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Terrorisme |

Des combattants de l'EIIS se rendent alors que leur défaite est proche en Syrie

AFP et Waleed Abou al-Khair au Caire

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Des milliers d'éléments de l'EIIS se sont rendus aux Forces démocratiques syriennes la semaine dernière dans le village d'al-Baghouz, dans l'est de la Syrie. [Photo diffusée sur les réseaux sociaux]

Les Forces démocratiques syriennes (FDS) ont annoncé mercredi 13 mars que « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS) vivait ses « derniers moments » après l'intense bombardement de son dernier bout de terre dans l'est de la Syrie, qui a poussé 3000 extrémistes à se rendre.

Mais les irréductibles combattants de l'EIIS qui sont restés pour défendre ce qu'il reste de leur proto-État ont riposté avec une vague d'attentats-suicides, selon l'alliance arabo-kurde.

L'EIIS régnait auparavant sur des millions de personnes en Syrie et en Irak, mais il a depuis perdu tout ce territoire, à l'exception d'une bande de terre le long d'une rivière dans le village d'al-Baghouz, près de la frontière irakienne.

Une photo prise dans le village d'al-Baghouz, dans l'est de la Syrie, montre le bombardement de la coalition internationale sur ce dernier bastion de l'EIIS dans la province de Deir Ezzor. [Photo diffusée sur les réseaux sociaux]

Des milliers de femmes et d'hommes ont quitté cette poche ces dernières semaines, ralentissant la progression des FDS, qui ont interrompu à plusieurs reprises leur offensive pour permettre les évacuations.

Soutenues par les frappes aériennes de la coalition internationale, les FDS ont repris dimanche leurs tirs d'artillerie, après avoir prévenu les combattants de l'EIIS encore présents que le délai de reddition était écoulé.

Pendant trois nuits consécutives, les FDS ont déclenché un déluge de feu sur les avant-postes de l'EIIS, engloutissant leur camp improvisé dans un incendie ravageur.

« Les derniers moments de l'EIIS ont commencé », a affirmé le responsable des FDS Jiaker Amed à l'AFP.

Les frappes aériennes se sont arrêtées mercredi matin, mais les affrontements se sont poursuivis alors que les FDS tentaient de déjouer une contre-attaque de l'EIIS au petit matin, a-t-il rapporté.

Ce responsable a ajouté que les FDS pilonnaient les extrémistes à l'artillerie lourde afin de ralentir l'offensive que l'EIIS avait lancée sur plusieurs fronts après les violents affrontements de mardi soir.

« Nous sommes toujours en train de repousser l'assaut », a-t-il fait savoir.

« Ce pourrait être leur dernière attaque. »

Un combattant des FDS à al-Baghouz a indiqué que l'EIIS utilisait « de nombreux kamikazes » dans sa contre-attaque, que le groupe avait lancée après l'aube, profitant de la couverture offerte par une tempête de sable.

« La dernière heure »

Les FDS ont subi à ce jour des pertes mineures, une dizaine de leurs soldats portant des « blessures moyennes », a indiqué mardi à Diyaruna l'officier des FDS Farhad Khoja.

Des équipes du génie nettoient les routes des mines et des pièges explosifs posés par les éléments de l'EIIS afin d'entraver la progression des FDS, a-t-il indiqué.

À l'extérieur d'al-Baghouz, un correspondant de l'AFP a vu des dizaines de personnes évacuées assises en groupes dans un champ parsemé de fleurs jaunes, un jour après que plusieurs milliers de résidus de l'EIIS se furent rendus aux FDS.

Moustafa Bali, porte-parole des FDS, a déclaré que près de 3000 extrémistes s'étaient rendus aux FDS durant les dernières 24 heures.

« La bataille est en cours, et leur dernière heure est plus proche que jamais », a-t-il écrit sur Twitter.

Mais un responsable des FDS a déclaré mercredi qu'il « semble qu'il reste de nombreux combattants à l'intérieur » de la dernière poche.

Mercredi, le porte-parole de la coalition, Sean Ryan, a déclaré que l'EIIS n'avait pas de place pour manœuvrer.

« L'ennemi n'a pas de liberté de mouvement la nuit », a-t-il affirmé à l'AFP.

« Le déplacement terrestre des FDS autour de la dernière enclave a permis de réaliser des progrès, et leurs capacités sont en grande partie détruites », a-t-il déclaré.

Depuis décembre, près de 60 000 personnes ont quitté le dernier bastion de l'EIIS, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, et près d'un dixième d'entre eux sont présumés extrémistes.

Cet exode a déclenché une crise humanitaire dans les camps pour déplacés gérés par les FDS plus au nord, qui ont du mal à faire face à l'arrivée massive de femmes et d'enfants.

L'agence alimentaire des Nations unies a appelé mardi à un financement urgent du camp d'al-Hol, où sont accueillis la majorité de ces évacués.

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