Terrorisme

L’Irak gèle les avoirs des financiers de l’EIIS

Khalid al-Taie

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L’EIIS recevait de grosses sommes d’argent de diverses sources lorsqu’il contrôlait de vastes territoires en Irak et en Syrie, mais ces sources se sont taries après la répression exercée contre ses membres et ses sources de financement. [Photo diffusée sur Internet]

Le parlement irakien a adopté deux résolutions en juillet pour geler les avoirs de personnes accusées de financer des activités liées au terrorisme.

Ces deux résolutions ont été publiées le 19 juillet par la « Commission parlementaire pour le gel des avoirs des terroristes », et sont entrées en vigueur immédiatement.

Sur la base de la décision de cette commission, les avoirs mobiliers et immobiliers des personnes accusées de financer le terrorisme seront gelés.

La décision du parlement s’est fondée sur les preuves présentées au tribunal d’investigation de Ninive, spécialisé dans les affaires de terrorisme, et est alignée sur les dispositions de la loi irakienne contre le blanchiment d’argent.

Ce sont les plus récentes résolutions adoptées par l’Irak dans le cadre de ses efforts pour limiter les flux d’argent vers les membres de « l’État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS).

« Un pas dans la bonne direction »

Sur la base du premier mandat, les avoirs de 200 personnes vont être gelés. Le second se concentre sur le gel des avoirs de deux individus, Saad Hassan Rashash al-Rawi et Dawoud Salman Hussain al-Kubaisi.

Amir al-Saidi, chercheur en politique et stratégie, a expliqué à Diyaruna que ces nouveaux mandats soulignent les efforts du gouvernement pour suivre les sources de financement des terroristes de l’EIIS et sont « un pas dans la bonne direction ».

Ces dernières années, l’Irak a adopté plusieurs résolutions visant à geler les avoirs d’un « nombre important de personnes morales et physiques » qui financent le terrorisme, a-t-il fait savoir, notant que cela avait été rendu possible grâce à l’aide des États-Unis et de la coalition internationale.

Les services de sécurité irakiens ont ainsi réussi à traquer et capturer plusieurs cellules qui fournissaient de l’argent aux terroristes, entraînant des millions de dollars de pertes pour l’EIIS, a déclaré al-Saidi.

Beaucoup d’intermédiaires et d’entreprises agissent en Irak et dans d’autres pays pour faciliter les transferts d’argent ou les échanges de devises pour l’EIIS, a-t-il rapporté. Certaines sociétés utilisent des organisations caritatives comme façade pour financer les activités du groupe.

Une coopération mondiale est nécessaire

Al-Saidi a déclaré que la communauté internationale doit coopérer avec l’Irak pour continuer à traquer les agents de l’EIIS, ajoutant que bien que le financement ne puisse être totalement arrêté, il pourrait être limité par le contrôle des transferts bancaires et des transactions sur le marché noir.

Issam al-Fayli, professeur de sciences politiques à l’Université al-Mustansiriyah, a indiqué à Diyaruna que les lois visant à geler les avoirs des terroristes ont ciblé un nombre important de financiers et de réseaux liés au financement du terrorisme.

L’Irak a aujourd’hui atteint un stade avancé dans la traque et le démantèlement des réseaux et individus qui soutiennent l’EIIS, a-t-il déclaré.

« Il existe une collaboration remarquable menée par le Trésor américain et rejointe par d’autres partenaires internationaux pour mettre fin au financement des terroristes », a-t-il ajouté.

Mi-juillet, le Trésor américain a publié une déclaration indiquant que les sept pays membres du Centre de lutte contre le financement du terrorisme (TFTC), les États-Unis et des pays du Golfe, avaient conjointement désigné six cibles affiliées à l’EIIS.

Ces désignations visaient trois entités et une personne situées en Turquie et en Syrie qui ont fourni une aide financière et logistique essentielle à l’EIIS, ainsi qu’une organisation basée en Afghanistan, la Nejaat Social Welfare Organisation, et son directeur.

Abdoul Rahman al-Mashhadani, professeur d’économie internationale à l’Université al-Iraqiya, a expliqué à Diyaruna que l’EIIS tente de devenir autosuffisant face aux efforts visant à couper les fonds des réseaux qui l’alimentent.

Le groupe terroriste dispose également de sources de financement traditionnelles et locales, a-t-il expliqué, notamment le chantage aux agriculteurs et les enlèvements contre rançon dans les régions éloignées.

Cependant, a-t-il poursuivi, les revenus provenant de ces sources sont limités et ne sont pas comparables à la fortune que l’EIIS avait accumulé lorsqu’il contrôlait de vastes régions en Irak et en Syrie.

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