Santé

Aide en direction des habitants de l'Anbar blessés par l'EIIS

Par Khalid al-Taie

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Les responsables du ministère de la Santé de l'Anbar distribuent des fauteuils roulants électriques aux habitants de la province, sur cette photo publiée en ligne le 8 mai 2017. [Photo fournie par le ministère de la Santé de l'Anbar]

Le gouvernement local de l'Anbar fournit un traitement médical et un soutien aux habitants qui ont souffert d'un handicap par suite des attaques ou d'engins explosifs improvisés (EEI) de « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS).

Des milliers de civils ont été gravement blessés lorsque l'EIIS contrôlait la région, et nombre d'entre eux ont perdu leurs bras ou jambes à cause des EEI que le groupe avait enterrés pour gêner la progression des forces irakiennes, ont expliqué les responsables provinciaux.

Raad Khamis, un habitant de Falloudjah âgé de 46 ans, a expliqué à Diyaruna qu'il avait perdu sa jambe gauche fin 2016, après avoir marché sur un EEI dissimulé par l'EIIS.

Des éclats lui avaient déchiqueté la jambe, qui avait alors due être amputée, a-t-il raconté.

La jambe de Khamis avait pu être remplacée par une jambe artificielle, et il a depuis lors subi une chirurgie reconstructive pour l'aider à retrouver sa mobilité et à gagner en indépendance.

« Je souhaite retrouver ma vie d'avant, sans avoir à penser à mon infirmité », a-t-il déclaré.

Il travaille actuellement comme chauffeur de taxi, pour subvenir aux besoins de sa femme et de ses quatre enfants.

« Je reçois une aide du gouvernement, qui vient s'ajouter à mon salaire depuis que je retravaille », a-t-il ajouté.

L'aide médicale, une « priorité absolue »

Le ministère de la Santé de l'Anbar a enregistré au moins quatre mille cas de handicaps de différentes natures entre mi-2014 et juin 2017.

La moitié de ces cas proviennent de Falloudjah et de Ramadi, a précisé le vice-directeur des services sanitaires de l'Anbar, le Dr Mounim Aftan à Diyaruna.e

La plupart de ces blessures ont été causées par des explosifs de l'EIIS et par des attaques visant des civils et les forces de libération, a-t-il expliqué.

Fournir une assistance médicale à ces personnes est une « priorité absolue » du ministère de la Santé de l'Anbar, a-t-il ajouté.

« Nous apportons un traitement et un suivi régulier ou libre à chaque cas individuel, et offrons des services de réadaptation physique aux personnes qui ont été amputées et qui sont maintenant équipées de prothèses », a indiqué Aftan.

Son ministère fournit également des fauteuils roulants et d'autres équipements de mobilité aux personnes présentant un handicap ou des besoins spéciaux, a-t-il expliqué, ajoutant que « nous mettons tout en œuvre pour venir en aide à ce segment de la population avec les moyens dont nous disposons ».

Le 11 décembre, son ministère a ouvert un centre de prothèses à Falloudjah -- le seul de ce type dans la province de l'Anbar.

Avant son ouverture, les patients devaient se rendre à Bagdad et payer eux-mêmes leur traitement s'ils souhaitaient bénéficier des mêmes services, a-t-il ajouté.

Un soutien et des services supplémentaires

Outre ce soutien médical, deux commissions du gouvernement local apportent des services aux habitants souffrant de handicaps.

« La première est affiliée au ministère du Travail et des Affaires sociales pour les personnes handicapées », a expliqué à Diyaruna Athal al-Fahdawi, membre du conseil provincial de l'Anbar.

Cette instance est chargée de créer pour le ministère une base de données des personnes souffrant de handicaps, ce qui leur permettra de bénéficier de prestations mensuelles et d'être éligibles à des programmes de réinsertion et d'emploi, a-t-il poursuivi.

Une personne handicapée est éligible pour recevoir une aide mensuelle de 170 000 dinars irakiens (143 USD), qui représente le salaire miminum d'un employé de la fonction publique, en vertu de l'article 38 de la Loi sur les personnes en situation de handicap de 2013.

L'autre commission locale, affiliée, elle, au conseil provincial de l'Anbar, est chargée d'assurer l'indeminisation financière et de proposer des lots de terrain aux personnes invalides ou handicapées par suite du terrorisme, a poursuivi al-Fahdawi.

Les handicapés méritent un soutien plus important

La présidente de la commission sanitaire du conseil provincial de l'Anbar, Asmaa Osama Abdoul Rahman, a demandé au gouvernement de faire plus pour les personnes handicapées.

Ces personnes ont en effet doublement souffert, d'abord sous le règne de l'EIIS, puis lors des combats pour chasser le groupe, a-t-elle expliqué à Diyaruna, et elles méritent donc un plus grand soutien pour améliorer leurs conditions de vie.

« Nombre d'entre elles vivent encore dans des camps de déplacés, après que leur maison a été détruite durant la guerre, et elles ont aujourd'hui besoin de traitement », a-t-elle ajouté.

Abdoul Rahman a également souhaité que soit accrû le nombre de bénéficiare éligibles à recevoir des services et des allocations.

« Il existe des degrés variables de handicap, et certaines personnes ne sont pas inscrites, parce qu'elles n'ont aucun moyen de savoir comment s'inscrire à ces programmes en ligne », a-t-elle conclu. « Il est important de trouver ses personnes et de les inscrire, afin qu'elles bénéficient de tous leurs droits. »

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Je suis amputé (jambe droite au-dessus du genou). J'espère que ceux qui ressentent notre souffrance peuvent nous aider. Nous demandons au ministère de la Santé et aux institutions gouvernementales d'aider toutes les personnes handicapées et de les regarder avec pitié.

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