Politique

Macron soutient la souveraineté de l'Irak lors de sa première visite à Bagdad

Khalid al-Taie et l'AFP

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Le président français Emmanuel Macron (à gauche) et le Premier ministre irakien Moustafa Kadhemi, masqués en raison de la pandémie de coronavirus, donnent une conférence de presse commune à Bagdad le 2 septembre. [Gonzalo Fuentes/AFP]

Le président français Emmanuel Macron a rencontré le premier ministre irakien Mustafa Kadhemi lors de sa première visite officielle à Bagdad mercredi 2 septembre, où il a souligné la souveraineté de l'Irak dans un contexte de tensions régionales croissantes.

Venant directement d'un déplacement de deux jours au Liban, pays frappé par la crise, Macron est le leader mondial le plus important à avoir visité l'Irak depuis l'arrivée au pouvoir de Kadhemi en mai.

Cette visite a pour but de « lancer une initiative aux côtés de l'ONU pour soutenir un processus de souveraineté », a annoncé Macron lors de sa dernière soirée à Beyrouth.

À Bagdad, il a exprimé son soutien à son homologue irakien Barham Saleh pour aider l'Irak à combattre les cellules dormantes de « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS) et à résister aux ingérences étrangères.

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Le président irakien Barham Saleh a rencontré la ministre française des forces armées Florence Parly à Bagdad le 27 août. [Photo fournie par le bureau de la présidence irakienne]

« L'Irak traverse une période difficile depuis plusieurs années, avec la guerre et le terrorisme », a indiqué Macron.

« Vous avez une transition à mener. La France sera à vos côtés pour que la communauté internationale puisse vous aider », a-t-il ajouté.

Renforcer la souveraineté de l'Irak

La France a redoublé ses signes de soutien au cours des derniers mois tumultueux.

La ministre française des Forces armées, Florence Parly, a organisé des discussions à Bagdad le 27 août, s'engageant à maintenir le soutien dans la lutte de l'Irak contre les éléments restants de l'EIIS.

Le diplomate Jean-Yves Le Drian, le seul ministre à accompagner Macron du Liban, s'était rendu en Irak en juillet, où il avait exhorté Bagdad à « se dissocier des tensions régionales ».

La semaine dernière, Macron a insisté sur le fait que « la lutte pour la souveraineté de l'Irak est essentielle ».

Il a déclaré que les Irakiens, qui avaient « tant souffert », méritaient d'autres options que la domination par des puissances régionales ou des extrémistes.

Ali al-Shukry, chef du conseil consultatif du bureau de la présidence irakienne, a indiqué que la visite de Macron mardi était axée sur le renforcement de la coopération économique, culturelle et sécuritaire entre l'Irak et la France.

Il a ajouté que la France « soutiendra tous les efforts officiels visant à renforcer la souveraineté irakienne et traitera l'Irak comme un pays totalement souverain ».

Soutien continu contre l'EIIS

La visite de Macron en Irak est « historique » et servira à renforcer les liens entre les deux pays, notamment dans la lutte contre les restes de l'EIIS, a affirmé à Diyaruna Issam al-Fayli, professeur de sciences politiques à l'université al-Mustansiriyah.

La France, comme chacun le sait, a joué un rôle de premier plan dans la guerre contre l'EIIS et continue de fournir un soutien aux forces irakiennes, a-t-il poursuivi.

Compte tenu du danger permanent que représentent les membres restants du groupe, il est devenu urgent de renforcer la coopération en matière de sécurité avec la France pour s'assurer que les activistes ne s'implantent pas à nouveau, a-t-il ajouté.

Cette visite permettra probablement d'accroître la coordination pour traquer les réseaux mondiaux et les financiers de l'EIIS, a déclaré al-Fayli, notant que l'Irak possède désormais une énorme base de données sur les cellules de l'EIIS.

Il a également souligné que l'Irak a besoin de l'expertise française pour améliorer les performances de ses forces de sécurité.

La visite indique que la France soutient les efforts du gouvernement irakien pour protéger sa souveraineté, et affirme le statut et le rôle de l'Irak dans la réalisation de la stabilité régionale, a-t-il déclaré.

La France cherche également à développer ses liens économiques avec l'Irak, en stimulant les investissements dans les secteurs de l'énergie et des infrastructures du pays, a fait savoir al-Fayli.

La France veut construire une relation stratégique avec l'Irak qui « renforcera la présence de ses sociétés d'investissement et leur contribution au processus de reconstruction », a-t-il conclu.

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