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Terrorisme

Daech continue de recruter et de former des enfants soldats

Par Waleed Abou al-Khair au Caire

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« L'État islamique » entraîne des enfants à devenir des combattants, alors même qu'il enregistre plusieurs défaites et que ses combattants adultes désertent ou meurent au combat. [Photo fournie par Mohammed al-Abdoullah]

Les enfants que « l'État islamique » (Daech) appelle les « lionceaux du califat » ont disparu de la ville syrienne d'al-Raqqa alors que les forces de libération se rapprochent de ce bastion du groupe, expliquent des habitants à Diyaruna.

Dans le même temps, le groupe a ouvert d'autres « écoles de lionceaux » dans la région rurale de Damas, où il forme d'autres enfants à devenir des combattants.

Cette initiative a été largement vue comme une tentative de conserver la réserve humaine qui permettra à l'avenir à Daech de mener ses opérations terroristes, même si sa présence réelle sur le terrain est en passe d'être éradiquée.

« Les enfants soldats de Daech, que l'on voyait parfois auparavant arpentant les rues avec leurs armes, ont désormais disparu d'al-Raqqa », a raconté Amjad al-Mohammed, un habitant de la ville utilisant un pseudonyme pour des raisons de sécurité.

Ces enfants, de diverses nationalités, étaient logés dans des camps situés dans les faubourgs de la ville, a-t-il expliqué à Diyaruna.

Certains sont orphelins, rassemblés par les éléments de Daech dans différentes régions de Syrie, a-t-il poursuivi, tandis que d'autres ont été remis au groupe par leurs parents en échange d'une somme d'argent, pour devenir « les combattants de l'avenir ».

Al-Mohammed a précisé être en mesure de confirmer que nombre de ces enfants ont été envoyés sur le front dans la campagne d'al-Raqqa pour y combattre les Forces démocratiques syriennes (FDS).

Ce transfert est destiné à « compenser le déficit en nombre dont souffre le groupe », a-t-il déclaré, soulignant que plusieurs de ces enfants n'avaient été entraînés dans les camps des « lionceaux du califat » que pendant quelques semaines.

Il est clair que le groupe utilise ces enfants et d'autres qu'il a emprisonnés sous divers prétextes pour compenser la baisse du nombre de ses combattants, a-t-il estimé.

« Ces jeunes sont arrêtés pour divers motifs et transportés directement vers des zones dangereuses pour y mener des missions logistiques, comme par exemple creuser des tranchées, transporter du matériel et des équipements ou apporter de la nourriture aux combattants sur le front », a-t-il ajouté.

Ils s'en prennent aux parents et aux enfants

Alors que la bataille pour al-Raqqa se prépare et que les camps d'entraînement dans la région sont forcés de fermer, le groupe a ouvert une école pour former des enfants soldats à Hajar al-Aswad, au sud de Damas, a expliqué l'activiste Tariq Abdo.

Selon Abdo, cofondateur de l'initiative « Stop au recrutement ou à l'utilisation d'enfants dans les combats armés en Syrie », le groupe s'efforce de promouvoir sa nouvelle école par le biais de visites à domicile.

Sur la base de ses documents publicitaires et des informations fournies par certains des parents que Daech a tenté de persuader d'envoyer leurs enfants, l'école accepte les enfants de douze ans et ceux qui ont terminé leur éducation élémentaire.

Ces enfants doivent rester dans cette école environ deux ans, à la suite de quoi ils obtiennent un diplôme de combattant, après avoir suivi des cours sur la charia, les sciences militaires et d'autres sujets.

Dans le cadre de sa campagne de promotion, a poursuivi Abdo, le groupe affirme que le but de cette école est de former « une nouvelle génération de combattants pour défendre les musulmans ».

Recruter des enfants et leur inculquer une idéologie déviante « est un très grave problème qui doit être traité et combattu », a expliqué le général Abdoul Karim Ahmed, ancien officier de l'armée égyptienne et spécialiste des groupes terroristes.

« Ces garçons seront transformés en bombes mobiles qui peuvent exploser au moment où ils en recevront l'ordre, même si la présence effective du groupe en Syrie est éradiquée », a-t-il déclaré à Diyaruna.

Il est nécessaire d'obtenir une liste complète des noms de ces enfants, de leur nationalité ou de leur lieu de naissance, afin de pouvoir les retrouver et assurer leur réinsertion, a-t-il poursuivi, soulignant qu'il est impossible de savoir quelles catastrophes ils pourraient déclencher dans le cas contraire.

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