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Terrorisme

Fin de la protection pour les mosquées contrôlées par l'EIIS

Waleed Abou al-Khair au Caire

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Cette photo du 9 juillet 2018 montre le dôme de la mosquée al-Nouri détruite dans la Vieille Ville de Mossoul, un an après la reprise de la ville par les forces irakiennes. [Zaid al-Obeidi/AFP]

« L'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS) utilise les mosquées comme centres de commandement lors de ses batailles contre les Forces démocratiques syriennes (FDS) dans l'est de la Syrie, leur ôtant leur caractère sacré et leur statut protégé.

Auparavant, lorsque le groupe contrôlait encore certaines parties de l'Irak, il avait détourné de sa vocation première la mosquée historique de Mossoul, dans laquelle Abou Bakr al-Baghdadi avait fait sa seule apparition publique en tant que chef de l'EIIS en 2014.

Lorsque des militants violent une mosquée en l'utilisant à des fins non religieuses, cela « supprime le caractère sacré du lieu », a expliqué Sheikh Mouath Abdoul Kareem, ancien prédicateur de la mosquée al-Omar d'Alep, qui vit maintenant au Caire.

« Sa structure peut de ce fait être traitée comme n'importe quel autre bâtiment civil », a-t-il indiqué à Diyaruna, soulignant que l'EIIS occupe des mosquées depuis sa naissance.

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Des fidèles dans une mosquée contrôlée par l'EIIS dans la ville syrienne d'al-Raqqa. [Photo diffusée sur les réseaux sociaux]

« Il a utilisé leurs chaires pour promouvoir ses idées et propager des mensonges, des contre-vérités et des fatwas déformées qui ne servent que ses objectifs et ses desseins criminels », a-t-il poursuivi.

De plus, le groupe viole le caractère sacré des mosquées en les transformant en dépôts d'armes, en centres de commandement militaire et en casernes, a-t-il ajouté.

« La plupart des textes religieux islamiques qui se réfèrent à l'inviolabilité des mosquées et de tous les édifices religieux appartenant à toutes les religions divines en temps de guerre stipulent qu'ils doivent être neutralisés s'ils sont entièrement inoccupés », a-t-il précisé.

Violation des conventions internationales

Les lieux de culte font partie de la propriété culturelle des nations et des peuples, a rappelé Wael al-Sharimi, professeur de droit pénal international à l'université du Caire.

En tant que tels, ils sont protégés par les lois internationales définies par les Conventions de Genève (1949) et de La Haye (1907), a-t-il précisé à Diyaruna.

Ces conventions appellent à protéger les civils et les biens culturels religieux contre les ravages de la guerre, a-t-il rappelé.

Les conventions internationales stipulent que les édifices religieux ne peuvent être visés à moins qu'ils ne soient utilisés à des fins militaires, a poursuivi al-Sharimi.

« Dans le cas de l'EIIS, la situation est très claire, car il s'en est pris aux lieux de culte et les a détournés de leur caractère de structures religieuses sacrées pour en faire des quartiers généraux servant à planifier des attaques terroristes, des repaires ou des entrepôts d'armes », a-t-il ajouté.

Le 11 février, la coalition internationale a annoncé qu'elle avait lancé une frappe chirurgicale en soutien aux FDS contre un centre de commandement et de contrôle de l'EIIS qui était autrefois utilisé comme mosquée à Baghouz al-Fawqani en Syrie.

L'EIIS avait utilisé cette ancienne mosquée pour lancer ses attaques et utiliser des engins explosifs improvisés (EEI) contre les forces de la coalition, a déclaré un communiqué de la coalition.

Par ailleurs protégée par la Convention de Genève, « cette mosquée avait perdu son statut protégé lorsque l'EIIS avait délibérément choisi d'en faire un centre de commandement et de contrôle », a expliqué le major général britannique Christopher Ghika.

Échec des efforts de propagande de l'EIIS

« Les éléments de l'EIIS se sont toujours retranchés dans des mosquées, et ils l'ont fait de manière répétée en Syrie et en Irak », a déclaré l'avocat syrien Bashir al-Bassam à Al-Mashareq.

En Irak, l'EIIS avait pris le contrôle de la mosquée historique al-Nouri de Mossoul, Abou Bakr al-Baghdadi en utilisant la chaire pour déclarer sa propre prise de commandement et pour annoncer les ambitions territoriales de son groupe.

En juin 2017, alors sous la menace des forces de libération, l'EIIS avait fait exploser la mosquée et son célèbre minaret incliné datant du XIIe siècle.

En Syrie, le groupe avait détourné de leur mission la Grande Mosquée d'al-Raqqa et d'autres mosquées de la ville, et avait fait de même à Deir Ezzor, selon les témoignages de nombreux civils qui avaient fui la région, a-t-il ajouté.

« Les éléments de l'EIIS tentent de répandre des mensonges à propos de ces mosquées en affirmant qu'elles sont inoccupées et sont délibérément visées par les forces de la coalition internationale », a-t-il poursuivi.

Des articles parus dans les médias et des rapports des renseignements ont confirmé la fausseté de ces allégations, a-t-il continué, en plus des témoignages de civils qui se trouvaient dans les zones alors contrôlées par le groupe.

« La machine médiatique de l'EIIS, en particulier via les réseaux sociaux, tente d'attiser la colère contre la coalition internationale sur la question des mosquées », a poursuivi al-Bassam.

Mais la propagande du groupe ne trouve aucun écho face à la mise en lumière des véritables actions de l'EIIS qui nuisent à l'Islam, notamment « la conversion des mosquées en centres de commandement militaire », a-t-il conclu.

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