Médias

Avec la dégradation de sa machine médiatique, l'EIIS ne publie plus que de mauvaises photos et vidéos

Salaam Times

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Cette photo sombre et granuleuse envoyée le 16 novembre montrant un membre de l'EIIS en Irak illustre de manière criante les piètres supports médiatiques que le groupe terroriste produit aujourd'hui, si et quand il est en mesure de le faire. [Archive]

Ces derniers mois, il a été constaté une forte dégradation des canaux de propagande de « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS) sur Telegram et d'autres sites de médias sociaux, la plupart de ces messages ne contenant que du texte et de rares photos et vidéos de très mauvaise qualité.

Cette tendance reflète les pertes croissantes que le groupe a subies au Moyen-Orient, en Afghanistan et dans d'autres parties du monde.

La défaite territoriale de l'EIIS au Moyen-Orient en mars 2019 a été un énorme coup porté au centre névralgique de la propagande du groupe, car nombre de ses principaux opérateurs ou responsables de la propagande ont été tués ou arrêtés après la destruction du prétendu « califat ».

Depuis lors, différentes opérations des services de sécurité et des renseignements ont réduit les capacités techniques du groupe, le privant de la plupart de ses plateformes médiatiques, de sa technologie, de ses vidéographes, techniciens du son et autres responsables de la propagande, en plus de ses autres personnels.

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Cette photo envoyée le 3 novembre par l'EIIS montre deux des trois agresseurs avant une attaque de grande ampleur contre l'université de Kaboul. Il s'agit de l'unique photo de ce massacre publiée par la machine de propagande autrefois sophistiquée du groupe. [Archive]

Les lendemains de plusieurs grosses attaques récentes ont mis en lumière l'usure croissante du fonctionnement publicitaire de ce groupe terroriste en lambeaux.

L'attaque du 2 novembre de l'EIIS contre l'université de Kaboul en est un excellent exemple. Trois terroristes, dont l'un s'est fait exploser, ont déboulé sur le campus, tiré sur les étudiants dans leurs salles de cours et tué au moins 22 personnes.

Dans le passé, les médias de l'EIIS auraient publié de multiples images et vidéos d'une telle atrocité à grande échelle avant, pendant et après.

Aujourd'hui, seules de rares photos

Mais maintenant, avec la forte dégradation de ses capacités médiatiques, la seule photo que le groupe a envoyée est celle de deux des terroristes posant devant la bannière de l'EIIS avant leur opération. Ce message dérisoire suggère que le groupe terroriste n'a plus ni la capacité, ni le matériel ni le personnel pour documenter des attaques en cours.

L'EIIS a revendiqué une attaque similaire survenue le 24 octobre contre le centre éducatif Kawsar-e-Danish dans le quartier Dasht-e-Barchi de l'ouest de Kaboul. Cet attentat suicide a tué 24 personnes et en a blessé plus de 50 autres, pour la plupart de jeunes étudiants.

De la même manière, le groupe n'a là encore envoyé qu'une seule photographie de l'unique auteur avant son opération.

Cette dégradation médiatique n'est nulle part plus apparente qu'en Syrie et en Irak, où le groupe avait jadis la main sur un vaste territoire.

À l'apogée de ce califat autoproclamé, le groupe produisait des photos et des vidéos sophistiquées et de haute qualité.

Comme il ne peut désormais plus donner une illusion de victoire militaire ou vanter son « utopique » califat, le groupe se contente de publier maintenant de simples messages écrits, dont les revendications sont, la plupart du temps, impossibles à vérifier.

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