Droits de l'Homme

Un convoi de Jaish al-Islam venant de Douma arrive dans le nord de la Syrie

Waleed Abou al-Khair au Caire

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Le premier groupe de prisonniers relâchés par la faction d'opposition Jaish al-Islam est accueilli à son arrivée à Damas. Leur libération fait partie d'un accord de cessez-le-feu dans la ville de Douma, dans la Ghouta orientale. [Photo fournie par Bahaa al-Sahli]

Des éléments de Jaish al-Islam et leurs familles sont arrivés mardi 10 avril dans le nord de la Syrie à bord d'un convoi venant de Douma, dans le cadre d'un accord prévoyant leur évacuation en échange de la libération de dizaines d'otages favorables au régime.

Cet accord a été conclu dimanche, un jour après qu'une attaque chimique présumée a fait 48 victimes à Douma, ce qui a provoqué un tollé mondial et des appels à une enquête impartiale et indépendante sur cet incident.

Des analystes indiquent que le régime peut avoir choisi de lancer une attaque au gaz de chlore pour éviter d'autres pertes lourdes parmi ses troupes et afin de s'assurer que Jaish al-Islam quitte Douma selon les conditions dictées par Damas, a rapporté l'AFP.

« Plutôt que de s'engager davantage dans Douma et de subir des pertes, une attaque à l'arme chimique a été utilisée pour semer la terreur parmi la population, qui soutient Jaish al-Islam », a expliqué l'analyste syrien Nick Heras.

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Des bus transportant des éléments de Jaish al-Islam et leurs familles de la ville de Douma, près de Damas, vers la ville de Jarablus, dans la province d'Alep, traversent le passage d'al-Wafideen dans la Ghouta orientale. [Photo fournie par Bahaa al-Sahli]

Cinquante bus transportant des éléments de Jaish al-Islam sont arrivés dans les villes d'Azzaz et de Jarablus, dans la province d'Alep, après qu'un comité civil, chargé par les habitants de Douma de négocier avec le régime, a réussi à conclure un accord de cessez-le-feu final.

Cet accord exigeait que Jaish al-Islam, qui est la plus importante faction d'opposition dans la zone et qui contrôle Douma, relâche des dizaines de prisonniers, de civils et de combattants favorables au régime, dont certains étaient détenus depuis plus de trois ans.

En échange de leur libération, les éléments de Jaish al-Islam, leurs familles et les civils qui souhaitaient quitter cette ville de la campagne de Damas ont été autorisés à se rendre vers le nord, dans la ville de Jarablus.

Tensions et retards

Le convoi des combattants de Jaish al-Islam et leurs familles a été retardé après que les bus ont été rassemblés au passage d'al-Wafideen, a rapporté à Diyaruna le militant humanitaire local Bahaa al-Sahli.

« Les tensions ont augmenté dans la région après que des fidèles du régime ont proféré des menaces et que des rumeurs ont couru indiquant que le convoi serait attaqué alors qu'il passerait à travers des zones contrôlées par le régime lors de son trajet vers le nord de la Syrie », a-t-il déclaré.

« Les forces du régime et les civils favorables au régime sont devenus furieux lorsqu'ils ont appris que seulement soixante-quinze détenus étaient arrivés dans un stade de Damas après leur libération à Douma », a-t-il poursuivi.

Le régime avait dit qu'il y avait plus de cinq mille prisonniers, a-t-il précisé, ce qui semblait être une tentative de cacher le nombre de personnes tuées dans les combats.

« Le convoi n'a repris sa route qu'après l'obtention de solides garanties sur la sécurité des passagers », a rapporté al-Sahli.

Ce dernier accord en date est similaire à celui qui avait débouché sur une impasse fin mars, a-t-il fait remarquer.

Celui-ci stipulait que la ville serait administrée conjointement par un comité civil composé d'habitants de Douma, en partenariat avec un comité représentant les institutions du régime.

Les habitants de la ville auraient reçu le choix entre garantir leur statut de sécurité avec le régime ou quitter la ville en direction du nord dans un délai de six mois, a-t-il indiqué.

Selon les conditions de l'accord, le non-harcèlement des habitants par les agences de sécurité serait garanti par la Russie, qui a parrainé l'accord, et la police militaire serait déployée dans la ville et ses environs pour assurer la sécurité des habitants.

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