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Intensification de la lutte anti-EIIS par les renseignements irakiens

Khalid al-Taie

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Un groupe d'éléments de l'EIIS a été appréhendé par les forces de sécurité dans la province de l'Anbar en mai 2019. [Photo fournie par la Direction de la police de l'Anbar]

Les services de renseignement irakiens mènent une « guerre de l'information » contre les derniers éléments de « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS) avec l'aide des populations locales.

Cette guerre se fonde sur des opérations préventives destinées à faire avorter les attaques terroristes, et s'est avérée très fructueuse dans la guerre contre l'EIIS, ont expliqué des responsables à Diyaruna.

Lors d'une opération de sécurité menée le 5 juin dans la province de l'Anbar, les forces irakiennes se sont basées sur des informations transmises par les renseignements pour faire échouer une attaque suicide de grande ampleur qui allait prendre pour cible des civils en train de célébrer l'Aïd el-Fitr.

Une unité des renseignements a lancé l'assaut sur un lieu situé dans le district d'al-Baghdadi où sept kamikazes se préparaient à lancer une attaque.

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Une force d'intervention spéciale irakienne est parachutée sur un repaire secret de l'EIIS dans une région reculée d'Irak. [Photo fournie par la Cellule tactique spécialisée]

Dans sa campagne contre les derniers éléments de l'EIIS, la communauté des renseignements a à sa disposition « une source inestimable d'informations sur les éléments et les cellules de l'EIIS», a expliqué à Diyaruna le spécialiste de la sécurité Saeed al-Jayashi.

« Ces informations sont en permanence actualisées grâce à des mises à jour en temps réel, des rapports de police et des informations provenant de sources très diverses », a-t-il poursuivi.

Les responsables des renseignements s'attachent maintenant à collecter et analyser les informations disponibles, qui sont utilisées pour lancer des attaques-surprises contre les éléments de l'EIIS, a-t-il poursuivi.

Ces efforts « se poursuivront et gagneront en coordination pour produire de meilleurs résultats et des gains sécuritaires », a continué al-Jayashi, soulignant que les missions de traque des activistes dans les régions reculées et d'accès difficile seront également accentuées.

Il s'agit notamment du désert de l'Anbar et des monts Hamrine qui s'étendent sur les provinces de Kirkouk, Salaheddine et Diyala et dans la région du Haut-Euphrate, a-t-il précisé.

Les éléments de l'EIIS ont désormais recours à des attaques individuelles et de faible ampleur par suite de la pression militaire et de la faiblesse du recrutement, a-t-il ajouté.

« L'EIIS redoute le soutien apporté par les citoyens »

Pour éradiquer complètement les éléments restants de l'EIIS, les responsables des renseignements renforcent la confiance avec les communautés locales, a-t-il précisé, soulignant que « quelle que soit l'intensité des efforts sécuritaires, ils ne sauraient être efficaces sans l'appui de la population civile ».

Les habitants ont ainsi été invités à surveiller et à signaler les déplacements des activistes et les repaires où ils se cachent, a-t-il précisé, « car tout succès sécuritaire est un facteur stabilisant pour leurs propres environnements ».

« Ce que les éléments restants de l'EIIS redoutent le plus, c'est le soutien apporté aux renseignements par la population civile », a expliqué le député irakien de Diyala Abdoul Khaliq al-Azzawi, membre de la commission parlementaire Défense et Sécurité.

Les attaques de l'EIIS contre des villages et des bourgades isolés sont ainsi destinées à terroriser les habitants locaux et à couper toute communication entre eux et les services de sécurité et de renseignement irakiens, a-t-il précisé à Diyaruna.

La commission Défense et Sécurité a abordé ce problème lors de ses discussions avec des responsables de la sécurité, a-t-il poursuivi, lors desquelles elle leur a demandé d'intensifier les efforts de renseignement et les frappes préventives contre les derniers éléments de l'EIIS.

Al-Azzawi a souligné que certains villages des provinces de Salaheddine et de Diyala restent « des maillons faibles d'un point de vue sécuritaire », parce que leurs habitants sont « sans défense et incapables de fournir des renseignements suffisants par peur de représailles de l'EIIS ».

« Nos demandes se sont donc concentrées sur le renforcement de la sécurité dans ces villages et sur la formation de groupes d'autodéfense composés de civils correctement armés pour tenter de contrer les menaces terroristes et de maintenir le niveau de support de renseignement », a-t-il précisé.

Amélioration du travail de renseignement

Ces dernières années, l'effort de renseignement en Irak a connu une forte amélioration, a poursuivi al-Azzawi, soulignant que les éléments de l'EIIS pouvaient autrefois lancer leurs attaques en profitant du manque de renseignements et du retard des mesures de sécurité préventives.

Les choses sont aujourd'hui différentes, a-t-il indiqué, « car les forces irakiennes procèdent à des frappes très invalidantes contre les éléments de l'EIIS ».

Dans le cadre de leur campagne contre les derniers éléments de l'EIIS, les services de renseignement irakiens ont arrêté plusieurs centaines d'éléments de l'EIIS qui se cachaient dans des régions très reculées.

Durant la première semaine de juin, neuf activistes importants de l'EIIS ont été appréhendés grâce à des sources qui ont confirmé que l'un d'eux est « le fondateur de la branche de l'EIIIS dans la ville d'al-Rashidiya (au nord de Bagdad) ».

Lors d'une autre opération dans la province de Diyala, une cellule de l'EIIS forte de quatre membres appartenant à la « wilayat Diyala » a été démantelée. Cette cellule était impliquée dans des assassinats, des déplacements, des enlèvements et des vols.

De plus, deux hommes de Mossoul et de la localité d'al-Karma, dans l'est de l'Anbar, qui espionnaient les déplacements des forces de sécurité pour le compte du groupe ont été arrêtés.

« Le réseau de renseignement en Irak présente une capacité exceptionnelle à éliminer les poches de terroristes », a déclaré à Diyaruna Eid Ammash, porte-parole du conseil provincial de l'Anbar.

« Les dernières opérations en date, en particulier celles lancées dans le désert de l'Anbar, sont des indicateurs clairs de cette activité, et renforcent la confiance de la population civile dans le fait que ses forces de sécurité veillent en permanence et qu'elle doit leur apporter tout son soutien », a-t-il conclu.

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