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Terrorisme

Le vrai visage des éléments de l'EIIS dans l'est de la Syrie

Waleed Abou al-Khair au Caire

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Des hommes soupçonnés d'être des éléments de l'EIIS fouillés par un membre des Forces démocratiques syriennes (FDS) après avoir quitté le dernier bastion de l'EIIS dans al-Baghouz, dans la province de Deir Ezzor, dans le nord de la Syrie, le 27 février. [Delil Souleiman/AFP]

Les émirs et les éléments de « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS) cherchent à sauver leur vie à tout prix, en utilisant les civils dans les régions encore sous leur contrôle comme boucliers humains ou monnaie d'échange,ont expliqué à Diyaruna des Syriens qui ont réussi à fuir le groupe.

Soufian al-Hellani, un habitant d'al-Raqqa, a raconté que l'EIIS l'avait contraint à rejoindre ses rangs avant de quitter la ville.

« Lorsque l'EIIS a pris le contrôle de la région d'al-Raqqa, ses éléments se sont présentés comme protecteurs des civils venus pour les libérer du régime [syrien] », a-t-il déclaré à Diyaruna.

Ils ont exploité les penchants religieux des habitants pour les endoctriner en utilisant de « fausses fatwas et des slogans trompeurs », a-t-il poursuivi. « Mais dès le début de la bataille d'al-Raqqa et dès que le groupe a commencé à subir des pertes, ils ont affiché un tout autre visage. »

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Des enfants quittent la dernière enclave de l'EIIS dans le village d'al-Baghouz, dans la province de Deir Ezzor, le 22 février. L'EIIS a utilisé des enfants et des civils comme boucliers humains contre les forces qui les attaquaient. [Photo diffusée sur les réseaux sociaux]

Combattants et émirs de l'EIIS ont arrêté de se mêler aux civils et se sont retranchés sous terre, a-t-il indiqué, « s'emparant de toute la nourriture qui leur tombait sous la main ».

Lors des combats pour libérer al-Raqqa, les éléments de l'EIIS forcèrent les hommes qu'ils avaient capturés à aller se battre en première ligne pour y mourir, a-t-il poursuivi.

Parfois, ils utilisèrent les vies civiles pour négocier leur sortie vers d'autres zones avec les forces de libération, a-t-il ajouté.

Même les étrangers qui réussirent à s'échapper racontèrent avoir été séduits par les descriptions en ligne de la vie sous l'EIIS, qui s'avérèrent bien différentes de la réalité qu'ils découvrirent à leur arrivée dans le proto-État du groupe.

« Il est impossible de faire confiance » aux éléments de l'EIIS

« Il est impossible de faire confiance » aux émirs et aux éléments de l'EIIS, a déclaré Mohsen Mohammed al-Jubouri, un civil récemment enfui du village d'al-Baghouz, dans la province de Deir Ezzor.

« Leur sécurité, leur vie et leur argent sont les seules choses qui leur importent », a-t-il expliqué à Diyaruna, ajoutant que le groupe considère les civils comme « un simple bouclier destiné à les protéger des frappes aériennes et des attaques ».

Al-Jubouri a ajouté que les éléments de l'EIIS l'avaient empêché de s'enfuir vers une zone plus sûre.

Il avait été détenu avec d'autres civils pendant environ deux semaines, a-t-il poursuivi, jusqu'à ce que ces éléments s'enfuient, ce qui avait alors permis à son groupe de s'échapper vers des zones contrôlées par les FDS.

« Ce fut un miracle que nous parvenions à partir sains et saufs, du fait du très grand nombre de mines que le groupe avait enterrées pour empêcher ou retarder la progression des unités des FDS », a continué al-Jubouri.

Les unités de combat des FDS l'avaient protégé lui et les autres alors qu'ils tentaient de fuir la zone, et les avaient aidés à échapper au danger des mines et des tiers de snipers, a-t-il ajouté.

Les civils sont « de simples monnaies d'échange »

Selon les civils qui ont réussi à fuir le dernier bastion du groupe dans Deir Ezzor, les éléments de l'EIIS considéraient les civils comme « de simples monnaies d'échange et rien de plus », a expliqué l'activiste local Jamil al-Abed à Diyaruna.

