Terrorisme

Hamam al-Alil se débarrasse de la vie sous l'EIIL

Par Khalid al-Taie

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Les femmes et les enfants de la ville d'Hamam al-Alil, dans la province de Ninive, se rassemblent autour de membres des forces irakiennes pour recevoir de la nourriture, début novembre. [Photo fournie par les Dotations sunnites]

Les habitants d'Hamam al-Alil, une ville au sud de Mossoul libérée de « l'Etat islamique en Irak et au Levant » (EIIL) plus tôt ce mois-ci, ont raconté à Diyaruna les histoires horribles de leurs vies sous le règne du groupe.

L'ancien policier Majid Chakour a déclaré qu'il a vécu une « vie amère » sous l'EIIL, déménageant d'un lieu à un autre par crainte de persécution, car les éléments de l'EIIL ciblaient les employées de l'armée, de la police, et même du gouvernement.

« J'ai dû passer plusieurs journées dehors sans rien à boire ou à manger, et je me cachais parfois dans un trou que j'avais creusé dans la maison de l'un de mes proches », a-t-il informé.

« J'ai traversé des moments où je souhaitais mourir », a-t-il déclaré, ajoutant que des hommes armés de l'EIIL emprisonnaient des gens et les torturaient jusqu'à la mort en prison.

« L'EIIL a transformé des bureaux gouvernementaux dans notre secteur en centre de détention où plusieurs formes de torture étaient perpétrées », a expliqué Laith Mohammed, habitant d'Hamam al-Alil, à Diyaruna.

Les résidents ont entendu dire que l'EIIL avait jeté de nombreux jeunes hommes de la ville dans ces prisons sous différents prétextes, a-t-il indiqué, en particulier d'anciens membres des forces de sécurité que le groupe accusait de collaborer avec le gouvernement.

« Certaines victimes étaient crucifiées sur des poteaux électriques au centre-ville, tués par un peloton d'exécution ou égorgés », a-t-il relaté.

« Ceux qui tentaient de les enterrer étaient destinés à mourir », a-t-il ajouté. « On pouvait voir les chiens manger leurs cadavres. »

Découverte de charniers

Lors de leur fouille d'Hamam al-Alil, les forces irakiennes ont découvert une fosse commune où le groupe avait enterré ses victimes .

Celle-ci a été découverte le 7 novembre, près de la faculté d'agriculture, a fait savoir le général de brigade Firas Bachar Sabri, porte-parole du Commandement des opérations de Ninive.

« Elle comprenait les restes d'environ 70 corps, la plupart éparpillés, d'anciens membres de l'armée et de la police, ainsi que des civils », a-t-il indiqué à Diyaruna.

« Certains résidents ont pu identifier eux-mêmes leurs enfants assassinés, grâce à leurs effets personnels, et des examens sont en cours pour découvrir l'identité des autres victimes », a-t-il déclaré.

« La plupart des détenus de l'EIIL dans la région d'Hamam étaient des habitants des villages d'al-Hood et de Lazakah », a précisé Abdoul Rahman al-Wakka, membre du conseil provincial de Ninive.

« Le charnier découvert contient des victimes de ces deux villages, où une violente révolte avait eu lieu quelques jours avant l'arrivée des forces de sécurité, lorsque onze hommes armés [de l'EIIL], y compris des dirigeants, ont été tués », a-t-il rapporté.

Maltraitance des civils

Al-Wakka a exprimé son inquiétude quant au fait que les éléments de l'EIIL pourraient blesser ou tuer d'autres civils en réaction aux défaites du groupe face aux forces irakiennes et de la coalition.

Beaucoup de résidents des zones libérées au sud de Mossoul indiquent que l'EIIL a enlevé leurs enfants et des membres de leurs familles, a déclaré al-Wakka.

« Ils ne savent pas où ils sont ni ce qui leur est arrivé », a-t-il indiqué.

Les habitants d'Hamam al-Alil ont décrit la façon dont les éléments de l'EIIL ont utilisé les résidents pour se protéger dans leur retraite face à la progression des forces de sécurité.

Sabri a confirmé que cela s'était bien produit.

« Pendant notre progression dans la zone d'Hamam, nous avons libéré des centaines de familles qui étaient retenues par l'EIIL, qui les utilisaient comme boucliers humains », a décrit le porte-parole du Commandement des opérations de Ninive.

« Nous avons apporté une aide d'urgence et médicale à ces résidents et les avons envoyés vers leurs régions d'origine », a-t-il déclaré. « La plupart d'entre eux venaient de villages au sud d'Hamam al-Alil et avaient été contraints par le groupe à fuir avec lui pour éviter que ses éléments se fassent attaquer».

« Les habitants d'Hamam ont connu une vie sombre et terrifiante pendant la période de l'EIIL, et avec leur sauvetage aujourd'hui, ils sont destinés à une nouvelle vie », a déclaré à Diyaruna Ahmed Madloul al-Jarba, député irakien pour la province de Ninive.

« Ce groupe est un ennemi de l'humanité et il ne connaît pas la pitié », a-t-il ajouté. « Ses violations des droits des habitants font partie des nombreux crimes commis contre des innocents. »

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