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La France engagée dans son partenariat avec l'Irak, selon des responsables

Khalid al-Taie

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Le Premier ministre irakien Adel Abdel Mahdi accueille le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian lors de sa visite du 14 janvier à Bagdad. [Photo fournie par les services du Premier ministre]

La France a accentué ses efforts de soutien à l'Irak en renforçant ses liens avec son gouvernement et en fournissant assistance et formation à l'armée irakienne.

Lors d'une visite en Irak le 14 janvier, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a déclaré au Premier ministre irakien Adel Abdel Mahdi que les deux pays étaient entrés dans « une nouvelle étape » de leur relation, a rapporté l'AFP.

Durant cette visite de deux jours, Le Drian a rencontré son homologue irakien, le ministre des Affaires étrangères Mohamed al-Hakim, pour parler des relations bilatérales et ouvrir la voie à une visite du président français Emmanuel Macron.

Al-Hakim a salué le rôle vital que la France continue de jouer en aidant l'Irak à lutter contre « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS) dans le cadre de la coalition internationale, et dans les domaines humanitaire, culturel et pédagogique.

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Des soldats irakiens et français effectuent un exercice d'entraînement physique conjoint au quartier général de la 6e division de l'armée irakienne, le 19 janvier. [Photo fournie par le ministère irakien de la Défense]

Pour sa part, Le Drian a souligné l'importance des relations bilatérales entre les deux pays, et a fait part de ses espoirs pour une poursuite du développement et de la coopération dans les domaines économique, sécuritaire, militaire et culturel.

Il a par ailleurs réaffirmé l'engagement total de la France dans le soutien à l'unité, la sécurité et la souveraineté de l'Irak.

Les responsables français sont « bienvenus »

La ministre française de la Défense Florence Parly devrait se rendre en Irak pour y observer les progrès des formateurs français qui s'efforcent d'améliorer la disponibilité au combat des soldats irakiens.

Cette visite sera la démonstration du « niveau de l'engagement français à soutenir l'Irak », a expliqué le représentant de Diyala au parlement irakien Abdoul Khaliq al-Azzawi, membre de la commission du parlement pour la défense et la sécurité.

L'Irak accueille favorablement les visites de responsables français, « car les Français ont eu un impact positif sur la sécurité et la prospérité de notre pays », a-t-il ajouté pour Diyaruna.

« Nous avons toujours considéré la France comme un pays ami qui nous a fortement soutenus dans notre lutte et notre victoire sur l'EIIS », a-t-il ajouté. « Elle a et continue de jouer un rôle important pour nous aider à traquer et à battre les éléments terroristes. »

La France a aidé l'Irak par une formation militaire, a-t-il poursuivi, soulignant que « les Français continuent de contribuer fortement à la constitution de l'armée irakienne et à ses capacités de combat afin qu'elle soit en mesure de protéger le pays et de maintenir sa stabilité ».

L'artillerie française joue pour sa part « un rôle important et vital » dans l'Anbar, a expliqué à Diyaruna Naeem al-Koud, le président de la commission pour la sécurité au conseil provincial.

Les frappes que l'artillerie française a effectuées contre des cibles de l'EIIS en Syrie dans le cadre du mandat de la force d'intervention Wagram ont affaibli le groupe et sont « aujourd'hui considérées comme les lignes de défense à la frontière les plus importantes », a-t-il expliqué.

Cette présence indique clairement que les Français « continuent de respecter leur engagement à combattre le terrorisme et à apporter leur soutien à l'armée irakienne », a-t-il ajouté.

Aider l'Irak à reprendre des forces

L'Irak a des liens historiques avec la France et « les Irakiens apprécient ses positions positives concernant les affaires de notre pays », a expliqué Issam al-Fayli, professeur de sciences politiques à l'Université al-Mustansiriyah.

« Ils se rappellent encore comment la France n'avait pas hésité à leur apporter un soutien lorsque l'EIIS avait attaqué leurs villes », a-t-il ajouté pour Diyaruna.

Depuis 2014, la France a contribué à amoindrir les capacités de l'EIIS en ciblant ses quartiers généraux et ses fortifications par des frappes aériennes et des tirs d'artillerie au sol, et a fourni des renseignements aux forces irakiennes sur les mouvements des éléments de l'EIIS.

L'armée française a déployé 1 200 soldats dans le cadre des efforts anti-EIIS, via des opérations aériennes, des frappes d'artillerie et la formation de l'armée irakienne.

Les visites de responsables français à Bagdad sont autant d'indications claires que la France poursuit sa politique de soutien à l'Irak, afin que le pays puisse regagner sa force et sa souveraineté », a expliqué al-Fayli.

« Le principal objectif de la France est de constituer une force de combat irakienne suffisamment entraînée qui possède les compétences et les connaissances nécessaires pour utiliser des technologies de combat modernes lors de guerres intelligentes, et la capacité d'infiltrer et de démanteler les réseaux ennemis », a-t-il ajouté.

Al-Fayli a fait part de son espoir que ces visites et ces rencontres déboucheront sur des accords militaires et des protocoles de coopération, et « qu'un centre opérationnel conjoint pour l'échange d'informations et d'expertise de sécurité sera mis en place ».

Les deux pays travaillent également à « solidifier un partenariat économique fort » qui soit aligné sur les objectifs de l'Irak, qui consistent à développer les villes libérées de l'EIIS, a-t-il ajouté.

En 2017, la France avait consenti à l'Irak un prêt de 430 millions d'euros (512 millions USD) pour l'aider à mettre en œuvre ses réformes et à améliorer les services publics.

Lors de sa récente visite, Le Drian a annoncé que la France accordera un nouveau prêt d'un milliard d'euros (1,1 milliard USD) sur les quatre prochaines années pour aider l'Irak à se reconstruire dans la période post-EIIS, a rapporté l'AFP.

« Les entreprises françaises sont absolument disposées à contribuer à la reconstruction de l'Irak », a conclu Le Drian.

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