Sécurité

La task force française renforce les compétences des soldats irakiens

Khalid al-Taie

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Des formateurs français apportent aux soldats irakiens une formation au ciblage de précision, le 29 août 2019. [Photo fournie par le ministère français de la Défense]

Il y un an ce mois-ci, « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS) perdait son dernier bastion syrien du village d'al-Baghouz, dans la province de Deir Ezzor, tirant définitivement un trait sur son « califat » autoproclamé en Irak et en Syrie.

Depuis l'effondrement du proto-État de l'EIIS, la coalition internationale a intensifié ses efforts de formation et de renforcement de l'état de préparation de l'armée irakienne et des Forces démocratiques syriennes (FDS) pour lutter contre les derniers éléments du groupe.

Travaillant dans le cadre de l'opération Chammal des forces françaises, la task force Monsabert œuvre à renforcer les capacités de combat et à améliorer les installations d'entraînement de la 6e division d'infanterie de l'armée de terre irakienne, des unités d'artillerie et des équipes de déminage.

L'unité de cent membres qui opère à Bagdad, composée de conseillers et de formateurs, forme les soldats irakiens et les dote des compétences militaires et techniques, et développe les infrastructures des sites d'entraînement.

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Soldats irakiens et conseillers français vus ensemble le 21 novembre 2019 lors d'une séance d'entraînement au déminage d'engins explosifs improvisés et de mines abandonnés par l'EIIS. [Photo fournie par le ministère français de la Défense]

En visite sur la base de l'équipe Monsabert à Bagdad le 29 février, le lieutenant général Robert « Pat » White, commandant de l'Opération Inherent Resolve, a salué le travail de cette task force pour renforcer la capacité des forces irakiennes à lutter contre la menace de l'EIIS.

« L'équipe française qui apporte une formation et un soutien de conseil a eu un impact clair sur le renforcement des capacités de nos forces et l'efficacité de leur réponse aux défis », a expliqué à Diyaruna l'expert en stratégie Ahmed al-Sharifi.

« Les efforts de cette équipe et son contact direct avec les soldats ont eu un impact significatif sur leur apprentissage de compétences complexes et essentielles telles que le combat en terrain difficile et dans des zones densément peuplées », a-t-il expliqué.

La task force Monsabert a organisé plusieurs sessions d'entraînement intenses pour développer les compétences des soldats irakiens, notamment leurs tactiques de combat en milieu urbain et leur formation au tir sur des cibles fixes et mobiles.

Fin 2019, une session de formation de deux mois aux différentes portées de tir organisée dans le sud de Bagdad a vu quelque 4 500 soldats de la 6e division d'infanterie de l'armée de terre apprendre les bases du tir et du ciblage de précision.

Ce soutien à la formation fait « partie intégrante d'efforts importants français » qui ont commencé avec le lancement de l'Opération Chammal en septembre 2014 dans le cadre plus général de l'Opération Inherent Resolve, a précisé al-Sharifi.

Soutien de l'aviation, de l'artillerie et des renseignements

« Les Rafale français ont joué un rôle essentiel pour sécuriser nos divisions militaires lors des combats pour la libération et les frappes successives contre les repaires de l'ennemi », a poursuivi al-Sharifi.

« L'artillerie française a également assisté nos forces pour protéger la bande frontalière avec la Syrie et a fourni un soutien lors des combats pour libérer al-Baghouz », a-t-il poursuivi.

« Il existe une forte collaboration entre les Français et nous dans le domaine des échanges de renseignements, ce qui est un outil fondamental dans la lutte contre les groupes terroristes et la mise en échec de leurs attaques », a-t-il ajouté.

« Le programme fourni par la délégation française comportait des séances de formation de haute qualité très complémentaires les unes des autres », a décrit l'analyste de la sécurité Najim al-Qassab à Diyaruna.

Ils prévoyaient une formation destinée à renforcer l'endurance des soldats et leur aptitude à la manœuvre et au tir, en plus de la préparation de plans et l'apport d'expertise dans les domaines des premiers soins, du traitement des données..., des communications et des compétences en informatique, a-t-il précisé.

D'autres modules de soutien portaient sur la formation au démantèlement et à l'élimination sûrs des mines et des engins explosifs improvisés (EEI), ainsi qu'une formation à la réponse aux embuscades, a-t-il ajouté.

« Relation forte et de long terme »

Les sapeurs de la task force Monsabert ont contribué au renforcement des installations d'entraînement militaire, à la construction d'un terrain d'entraînement pour la 6e division de l'armée de terre irakienne le 17 décembre, a poursuivi al-Qassab.

«Nous souhaitons bâtir une relation forte et de long terme avec la France », a-t-il continué. « Ce partenariat nous a permis de remporter d'importantes victoires et nous espérons pouvoir faire progresser et développer cette relation. »

« Les experts français ont grandement contribué au renforcement de nos capacités militaires », a déclaré l'expert irakien en sécurité Haitham al-Khazaali à Diyaruna.

« Nous poussons à la signature d'accords et de protocoles d'accords avec la France pour profiter de son expertise de longue date relative à de nombreuses capacités militaires », a-t-il précisé.

« Nous avons besoin de formation et de soutien, en particulier pour traiter les résidus terroristes comme les mines et les munitions, qui représentent encore une sérieuse menace pour les Irakiens », a-t-il conclu.

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