Terrorisme

Deux « Beatles » de l’EIIS jugés aux États-Unis pour l'assassinat d'otages américains

AFP

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Le procureur des États-Unis G. Zachary Terwilliger (2e à gauche) s’adresse à la presse après la première audition des anciens combattants britanniques de l’EIIS Alexanda Kotey et El Shafee Elsheikh, baptisés les « Beatles », au tribunal de district d’Alexandria, en Virginie, le 7 octobre. [Nicholas Kamm/AFP]

Deux membres d’une cellule tristement célèbre de « l’État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS) spécialisée dans les enlèvements, baptisés les « Beatles », ont comparu par liaison vidéo devant un tribunal américain, mercredi 7 octobre après avoir été rapatriés par avion aux États-Unis depuis l’Irak pour y répondre de l’assassinat de quatre otages américains.

El Shafee Elsheikh, 32 ans, et Alexanda Kotey, 36 ans, sont accusés d’avoir participé aux assassinats des journalistes américains James Foley et Steven Sotloff et des humanitaires Peter Kassig et Kayla Mueller.

Ces deux anciens ressortissants britanniques étaient détenus par les forces américaines en Irak depuis octobre 2019 après avoir été capturés en janvier 2018 par les forces kurdes syriennes.

Ils ont été transférés aux États-Unis par des agents du FBI mercredi, et les charges pesant contre eux leur avaient été signifiées lors d’une première audience devant le tribunal fédéral d’Alexandria.

Portant des uniformes de prisonniers, des menottes et des masques faciaux, ces membres barbus de l’EIIS ont comparu en vidéo depuis un endroit tenu secret de Virginie où ils sont détenus.

Outre la mort de quatre Américains, Elsheikh et Kotey sont également soupçonnés d’être impliqués dans la mort de deux Britanniques, Alan Henning et David Haines, et de plusieurs autres otages, parmi lesquels deux ressortissants japonais.

« Notre message aux autres terroristes dans le monde entier est celui-ci : si vous faites du tort à des Américains, vous rencontrerez des armes américaines sur les champs de bataille ou la loi américaine dans nos tribunaux », a déclaré le ministre de la Justice William Barr. « Dans les deux cas, vous serez poursuivis jusqu’aux confins de la Terre jusqu’à ce que justice soit servie. »

« Vous n’échapperez jamais à la justice »

Ces deux membres de l’EIIS ont été déchus de leur nationalité britannique, mais leur transfert aux États-Unis a été rendu possible uniquement après que les autorités américaines eurent assuré au Royaume-Uni qu’elles ne demanderaient pas la peine de mort.

Le Royaume-Uni avait remis des preuves accablant ces deux accusés aux États-Unis le mois dernier et un porte-parole du Premier ministre Boris Johnson a déclaré mercredi que « nous voulons que justice soit rendue dans cette affaire ».

Les familles de Foley, Kassig, Sotloff et Mueller ont salué la nouvelle que les deux membres de l’EIIS avaient été transférés aux États-Unis pour y être jugés.

« James, Peter, Kayla et Steven avaient été enlevés, torturés, battus, affamés et assassinés par des membres de [l’EIIS] en Syrie », ont déclaré les familles dans une déclaration commune. « Nos familles peuvent maintenant demander la responsabilité de ces crimes contre nos enfants devant un tribunal américain. »

« Nous espérons que le gouvernement sera enfin en mesure d’envoyer le message que si vous faites du tort à des Américains, vous n’échapperez jamais à la justice », ont-elles déclaré. « Et lorsque vous serez pris, vous rencontrerez le plein pouvoir de la loi des États-Unis. »

« Violence physique et psychologique »

Les huit chefs d’accusation portés par le grand jury contre les deux hommes les accusent de plusieurs délits, notamment prise d’otages, conspiration en vue de commettre un assassinat et d’autres charges.

S'ils sont reconnus coupables, ils risquent la prison à vie.

Les quatre membres de la cellule de l’EIIS à laquelle appartenaient Kotey et Elsheikh avaenit été surnommés les « Beatles » par leurs prisonniers en raison de leur accent britannique.

Ils avaient torturé et assassiné leurs victimes, y compris par décapitation, et l’EIIS avait publié des vidéos de leur mort à des fins de propagande.

Selon l’accusation, Kotey et Elsheikh étaient impliqués dans l’enlèvement d’otages américains, européens et japonais en Syrie entre 2012 et 2015 aux côtés de deux autres membres britanniques des « Beatles ».

Le chef du réseau présumé Mohamed Emwazi, alias « Jihadi John », avait été tué par une frappe aérienne américaine en Syrie en novembre 2015, et le quatrième « Beatle », Aine Davis, est emprisonné en Turquie après avoir été reconnu coupable de terrorisme.

Selon les autorités américaines, Kotey, né à Londres, et Elsheikh, né au Soudan, s’étaient rendus en Syrie depuis le Royaume-Uni en 2012 après s’être radicalisés au Royaume-Uni.

Ils avaient supervisé les centres de détention des otages et auraient coordonné les négociations de rançon conduites par email, selon les autorités américaines.

Les deux hommes s’étaient également engagés dans un « cycle prolongé de violences physiques et psychologiques contre leurs otages », ont-elles indiqué, notamment en les battant, en feignant leur exécution et en les soumettant au supplice du waterboarding.

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