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Société |

Ouverture d'un centre de rééducation physique à Mossoul

Khalid al-Taie

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Des professionnels du Comité international de la Croix-Rouge testent des prothèses au Centre de rééducation physique de Ninive à Mossoul. [Photo fournie par le CICR-Irak]

Un nouveau centre de rééducation physique, premier de son genre à ouvrir à Mossoul, traitera sur site les patients atteints de handicaps et fournira des services spécialisés de prothèses, d'orthopédie et de physiothérapie qui étaient jusqu'à présent non disponibles.

Le Centre de rééducation physique de Ninive (CRP Ninive), construit en l'espace de quatre mois par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), a officiellement ouvert ses portes le 14 octobre.

Il sera exploité par la Direction de la santé de Ninive.

« À cause des destructions majeures qu'ont subies les infrastructures et du manque de services dans la province de Ninive, les amputés ayant besoin de prothèses devaient parfois voyager pendant plusieurs heures pour se rendre à Erbil ou à Sulaymaniyah afin d'y être soignés », a rappelé Therese Powell, directrice du programme de rééducation physique du CICR en Irak.

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Un amputé irakien reçoit des soins au Centre de rééducation physique de Ninive qui a récemment ouvert à Mossoul. [Photo fournie par le site web de la radio al-Salam]

Des milliers de personnes ont été blessées sous le règne de « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS) et lors des combats pour chasser le groupe hors de la province, ont expliqué des responsables irakiens.

Mohammed Jamal, 25 ans, a indiqué à Diyaruna avoir perdu sa jambe droite il y a deux ans, lorsqu'un missile de l'EIIS est tombé à côté de sa maison dans le quartier al-Zahraa, dans l'est de Mossoul.

Ce missile a explosé pendant que sa famille et lui tentaient de rejoindre les forces irakiennes qui luttaient pour reprendre le quartier aux mains de l'EIIS, a-t-il expliqué.

Jamal a raconté qu'il a failli perdre la vie dans cet incident. Perdre sa jambe a d'abord été traumatisant, mais il a réussi à continuer à vivre et à poursuivre ses études universitaires.

Il espère maintenant que le CRP de Ninive l'aidera à remarcher sans ses béquilles.

« Nous avons besoin de ce centre », a-t-il ajouté. « Les terroristes ont commis leurs crimes, mais ils ne doivent pas nous retirer notre droit à mener une vie normale. »

Plus besoin de se déplacer

Le CRP de Ninive a vu le jour « grâce aux efforts conjoints du gouvernement, des associations caritatives locales et du CICR », a précisé Mouhannad al-Awmari, responsable médias du Réseau des organisations de la société civile de Ninive.

Ce centre offrira des services de prothèses, de soins de santé et de rééducation à près de 5 000 amputés, dont 750 sont des enfants, a-t-il précisé à Diyaruna.

Pendant plus d'un an et demi, les organisations de la société civile ont travaillé pour identifier et apporter les premiers soins aux civils blessés dans les quartiers de Mossoul, a-t-il expliqué.

« Nous leur rendions visite à domicile et les rencontrions pour remplir des rapports détaillés sur leur situation », a ajouté al-Awmari.

« Nous les aidions à avoir accès à un traitement en les dirigeant vers des organisations internationales comme le CICR, Médecins sans frontières (MSF) et l'Office international des migrations », a-t-il encore indiqué.

Avant l'ouverture du CRP de Ninive, a-t-il poursuivi, les habitants qui avaient perdu un membre devaient se rendre à Erbil pour y être soignés, en subissant les difficultés et le coût du voyage.

« Avec l'ouverture du centre au cœur même de Mossoul, cette difficulté n'existera plus », a expliqué al-Awmari.

Au côté des Irakiens handicapés

Les Irakiens souffrant de handicaps font partie de l'héritage de « tragédies et de crises » que l'EIIS a laissé derrière lui, a ajouté pour sa part à Diyaruna Hassan Shabib, membre de la commission de sécurité du conseil provincial de Ninive.

« Certaines de ces personnes handicapées ont été blessées pendant la guerre, d'autres ont eu leurs membres amputés par les terroristes comme forme de punition », a-t-il rapporté.

« Nous nous attachons à prendre soin de ces victimes », a-t-il précisé. « L'ouverture du [CRP de Ninive] est certes une étape positive, mais nous devons leur apporter encore davantage de soins et de soutien. »

Les victimes de la guerre avec l'EIIS qui ont été handicapées doivent bénéficier d'un soutien non seulement à Ninive, mais dans l'ensemble des provinces irakiennes affectées, a estimé pour sa part Hosam Eddin al-Abbar, membre de la commission des services du conseil provincial de Ninive.

« Avant l'invasion de nos villes par l'EIIS, nous envisagions de construire un immense complexe très complet pour soigner les personnes souffrant de toutes sortes de handicaps, qui fournirait un soutien médical, psychologique et social », a-t-il expliqué à Diyaruna.

« Nous savons maintenant que nous devons reprendre et mettre en œuvre ces plans aussi rapidement que possible », a-t-il déclaré, ajoutant que les personnes souffrant de handicaps ne doivent pas se sentir marginalisées.

« Nous devons être à leur côté et les aider à construire leur avenir et améliorer leurs conditions de vie », a conclu al-Abbar.

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