Les vies civiles « ne représentent rien pour eux, si ce n'est un moyen d'obtenir un peu de nourriture ou un moyen de négocier une sortie vers d'autres zones », a-t-il ajouté.

Assiégés par les FDS dans leur dernière poche de territoire à l'est de l'Euphrate, les éléments de l'EIIS ont affiché leur véritable nature, a précisé al-Abed.

Les combattants de l'EIIS abandonnèrent même leurs femmes et leurs enfants, a-t-il raconté, ajoutant que de nombreuses femmes irakiennes, syriennes et étrangères avaient été abandonnées à leur sort à l'approche des FDS, accompagnées de jeunes enfants trop jeunes pour prendre les armes.

Nombre de ces femmes avaient été mariées de force à des membres de l'EIIS, a-t-il ajouté, soulignant que le groupe avait contraint leurs familles à les marier à ses combattants « ou les y avaient incitées par de l'argent, en tirant avantage de leur mauvaise situation financière ».

Un grand nombre de ces femmes se sont rendues, a-t-il poursuivi, et se trouvent aujourd'hui dans des camps construits spécialement pour les accueillir.

Parmi les derniers groupes de civils à quitter al-Baghouz se trouvaient de grands nombres d'enfants, a expliqué al-Abed, ce qui montre clairement que « la religion n'était qu'une simple façade » pour les combattants de l'EIIS, qui utilisaient manifestement ces enfants comme boucliers humains pour se protéger contre les forces qui les attaquaient.

Un repenti révèle la vérité sur l'EIIS

Ces deux dernières années, depuis le début des combats pour la libération contre l'EIIS en Irak et en Syrie, de nombreux combattants du groupe ont été arrêtés ou se sont repentis de leurs actes.

Fin 2017, un combattant de l'EIIS qui avait été capturé avait révélé lors d'un entretien exclusif avec Diyaruna sa désillusion envers le groupe.

Barakat Hussein Mahmoud, 24 ans, avait été arrêté dans la région désertique de Kilo 160, à l'ouest de Ramadi, après une attaque lancée par les troupes irakiennes contre un site de l'ISIS, au cours de laquelle de nombreux éléments du groupe avaient été abattus ou avaient dû s'enfuir.

Les compères de Mahmoud l'avaient abandonné après qu'il eut été blessé à la jambe lors de cette attaque.

Après avoir reçu un traitement, il avait été transféré dans une prison de Ramadi, où il avait raconté à Diyaruna avoir commis de nombreux crimes lorsqu'il était membre de l'EIIS et avoir détruit de nombreuses familles irakiennes.

Mahmoud avait expliqué que le groupe tuait des Irakiens sunnites, que l'EIIS prétendait être venu protéger, plus que tout autre groupe.

« Ils nous expliquaient qu'il valait mieux tuer des sunnites qui désobéissaient ou s'opposaient au groupe que de tuer nos ennemis, car c'était un risque intérieur qui menaçait le califat », avait-il déclaré.

« [Les combattants de l'EIIS] n'étaient rien d'autre que des menteurs. Tout cela n'était que des slogans. Ils voulaient le pouvoir, rien de plus, et ils se cachaient derrière une image de piété et de dévotion. »

« Mais ils ne peuvent juger personne parce que ce sont des brutes sans merci, et j'étais l'un d'entre eux. Je suis devenu comme ça, sans pitié et sans aucun sentiment humain », a-t-il conclu.

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2 COMMENTAIRE (S)
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C'est ce qu'ils ont fait à Mossoul. Que Dieu les maudisse !

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Le régime des mollahs [d’Iran] est l’autre face de la pièce de l'EIIS. Ils ont rabaissé et affaibli le peuple iranien. Ils abattent des gens dans les pays voisins. Ils défendent des groupes terroristes tels que Hash al-Shabi. Ils détruisent la vie et l'honneur des gens. Ils ne renoncent à aucun acte honteux pour rester au pouvoir, car ils n’ont pas d’autre endroit où aller. Ils ont frustré le monde Ils sont plus illégitimes que l'illégitimité même. Ils n'ont même pas le moindre lambeau d'humanité. Les militants de l'EIIS ne sont qu'une menace mineure pour l'humanité quand ils sont comparés à Khomeiny et à ses voyous. Ils sont une bande de racistes grossiers. Ils devraient également être complètement éradiqués, comme ce fut le cas avec le virus de la polio.

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