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L'Irak renforce la sécurité autour de ses installations pétrolières

Khalid al-Taie

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Des membres de la sécurité irakienne patrouillent le long d'un mur construit pour fortifier les installations pétrolières dans la province de Salaheddine, le 1er octobre 2018. [Photo fournie par la police de Salaheddine]

Les forces irakiennes ont rajouté une couche supplémentaire de fortification autour des champs et des installations pétroliers dans les zones libérées de « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS), ont expliqué des responsables à Diyaruna.

Le nombre d'attaques de l'EIIS a augmenté, notamment celles visant les champs de pétrole d'Allas et d'Ajil, dans le nord de la province de Salaheddine.

Les forces de sécurité ont fait avorter au moins six attaques qui visaient ces deux champs pétroliers, dont le dernier a eu lieu le 13 février, a déclaré à Diyaruna le capitaine Ali al-Maliki, directeur des médias de la Direction de la police de l'énergie.

Lors de cet incident, a-t-il raconté, « une cellule terroriste composée de six membres a tenté de s'approcher des lignes de défense autour du champ d'Allas depuis les monts Hamrine ».

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Des unités militaires irakiennes participent à une opération de sécurité pour traquer les éléments de l'EIIS près du champ pétrolier d'Allas, dans la province de Salaheddine, le 13 novembre 2019. [Photo fournie par la Direction de la police de l'énergie irakienne]

« Les caméras thermiques de surveillance ont pu détecter leurs mouvements à une distance de plusieurs kilomètres, et les gardes ont immédiatement ouvert le feu, les contraignant à s'enfuir et à se réfugier dans les vallées », a précisé al-Maliki.

« Il s'agit de la dernière [tentative] d'attaque terroriste en date contre les champs de pétrole de la province de Salaheddine, où les terroristes profitent du fait que ces champs sont situés dans des terrains difficiles », a-t-il précisé.

« Les caméras qui ont détecté ces terroristes sont l'une des mesures préventives récemment ajoutées pour renforcer la sécurité des champs de pétrole et des installations dans des régions où ont encore lieu des opérations de sécurité visant l'EIIS », a-t-il poursuivi.

Mesures de sécurité renforcées

Outre ces caméras, a continué al-Maliki, « il y a désormais plus de membres de la sécurité, plus de soldats et plus de policiers pour protéger les installations pétrolières », notamment un régiment d'urgence qui a été déployé pour sécuriser les champs d'Allas et d'Ajil.

Les forces de sécurité sont bien préparées à une quelconque attaque, a-t-il ajouté, et sont équipées d'armes sophistiquées, de lunettes de vision nocturne et de matériel de surveillance.

Elles mènent des patrouilles et des missions de reconnaissance aérienne plus intenses dans les montagnes et les zones désertiques entourant ces champs, a-t-il indiqué.

« Les éléments de l'EIIS sont incapables de voler et de trafiquer du pétrole brut depuis les champs ou les oléoducs qui les relient aux raffineries », a expliqué al-Maliki.

Par des attaques répétées contre les installations pétrolières, a-t-il indiqué, les éléments extrémistes espèrent « ouvrir des brèches dans la sécurité » qui leur permettraient d'accéder à ces ressources et de les exploiter pour financer leurs activités criminelles.

Dans Ninive, où se trouve un nombre important d'installations de production de pétrole, notamment al-Qayyarah et Najmah, les forces de sécurité et les forces tribales coopèrent pour maintenir la sécurité.

« Les tribus et la population locale travaillent avec leurs frères des forces de sécurité pour protéger les champs de pétrole », a expliqué Saleh al-Jubouri, président du district d'al-Qayyarah.

« Aujourd'hui, 150 policiers gardent ces installations », a-t-il indiqué à Diyaruna. « S'y ajoutent des forces supplémentaires des unités mobiles ainsi que l'armée et la police, dont toutes contribuent à sécuriser totalement les installations pétrolières d'al-Qayyarah. »

À un certain moment, a-t-il rappelé, ces installations étaient la cible d'attaques quasi quotidiennes.

« Mais depuis que l'EIIS a été chassé et que Mossoul a été libérée (mi-2017), nous n'avons plus enregistré une seule atteinte à la sécurité ni une seule attaque terroriste », a-t-il indiqué.

Reconstruction et réhabilitation

Les opérations de sécurité « se mènent en parallèle aux efforts de reconstruction et de réhabilitation », a indiqué al-Jubouri, soulignant que les équipes techniques irakiennes et internationales avaient réussi à remettre en état la plupart des 22 champs de pétrole que l'EIIS avait incendiés.

« Il est désormais difficile pour les éléments de l'EIIS de prendre le contrôle ne serait-ce que d'une petite partie d'un champ de pétrole », a expliqué à Diyaruna le spécialiste du pétrole Hamza al-Jawahiri.

Cela est dû au lourd déploiement des forces de sécurité et à leur haut niveau de préparation, en plus du soutien technique dont elles bénéficient, a-t-il continué.

« Grâce à un contrôle intégral, toutes les attaques lancées par des militants contre ces installations ont échoué », a poursuivi al-Jawahiri. « À chaque fois, les espoirs des terroristes sont anéantis lorsqu'ils tentent de s'approprier une source importante de revenus. »

Mais pour les ouvriers, les équipes de production et d'investissement, subsiste la menace « des missiles tirés depuis des zones reculées proches des champs pétroliers », a-t-il ajouté.

« Cela exige des campagnes sécuritaires intensives et permanentes centrées sur le nettoyage de ces zones des résidus terroristes pour pouvoir poursuivre la reconstruction de toutes les installations de pétrole endommagées », a conclu al-Jawahiri.

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