Énergie

La crise des carburants s’aggrave dans les zones contrôlées par le régime syrien

Waleed Abou al-Khair au Caire

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Des Syriens attendent des heures devant les stations-service dans les zones contrôlées par le régime, alors que le pays doit faire face à une très grave pénurie de carburant. [Photo extraite de la page Facebook de la police syrienne]

Les régions sous le contrôle du régime syrien connaissent une grave pénurie de carburant qui paralyse l’économie dans un contexte de mécontentement croissant de l’opinion contre le régime et ses soutiens russe et iranien, a expliqué un économiste syrien.

Dans certaines zones, les files de voitures devant les stations d’essence s’étirent sur plus d’un kilomètre et les habitants doivent attendre des heures avant de pouvoir remplir leur réservoir, a expliqué à Diyaruna l’économiste Mahmoud Moustafa.

Le régime subventionne l’essence, et les propriétaires de véhicules privés reçoivent vingt litres par véhicule tous les cinq jours, tandis que les chauffeurs de taxi reçoivent la même quantité tous les deux jours, a-t-il ajouté.

L’essence se vend entre 250 (0,53 USD) et 575 livres syriennes (1,2 USD) le litre.

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De longues files de voitures s’étirent le long des principales routes dans les provinces syriennes contrôlées par le régime du fait de la crise de l’essence. [Photo extraite de la page Facebook de la police syrienne]

Pour sa part, le marché noir est en plein essor, et l’essence s’y vend jusqu’à 2 000 livres syriennes (3,9 USD), a indiqué Moustafa.

Il a souligné que les prix du gaz de cuisine et du mazout ont également augmenté, ce qui pose de sérieux problèmes alors que l’hiver approche.

Cette pénurie de carburant a entraîné une hausse des billets dans les transports publics et une hausse exorbitante des prix en raison du coût élevé des transports, a-t-il expliqué.

De plus, de nombreux employés du secteur des transports privés ont arrêté de travailler, ce qui contribue à la hausse du taux de chômage.

Colère dans l’opinion

Tous les jours, des bagarres éclatent entre les habitants au sujet de leur place dans la file, a indiqué Moustafa, soulignant qu’une personne avait été tuée lors de tels incidents à Hama et que plusieurs autres avaient été blessées dans d’autres provinces.

Les citoyens se plaignent également du fait que les hommes de main du régime et les membres des milices affiliées au régime reçoivent la majorité des quantités d’essence disponibles, a-t-il ajouté.

« L’impact de la pénurie d’essence est manifeste quand on voit la baisse du trafic sur les routes, et l’on attend toujours que le régime annonce des mesures d’urgence pour répondre à la crise », a poursuivi Moustafa.

Cela suscite la colère de l’opinion publique car beaucoup sont également furieux de l’ingérence permanente de la Russie et de l’Iran dans leur pays « sans qu’ils apportent une réelle assistance au peuple syrien, contrairement à ce que proclament les médias », a-t-il ajouté.

Il a sèchement conclu que « les armes et les missiles peuvent entrer en Syrie pour soutenir le régime, mais l’essence, elle, ne le peut pas ».

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