les manifestations en Irak et en Iran.

Ce sont des mouvement spontanés et non partisans par essence, qui portent des slogans clairs dénonçant les activités mal intentionnées du CGRI et des groupes qui lui sont fidèles, a-t-il indiqué.

Ces actions de protestation ont aussi une nature patriotique et expriment des aspirations communes, a-t-il indiqué, soulignant que les Irakiens souhaitent s'assurer un avenir sans milices pro-iraniennes, tandis que les Iraniens veulent rompre avec la poigne de fer du régime.

Les Irakiens n'ont aucun sentiment d'inimitié vis-à-vis du peuple iranien, a souligné al-Abid.

Leur animosité est bien plus dirigée contre le régime iranien, a-t-il précisé, dont ils considèrent qu'il viole la souveraineté de leur pays et leur fait du tort, bien plus qu'il ne les respecte en tant que voisins.

Le peuple d'Iran est également victime de la politique de ce régime, a-t-il conclu.

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