Société

L'Iran étend discrètement son influence à Albou Kamal

Waleed Abou al-Khair au Caire

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Un panneau de bienvenue portant le nom du Centre culturel iranien est accroché à l'entrée d'une ancienne mosquée à Albou Kamal. [Image tirée d'une vidéo diffusée par des militants sur les réseaux sociaux]

Autre signe de l'influence iranienne rampante dans la province syrienne de Deir Ezzor, l'une des mosquées les plus importantes d'Albou Kamal a été convertie en husseiniya.

Les habitants locaux perçoivent cela comme le reflet de l'engagement de la présence croissante des milices affiliées au Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) dans cette province syrienne orientale, a rapporté à Diyaruna le militant de Deir Ezzor Jamil al-Abed.

Ils y voient un élément d'une tentative plus large d'évincer les habitants locaux et de changer le caractère démographique, religieux et social de la province, a-t-il déclaré.

Les habitants d'Albou Kamal ont été surpris de voir l'husseiniya ouvrir « il y a quelques jours » dans le quartier al-Jamiyat, à la place de la mosquée Abdel Rahman ben Awf, a-t-il indiqué.

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Des éléments de milices affiliées au CGRI sont stationnés devant le nouveau husseiniya d'Albou Kamal. [Image tirée d'une vidéo diffusée par des militants sur les réseaux sociaux]

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Des pèlerins iraniens, irakiens et syriens se rassemblent pour une cérémonie marquant la conversion d'une mosquée d'Albou Kamal en husseiniya. [Image tirée d'une vidéo diffusée par des militants sur les réseaux sociaux]

« Mais personne à Albou Kamal n'ose s'exprimer ouvertement ou s'opposer à ces actions », a-t-il ajouté, car ils craignent les répercussions potentielles du CGRI.

« L'husseiniya est lourdement gardé par des milices affiliées au CGRI et ressemble à une caserne militaire, avec la forte sécurité qui existe autour », a fait savoir al-Abed.

Des drapeaux iraniens et sectaires et des portraits de dirigeants iraniens ont été accrochés sur toute la longueur de la route qui mène à l'husseiniya, a-t-il ajouté.

Cela donne à cette mesure un caractère politique plutôt que religieux.

Partie d'un plan plus large

Cela s'inscrit dans le plan plus large du CGRI pour changer le caractère religieux, démographique et social de la région, a expliqué al-Abed.

L'omniprésence de l'influence iranienne, à travers de nouveaux husseiniyas et centres culturels, aggrave les divisions entre les Syriens, a-t-il déploré.

Les Syriens n'ont aucun problème avec la diversité religieuse ou sectaire, a-t-il souligné, sauf que dans ce cas, il s'agit de substituer une identité à une autre, qui est imposée à la population locale par le CGRI, une force extérieure.

Depuis l'ouverture récente du point de passage frontalier avec l'Irak, le CGRI fait venir un nombre croissant de « pèlerins » irakiens et iraniens, a-t-il noté.

Ces pèlerins visitent des sites religieux à Nabeh Ain Ali et maintenant le nouveau husseiniya d'Albou Kamal, et donnent au CGRI un prétexte pour maintenir ses milices dans la région en prétextant protéger les sites religieux et les pèlerins, a-t-il poursuivi.

C'est le même mode opératoire que le CGRI a utilisé dans la ceinture autour de Damas, a-t-il conclu, où il a renforcé sa présence militaire sous le même prétexte.

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1 COMMENTAIRE (S)
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Est ce que l'Iran ne mérite pas, plus que les Wahhabites et les israéliens, d'avoir une présence?!

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