Sécurité

Un partenariat entre les FDS et la coalition sécurise le nord-est de la Syrie après l’EIIS

Waleed Abou al-Khair au Caire

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Des éléments de l’EIIS arrêtés lors d’opérations conjointes des forces de la coalition et des FDS dans le nord-est de la Syrie. [Photo fournie par les Forces démocratiques syriennes]

Le partenariat entre les Forces démocratiques syriennes (FDS) et la coalition internationale a été essentiel au maintien de la sécurité dans le nord-est de la Syrie après le règne de « l’État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS), ont déclaré des responsables des FDS à Diyaruna.

La Special Operations Joint Task Force-Operation Inherent Resolve (SOJTF-OIR), la branche des opérations spéciales de la coalition internationale dirigée par les États-Unis, s’est coordonnée avec les FDS pour éradiquer les derniers éléments et les cellules dormantes de l’EIIS.

Le 17 mai, les FDS, avec le soutien de la coalition dirigée par les États-Unis, ont mené des opérations contre l’EIIS dans l’est de Deir Ezzor pendant deux jours consécutifs.

Ces opérations ont abouti à « l’arrestation de plusieurs éléments et chefs de cellules » ainsi qu’à la saisie de divers matériels militaires et d’armes, a fait savoir le centre de coordination et d’opérations militaires des FDS dans un communiqué.

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Le colonel Myles Caggins, porte-parole de l’opération « Inherent Resolve », lors d’une tournée en Syrie avec des commandants des FDS. [Photo fournie par Moustafa Bali, porte-parole des FDS]

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Une patrouille conjointe des forces de la coalition internationale et des FDS dans le nord de la Syrie pour poursuivre les derniers éléments de l’EIIS. [Photo fournie par Moustafa Bali, porte-parole des FDS]

Une semaine plus tard, le commandant en chef des FDS, Mazloum Abdi, a rencontré le major général américain Eric Hill, commandant de la SOJTF-OIR, pour discuter de la lutte contre l’EIIS.

Les deux responsables ont discuté du « renforcement des opérations en partenariat contre les tentatives ratées de l’EIIS de profiter du ramadan et de la pandémie de COVID-19 pour se reconstruire », a déclaré la SOJTF-OIR dans un communiqué.

Outre les opérations conjointes contre l’EIIS, les deux commandants ont discuté d’une stratégie « de poursuite de la détention dans des conditions humaines des quelque 10 000 prisonniers de l’EIIS retenus dans les centres administrés par les FDS dans le nord-est de la Syrie et de la façon d’obtenir un soutien [pour] résoudre ce problème international à long terme ».

Durant le mois de mai, la coalition a fourni près de 1,2 million de dollars de matériel pour empêcher une éventuelle épidémie du nouveau coronavirus dans ces centres, ainsi que du matériel anti-émeute pour les gardiens de prison.

Partenariat stratégique

Le partenariat stratégique entre les FDS et les forces de la coalition a jeté les bases d’une future collaboration, a déclaré le porte-parole des FDS Kino Gabriel.

« Ces cinq dernières années, nous sommes parvenus à éradiquer complètement le groupe terroriste EIIS dans le nord et l’est de la Syrie », a-t-il expliqué à Diyaruna.

« Nous continuons à traquer les derniers éléments de l’EIIS, après avoir démantelé des dizaines de cellules dormantes et arrêté ou abattu des dizaines de terroristes », a-t-il poursuivi.

Ce partenariat doit se poursuivre afin d’assurer pleinement la sécurité et la stabilité dans le nord et l’est de la Syrie, a déclaré Gabriel, car il a déjà aidé à établir la stabilité dans les zones libérées comme Manbij, Tal Abyad, Kobani et al-Tabqa.

En outre, la situation dans les zones de Deir Ezzor libérées de l’EIIS est de plus en plus stable, a-t-il déclaré.

Le partenariat avec la coalition ne se limite pas à la coordination militaire, a poursuivi Gabriel, car les deux camps s'efforcent de « favoriser un environnement propice au retour des habitants dans leurs foyers et de leur assurer une vie meilleure ».

Parallèlement aux opérations militaires, les FDS s’efforcent de rétablir une vie normale pour les habitants des zones sous leur contrôle en réhabilitant les services essentiels, a rapporté à Diyaruna Ammar Saleh, militant d’al-Hasakeh.

Il s’agit notamment des services d’eau, d’électricité, des infrastructures et des institutions publiques, a-t-il précisé.

Cela est possible grâce au soutien apporté par la coalition aux conseils locaux, qui a déjà permis de sécuriser les services de base, de reconstruire des ponts et de réparer les réseaux d’assainissement, a-t-il ajouté.

La coalition assure également une formation spécialisée aux travailleurs sanitaires afin de répondre aux besoins médicaux des habitants, a déclaré Saleh.

« Aucune comparaison n’est possible entre les zones contrôlées par le régime [syrien] et celles contrôlées par les FDS », a-t-il déclaré, soulignant que les habitants des zones contrôlées par le régime et ses milices alliées vivent dans de très mauvaises conditions.

Les bergers de Deir Ezzor ont été victimes de nombreuses violations commises par les milices locales, a-t-il déclaré, citant un incident récent où des membres de la milice Liwa al-Qods affiliée à la Russie ont volé du bétail aux bergers de Deir Ezzor.

Ainsi le 22 mai, les miliciens de Liwa al-Qods à Deir Ezzor ont organisé un faux affrontement dans la zone où les bergers font paître leurs moutons pour les persuader qu’un affrontement avec des éléments de l’EIIS était en cours, ce qui a contraint les bergers à fuir la zone et à abandonner leur bétail.

Les bases de la paix

La coalition internationale et les FDS entretiennent une « relation spéciale dont l’impact sur la lutte contre le terrorisme se fait sentir non seulement en Syrie, mais aussi dans le Moyen-Orient et le monde », a déclaré Sihanouk Dibo, membre de la branche politique des FDS dans l’administration autonome du nord et de l’est de la Syrie.

Il est nécessaire que ce partenariat se poursuive alors que les derniers éléments de l’EIIS tentent de reprendre leurs activités et de perpétrer des attentats terroristes, a-t-il affirmé à Diyaruna.

Le succès de ce partenariat permettra de progresser dans la mise en œuvre de la Résolution 2254 des Nations unies et des résultats des pourparlers de paix de Genève et de Vienne, afin de parvenir à une solution politique au conflit syrien, a-t-il déclaré.

Cette Résolution 2254 prévoit des négociations de paix, la rédaction d'une nouvelle constitution et des élections supervisées par les Nations unies.

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