Terrorisme

Sentiments de honte et de regret chez les éléments de l'EIIS après leur capture

Hassan al-Obeidi à Bagdad

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Cette photo prise le 27 octobre montre la mosquée al-Nouri de Mossoul fortement endommagée dans cet ancien bastion de l'EIIS dans le nord de l'Irak, où l'ancien leader du groupe Abou Bakr al-Baghdadi s'adressait jadis à ses partisans avant que le groupe ne soit chassé de la région en 2017. [Zaid al-Obeidi/ AFP]

Un an après avoir été arrêté dans le désert de l'Anbar lors d'une opération iranienne bénéficiant d'une couverture aérienne de la coalition, Talib Jasim Fayyad, soupçonné appartenir à « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS) pourrait encore recevoir la visite de membres de sa famille.

Mais il explique n'en attendre aucune.

« Ma femme et mes enfants ne veulent pas que les gens sachent que je suis lié à eux, et c'est la raison pour laquelle ils ont changé d'adresse. »

« Aucun d'eux n'est venu me voir et ils ne demandent pas de mes nouvelles », a-t-il raconté à Diyaruna.

Fayyad, également connu comme Abou Taha, est actuellement détenu dans l'attente de l'enquête sur les crimes qu'il a commis pour le compte de l'EIIS entre 2014 et 2018 dans l'Anbar et dans le sud de Bagdad.

Il devrait être condamné à la peine capitale après avoir reconnu sa participation aux combats contre les forces irakiennes qui ont entraîné la mort de plusieurs membres de la sécurité.

Abou Taha a également été impliqué dans la saisie de maisons et de biens appartenant à des Irakiens que l'EIIS avait qualifiés de kouffar (infidèles), estimant que cette confiscation de leurs biens était autorisée.

« Il n'y a pas beaucoup à dire », a-t-il expliqué. « J'étais un idiot sans cervelle et j'aimerais qu'il soit possible de remonter le temps de quelques années. »

« Nous étions noyés dans la haine et la rancœur, que nous avions développées dans un cadre religieux », a-t-il ajouté. « C'est la vérité. »

« Cela a occasionné des désastres pour beaucoup et nous avons fait des choses que ni Dieu ni l'islam ne nous commandaient de faire, mais que nous avions faussement attribué à l'islam », a-t-il poursuivi.

« La honte ne saurait exprimer ce que je ressens », a ajouté Abou Taha.

Honte et remords

« La repentance ou la confession ne sauraient changer la réalité de ce que ces prisonniers ont commis, et la loi est claire quant à la punition prononcée à l'encontre de ceux qui ont été impliqués dans des crimes terroristes », a expliqué le juge Ali Awni al-Abadi, du tribunal d'instruction d'al-Rasafa à Bagdad.

Beaucoup d'entre eux s'effondrent au tribunal ou lors de leur interrogatoire, d'autres expriment du remords et affirment qu'ils souhaiteraient pouvoir changer le passé et remonter le temps, a-t-il indiqué à Diyaruna, « et malheureusement, la plupart sont des hommes jeunes ».

C'est la raison pour laquelle les peines prononcées à l'encontre de ceux qui ont été impliqués dans des activités de recrutement sont plus sévères que celles prononcées à l'encontre des recrues, a-t-il poursuivi.

« Les attaques terroristes de l'EIIS ont causé la mort d'innocents et ont détruit des dizaines de milliers de familles irakiennes, condamnant les femmes au veuvage et faisant des enfants des orphelins, et tous ces criminels doivent être punis », a ajouté al-Abadi.

« Ce que nous voyons et entendons de ces terroristes au tribunal est que bien qu'ils aient confessé leurs crimes, ils éprouvent toujours la honte et la disgrâce », a-t-il précisé.

« Un message aux générations futures »

Les médias devraient diffuser les confessions des éléments de l'EIIS arrêtés et leurs manifestations de remords et de pénitence pour leurs actes, a expliqué le député Mohammed Rida, président de la commission parlementaire pour la défense et la sécurité.

« Nous voyons ces confessions comme des messages adressés aux futures [générations] qui réfutent tout projet terroriste enraciné dans la haine, le meurtre, le sang et la revanche », a-t-il affirmé à Diyaruna.

Ces confessions montrent que « la rhétorique de l'EIIS, d'al-Qaïda et de n'importe quel autre groupe terroriste est celle de renards trompeurs, dont l'absurdité a été exposée au grand jour », a-t-il ajouté.

Le recrutement et la machine à revenu de l'EIIS se sont presque totalement arrêtés, alors que certains éléments désavouent le groupe et fuient ses rangs, a expliqué l'analyste Fouad Ali, spécialiste des groupes extrémistes.

« Cela s'observe également sur les plateformes de réseaux sociaux, où certains comptes autrefois favorables au groupe ou qui considéraient que ses idées étaient similaires aux leurs, ont revu leurs positions et aujourd'hui critiquent, attaquent et raillent l'EIIS », a-t-il ajouté pour Diyaruna.

Ils l'accusent d'apporter des calamités pour les sunnites irakiens et d'avoir assassiné de très nombreux sunnites en Irak et en Syrie sous des prétextes faux et frauduleux, a-t-il conclu.

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O mon Dieu, sauvez l'Irak!

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