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La France aide l'Irak à retirer les mines de l'EIIS

Khalid al-Taie

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Des experts français forment des soldats irakiens aux procédures de déminage en Irak. [Photo fournie par le ministère français de la Défense]

La France a contribué activement aux efforts de l'Irak pour éliminer la menace des mines et des munitions non explosées laissées par « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS) dans les zones que le groupe contrôlait, ont déclaré des experts à Diyaruna.

Pour faire face à ce problème, qui est l'un des principaux obstacles au retour des familles déplacées, des experts français sont intervenus en organisant des sessions de formation pour le personnel irakien impliqué dans les opérations de déminage.

Lors d'une formation « d'enquête post-attaque » organisée en décembre, des ingénieurs de la force opérationnelle française Narvik ont formé le Service antiterroriste irakien (SAT) à recueillir des preuves après l'explosion simulée d'un engin explosif improvisé (EEI).

Le personnel du SAT, formé par la force opérationnelle Narvik dans le cadre de l'opération Chammal, servent en première ligne dans la lutte contre l'EIIS et interviennent régulièrement sur les lieux d'explosions.

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Des experts français forment le personnel irakien aux procédures de déminage dans divers environnements. [Photo fournie par l'ambassade de France à Bagdad]

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Un soldat irakien fait exploser le 19 juillet des engins explosifs posés par l'EIIS près du village d'Hashtar, dans le district de Makhmour du nord de l'Irak. [Photo fournie par le ministère irakien de la Défense]

L'opération Chammal est la composante française de l'opération Inherent Resolve, une coalition de 80 pays et organisations alliés contre l'EIIS. Elle œuvre pour aider les troupes sur le terrain et former les forces de sécurité irakiennes.

La France a confirmé mardi 7 janvier qu'elle n'avait « aucune intention » de retirer ses troupes d'Irak alors que les tensions montent suite à la mise à mort par les États-Unis d'un général iranien de haut rang.

La France a fourni environ 200 soldats à la coalition internationale qui combat l'EIIS, dont 160 chargés de la formation des militaires irakiens, selon le ministère français de la Défense.

« Depuis vendredi, nous avons renforcé la sécurité de nos soldats français déployés en Irak », a déclaré mardi la ministre de la Défense Florence Parly.

« La priorité aujourd'hui est la même qu'hier et ce qu'elle devrait être demain: la lutte contre l'EIIS et sa résurgence sur le terrain au Moyen-Orient, et sa propagande sur internet », a ajouté Parly.

Formation poussée

S'attaquer à la question des munitions non explosées a été un défi complexe, a déclaré à Diyaruna le général de division Tahseen al-Khafaji, porte-parole du ministère irakien de la Défense.

« De grands territoires sont contaminés par des explosifs, des bombes ayant été posées dans des maisons, sur des routes, des infrastructures et dans des endroits auxquels personne ne penserait », a-t-il rapporté.

Pour que tout revienne à la normale dans les zones libérées, il est essentiel d'éliminer d'abord ces contaminants, a-t-il affirmé, « et c'est là que nos partenaires internationaux, et les Français en particulier, ont apporté le soutien nécessaire ».

Al-Khafaji a fait savoir que les Français ont dispensé une formation poussée aux équipes d'ingénieurs des ministères irakiens de la Défense et de l'Intérieur sur le désamorçage en toute sécurité des mines et des bombes.

En 2019, douze experts du ministère irakien de l'Intérieur ont reçu leur certificat d'expertise après avoir suivi en France une formation de cinq mois sur la manipulation et le désamorçage des bombes posées sur les ponts, sur les berges et sous l'eau.

Les formateurs français ont également mis en place des formations de désamorçage de bombes dans un centre de formation à Salman Pak, au sud de Bagdad, en mettant l'accent sur les bombes chimiques, a-t-il déclaré, en plus de fournir à ce centre du matériel de protection et de détection des bombes.

Ces formations ont aidé les experts irakiens « à acquérir des compétences de haut niveau et leur ont permis de transférer leurs compétences et leur expertise à leurs collègues », a fait savoir al-Khafaji.

La France a également contribué à renforcer les capacités techniques des Irakiens dans le domaine du déminage, a-t-il indiqué, tout en appelant le reste de la communauté internationale à apporter un soutien accru à ce projet.

« Nous avons toujours besoin de plus d'équipement pour trouver et traiter les explosifs et minimiser les risques », a-t-il déclaré.

« Nous avons fait de bons progrès pour minimiser la menace que représentent les mines et pour sauver la vie des habitants », a-t-il ajouté, notant toutefois que la menace persiste.

En plus des formations, le gouvernement français, avec l'aide de l'ONU, a fourni en l'an 2018 un financement de 590 000 dollars à des entreprises nationales et internationales qui travaillent sur l'élimination des EEI et des mines terrestres dans les régions libérées de l'EIIS.

Retour de la vie normale

Grâce à des financements français et internationaux, la société irakienne de déminage Al-Fahad a pu mettre en œuvre des programmes visant à nettoyer toutes les zones contaminées par des explosifs de l'EIIS, a rapporté le directeur de la société, Mohammed Attia.

« Nous avons réussi à déminer près de 80% de toutes les villes qui étaient contaminées par des mines et des explosifs restants », a-t-il indiqué à Diyaruna, notant que les zones déminées comprenaient des écoles, des centres de santé et des infrastructures.

De plus, en collaboration avec les sociétés américaines de déminage Janus et Tetra Tech, Al-Fahad a déminé près de 200 sites contaminés dans les provinces libérées, a-t-il ajouté.

Au total, 30 000 projectiles et 125 tonnes de mines et de bombes non explosées ont été détruits, grâce à un financement du Département d'État américain.

L'analyste de sécurité Sarmad al-Bayati a salué les efforts de la France pour aider l'Irak à atténuer les effets du terrorisme en soutenant les opérations de déminage.

La France a également contribué aux efforts visant à accélérer le retour des personnes déplacées, après l'enlèvement des explosifs restants de la guerre, a-t-il expliqué à Diyaruna.

Mais le chemin à parcourir pour se débarrasser complètement des explosifs de l'EIIS « est encore long et demande des efforts plus importants de la part des autorités irakiennes et internationales », a-t-il conclu.

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