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Économie |

L'Irak aide les agriculteurs des régions libérées à vendre leurs récoltes

Par Khalid al-Taie

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Un camion est chargé de blé qui sera vendu à Diyala grâce à une initiative du ministère de l'Agriculture destinée à faciliter la vente des produits provenant des régions libérées. [Photo fournie par la page Facebook de Diyala Media]

L'Irak s'efforce de raviver la production agricole dans les régions libérées du contrôle de « l'État islamique en Irak et au Levant » (EIIL) et de développer la production nationale de céréales stratégiques comme le blé et l'orge.

Dans une directive publiée le 22 juin, le ministère de l'Agriculture a annoncé qu'il allait faciliter la réception du blé et de l'orge des agriculteurs des régions libérées en ouvrant des silos qui serviront de lieux de collecte et de commercialisation.

Deux grands marchés ont ainsi été ouverts à Zammar et Rabia, dans la province de Ninive, et des efforts sont en cours pour en ouvrir de nouveaux dans d'autres régions libérées, a expliqué à Mawtani Hamid al-Naif, porte-parole du ministère.

En Irak, la saison de commercialisation du blé et de l'orge s'ouvre typiquement en mai et dure environ trois mois, a-t-il ajouté.

En coordination avec les forces irakiennes, le ministère a assuré le passage sécurisé des camions transportant les récoltes vers ces sites de stockage, et procède à des tests en laboratoire pour garantir la qualité et la fraîcheur des produits à leur arrivée.

Le ministère n'a « ménagé aucun effort »

Le ministère « n'a ménagé aucun effort pour aider les agriculteurs, en particulier ceux des régions libérées, à revitaliser leurs terres et améliorer le niveau de production de toutes les récoltes », a expliqué al-Naif.

« À la lumière de notre stratégie de développement, nous avons fait en sorte qu'ils puissent bénéficier de prêts pour réactiver des projets agricoles », a-t-il ajouté, soulignant que ces prêts sont disponibles pour les récoltes fourragères comme agricoles.

Engrais et aliments pour animaux sont proposés à des prix très réduits, a-t-il poursuivi, en plus des systèmes d'irrigation avancés et des matériels de labour, de fertilisation et de récolte.

Le ministère a également assuré l'alimentation en électricité et en eau pour l'irrigation des projets agricoles, a remis en état les centrales d'irrigation et a nettoyé les canaux et les autres infrastructures agricoles, a ajouté al-Naif.

« Nous sommes en phase d'accélération de la reconstruction et de revitalisation de notre secteur agricole », a-t-il ajouté.

Une production agricole durement touchée

Les combattants de l'EIIL s'étaient emparés de très vastes régions de la province de Diyala en juin 2014, a rappelé à Mawtani le directeur des services provinciaux de l'agriculture Mohammed Najib.

« Les terroristes avaient réussi à faire main basse sur de vastes parties de la province, composées principalement de vergers et de champs agricoles, avant que les forces de sécurité ne puissent les en chasser et libérer l'ensemble du territoire à la fin de cette année », a-t-il poursuivi.

Cette situation avait engendré de très importantes pertes agricoles, a-t-il ajouté, « mais dans le cadre d'efforts conjoints avec le gouvernement local, nous avons réussi à relever de nombreux défis et à rendre vie à l'agriculture de Diyala ».

« Par un travail incessant, nous avons réussi cette année à produire plus de 200 000 tonnes de blé et 35 000 tonnes d'orge », a précisé Najib.

« Ces quantités, qui sont maintenant vendues à des entrepôts, couvrent l'ensemble des besoins de la province », a-t-il ajouté.

Différents types de soutien aux agriculteurs

« Nous avançons selon un plan de travail qui s'attache à venir en aide aux agriculteurs avec des semences, du matériel agricole et des engrais, et nous nous apprêtons à leur livrer quelque 40 000 tonnes d'urée et de phosphate diammonique (DAP) », a indiqué Najib, expliquant que ce sont des fertilisants utilisés dans la culture du blé.

Le département assure des quotas d'eau aux fermiers en fonction de programmes de distribution équitables, a-t-il ajouté.

Le programme a commencé à appliquer la décision ministérielle de retarder la collecte des arriérés dus par les agriculteurs qui ont été affectés par les violences de l'EIIL, afin de mieux les encourager à cultiver leurs terres, a-t-il expliqué.

Le député irakien Farid al-Ibrahimi, membre de la commission de l'agriculture du parlement, a qualité cet effort d'aide aux agriculteurs « d'initiative importante pouvant aider à effacer les effets néfastes laissés par le terrorisme sur le secteur agricole ».

Mukhlef al-Azzawi, agriculteur de 64 ans dans le district d'al-Azim, dans la province de Diyala, a expliqué à Mawtani que les services de l'agriculture de sa province avaient consenti des efforts « ardus » pour assurer le succès de la vente de la récolte de blé.

« Ils nous ont aidés à transporter nos récoltes en assurant la sécurité des camions et en facilitant les procédures de test », a-t-il expliqué. « Avant cela, ils nous avaient déjà apporté tout le soutien et toute l'attention nécessaires à la restauration de nos terres. »

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