Terrorisme

Les forces kurdes rétablissent l'harmonie religieuse dans le nord de la Syrie

Par Waleed Abou al-Khair au Caire

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Des combattants des Unités de protection du peuple (YPG) kurdes remontent une croix sur le dôme d'une petite église à al-Shaddadi. [Photo de la page Facebook des YPG]

Suite à la libération d'al-Shaddadi, dans la province d'al-Hasakeh au nord-est de la Syrie, les forces alliées et les résidents s'expriment sur les mauvais traitements systématiques perpétrés par « l'État islamique en Irak et au Levant » (EIIL) contre les chrétiens dans la zone.

Avant et après la libération d'al-Shaddadi en février 2016, la ville a connu d'intenses combats entre les Forces démocratiques syriennes (FDS) et les Unités de protection du peuple (YPG et YPJ) kurdes d'un côté, et l'EIIL de l'autre.

Malgré la sévérité des combats, les combattants des forces de l'opposition modérée se sont engagés à préserver la diversité et à tenir ses valeurs d'harmonie religieuse et de coexistence, ont déclaré les habitants à Diyaruna.

Mettre fin à la tyrannie de l'EIIL

Dans le cadre de ces efforts, des soldats des YPG ont remonté une croix au sommet d'une des églises que l'EIIL avait détruites, a rapporté Fadi Daoud, soldat du Conseil militaire syriaque.

« La non-discrimination sur l'appartenance ethnique ou religieuse est évidente pour les forces combattant l'EIIL dans la région d'al-Hasakeh, dans le nord de la Syrie », a-t-il déclaré à Diyaruna.

L'église de la Vierge Marie dans le village de Tal Nasri, l'église al-Rayyan dans le village de Tel Hermez, et l'église de Saint George à Qabr Shamiyeh font partie des plus importantes églises vandalisées ou détruites par l'EIIL, a relaté Daoud.

Ces églises et beaucoup d'autres remontent à l'époque antique du christianisme et ont grandement besoin de réparations après les dégradations et les destructions de l'EIIL, a-t-il précisé.

La plupart des chrétiens de la région ont fui les persécutions de l'EIIL pour se rendre à al-Qamishli et d'autres zones d'al-Hasakeh, a-t-il expliqué.

« Les chrétiens de la région d'al-Shaddadi ont beaucoup souffert sous la tyrannie de l'EIIL et ont été soumis à des enlèvements, des taxes et la zakat », a-t-il raconté.

En plus de détruire des églises de la zone, des éléments de l'EIIL ont obligé les habitants chrétiens à porter des vêtements islamiques et ont enlevé environ 300 personnes, plusieurs ayant été relâchées au cours des derniers mois, a-t-il déclaré.

« L'objectif des combats en cours est de mettre fin à la tyrannie de l'EIIL contre les résidents de la région, auxquels le groupe a interdit la pratique des leurs obligations religieuses », a-t-il indiqué.

« Depuis que l'EIIL a pris le contrôle du nord de la Syrie et d'autres zones syriennes, il a infligé des mauvais traitements aux chrétiens sous prétexte que ce sont des infidèles », a déclaré Farhad Khoja, officier des YPG, à Diyaruna.

L'EIIL a obligé les églises à retirer les symboles religieux comme les croix, les images et les icônes, a-t-il indiqué, car les éléments du groupe les avaient jugés « interdits par l'islam ».

« Gardez à l'esprit que cette zone n'a jamais connu de tensions religieuses entre ses résidents, membres de toutes les origines ethniques et religieuses connues de la région de Mashreq », a annoncé Khoja. « Il est tout naturel que les unités qui combattent l'EIIL restaurent les symboles religieux comme ils étaient. »

La coexistence : passé et futur de la Syrie

« Les résultats que nous constatons sur le terrain, comme la liberté de pensée et de croyances religieuses, sont un bon exemple de ce que la Syrie du futur doit être », a déclaré Cheikh Moaz Abdoul Karim, ancien prédicateur à la mosquée d'al-Omar à Alep, qui habite désormais au Caire.

« Pendant des centaines d'années, la Syrie a été connue pour sa diversité ethnique et religieuse », a-t-il indiqué à Diyaruna.

« Il est impossible d'effacer cette belle mosaïque qui caractérise ce pays, et il n'est pas logique que les Syriens fassent tous ces sacrifices dans leurs vies et leurs biens pour vivre au Moyen Âge, là où l'EIIL veut les ramener », a-t-il affirmé.

La destruction d'églises et leur transformation en bases de l'EIIL ne peuvent pas être associées à l'islam, a-t-il déclaré, ajoutant qu'il n'existe aucun texte religieux ou d'interprétation de la charia qui approuve ces actes.

« Au contraire, l'enseignement véritable de l'islam appelle à la préservation des bâtiments des religions divines non islamiques et à la protection de ceux qui adoptent ces religions », a conclu Abdoul Karim.

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Longue vie aux YPG

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