Sécurité

L’accord entre Damas et Téhéran « pourrait alimenter les tensions en Syrie »

Waleed Abou al-Khair au Caire

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Le ministre syrien de la Défense, Ali Abdoullah Ayoub, rencontre Mohammad Bagheri, chef d’état-major des forces armées iraniennes, pour signer un accord militaire à la mi-juillet. [Photo fournie par SANA]

Le nouvel accord militaire signé entre le régime syrien et l’Iran est un acte de provocation qui donnera une légitimité à la présence militaire iranienne en Syrie et alimentera les tensions dans le pays et la région, ont affirmé des experts à Diyaruna.

Il réfute également directement les déclarations précédentes de l’Iran, dans lesquelles la République islamique avait insisté sur le fait que ses forces sont présentes en Syrie uniquement pour apporter un soutien technique et conseiller, ont-ils déclaré.

Le ministre syrien de la Défense Ali Abdoullah Ayoub a rencontré le chef d’état-major des forces armées iraniennes Mohammad Bagheri à Damas le 8 juillet pour signer un « accord militaire global ».

Cet accord prévoit un renforcement de la coopération militaire et sécuritaire entre les deux pays, et une amélioration du système de défense aérienne syrien qui sera fourni par l’Iran.

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Un char de la milice Fatemiyoun, affiliée au CGRI, dans la province syrienne de Deir Ezzor. [Photo extraite de la page Facebook de Fatemiyoun]

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Une vue aérienne de la « Maison de verre » à Damas, le centre des opérations du CGRI en Syrie. [Photo fournie par Nedaa Syria]

Il inclut « une série d’accords économiques, culturels, financiers et industriels » qui placent la Syrie sous le contrôle du Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) iranien, a rapporté à Diyaruna le politologue Abdoul Nabi Bakkar.

Selon lui, cet accord comprend des clauses relatives aux systèmes de défense aérienne et antimissile, des systèmes qui, selon lui « confèrent à l’Iran et à ses affiliés en Syrie une plus grande liberté ».

Il intensifiera les difficultés auxquelles le régime syrien est confronté du fait de ses politiques et de ses alliances, a-t-il affirmé, et accroîtra les souffrances du peuple syrien, car les accords de ce type constituent autant de provocations à la communauté internationale.

Cet accord arrive à un moment où les efforts internationaux se concentrent sur la réduction de la présence iranienne dans la région et sur les pressions exercées sur Téhéran afin qu’il cesse d’armer ses intermédiaires, a-t-il déclaré.

Ce contrat « consolide la présence du CGRI »

Mais pour Fathi al-Sayed, du Centre al-Sharq d’études régionales et stratégiques, cet accord n'apporte rien de nouveau.

Au contraire, a déclaré à Diyaruna ce spécialiste des affaires iraniennes, il s’aligne sur ce qui existe déjà en « conférant une légitimité à la présence iranienne » en Syrie.

Selon al-Sayed, l’Iran dispose déjà d’un appareil militaire et sécuritaire en Syrie. Quant aux systèmes de défense aérienne et antimissile, des informations indiquent que l’Iran les a transférés en Syrie il y a un certain temps, et qu’ils seront maintenant « légitimement dévoilés ».

Cet accord est la confirmation d’un « fait accompli par le CGRI et ses affiliés syriens », a déclaré al-Sayed.

Pour sa part, le journaliste syrien Mohammed al-Abdoullah a déclaré à Diyaruna que cet accord est « un acte de provocation du régime syrien et du CGRI ».

En effet, il coïncide avec l’application du Caesar Act de 2019 sur la protection des civils syriens et des appels à la prolongation de l’embargo sur les armes à destination de l’Iran, a-t-il expliqué.

Al-Abdoullah a déclaré que l’accord alimentera le conflit syrien en cours, car une grande partie de la population syrienne rejette l’Iran et la présence du CGRI et des milices affiliées.

Il a conclu en indiquant que cet accord « permettra au régime iranien d’étendre sa présence à Damas et à Deir Ezzor, permettant ainsi au CGRI d’y recruter des jeunes ».

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Pourquoi vous vous penchez sur la présence de l'Irak en Syrie même s'il s'agit d'un accord entre les deux pays? Pendant ce temps, l'Amérique est présente en Syrie illégalement et personne n'ose en parler.

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