Sécurité

Retrait des barrières de béton et des postes de contrôle dans les rues de Bagdad

Alaa Hussain à Bagdad

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Les autorités irakiennes ont lancé un plan pour éliminer tous les signes de militarisation de la capitale. Sur cette photo publiée le 26 décembre, des véhicules retirent une barrière en béton d'une rue à al-Karkh. [Photo fournie par le commandement des opérations de Bagdad]

Après des années de signes visibles de militarisation, la capitale irakienne cherche à éliminer les infrastructures militaires de ses rues, signe de sécurité accrue.

Pour la première phase d'un plan lancé le 16 décembre, le lieutenant général Jalil al-Rubaie, commandant des opérations de Bagdad, s'est rendu personnellement dans les rues accompagné de plusieurs officiers supérieurs pour superviser le retrait de 22 postes de sécurité et barrières de béton dans plusieurs zones de Bagdad.

Cette action a coïncidé avec la réouverture partielle de la Zone verte lourdement fortifiée pour les habitants, quinze ans après sa fermeture pour raisons de sécurité.

Bagdad compte des centaines de postes de sécurité installés aux entrées des quartiers résidentiels, près des bureaux gouvernementaux et sur les routes vitales, tandis que des barrières de béton ferment des quartiers entiers, bloquent de nombreuses routes secondaires et clôturent toute la Zone verte.

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Des barrières en béton sont enlevées et des rues sont rouvertes dans le district d'al-Harithiya à Bagdad le 17 décembre. [Photo fournie par le commandement des opérations de Bagdad]

Bagdad va être débarrassée des postes de contrôle

« Ce plan demande le retrait de toutes les barrières de béton et de tous les postes de sécurité de la capitale sur une période de six mois », a déclaré Mohammad al-Rubaie, vice-président de la commission pour la sécurité du conseil provincial de Bagdad.

Les agences de renseignements se chargeront du maintien de la sécurité et de la traque des groupes terroristes, a-t-il expliqué à Diyaruna, rappelant l'existence du vaste réseau de caméras de surveillance que les agences de sécurité ont commencé à installer.

« La situation sécuritaire à Bagdad est désormais normale, après la victoire contre « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS) », a-t-il déclaré.

Les conditions politiques se sont également améliorées, a déclaré al-Rubaie, et nous voyons apparaître des signes d'amélioration de la situation économique et de reprise du commerce.

Mais il faut toujours une vigilance et des précautions constantes, « car l'ennemi est toujours féroce et attend l'occasion [d'attaquer] », a-t-il ajouté.

Les mesures prises pour démilitariser Bagdad sont intervenues quelques jours après que le Premier ministre eut annoncé que le gouvernement allait rouvrir une partie de la Zone verte sous haute sécurité, où se trouvent des bureaux officiels importants, pendant cinq heures chaque soir à partir du 10 décembre.

« L'ouverture de la Zone verte fait partie des mesures annoncées par le commandant en chef des forces armées consistant à rouvrir toutes les rues fermées de Bagdad », a indiqué le major général Jassim Yahya, l'un des commandants du groupe d'action spéciale chargé de la protection de la Zone verte.

Le retrait des barrières de béton et la réouverture des rues se font de concert avec Amanat Baghdad, le commandement des opérations de Bagdad et le groupe d'action spéciale, a-t-il rapporté à Diyaruna.

Élimination des cellules dormantes

Les agences irakiennes de sécurité ont réussi à éliminer la plupart des cellules dormantes à Bagdad, « qui représentaient la menace sécuritaire la plus sérieuse à l'intérieur des villes », a affirmé à Diyaruna l'analyste militaire irakien Safa al-Asam.

Elles ont également contribué à faire régner la sécurité en dehors de la capitale, notamment dans la ceinture de sécurité autour de Bagdad, après avoir détruit les incubateurs et les positions des cellules dormantes à Jurf al-Sakhr et dans les zones menant à la province de l'Anbar, a-t-il poursuivi.

« La décision de supprimer les postes de contrôle n'a pas été arbitraire, mais a été prise après sept mois de préparation pendant lesquels la sécurité s'est améliorée et les failles de sécurité ont cessé », a expliqué al-Asam.

Cette décision « suscitera une réaction positive chez les citoyens ordinaires », a-t-il affirmé, notant que cela conduira à une coopération accrue entre les citoyens et les forces de sécurité.

Les inquiétudes passées quant à la sécurité de Bagdad « ne se reproduiront pas » tant que la frontière internationale avec la Syrie sera fermée et étroitement gardée pour empêcher l'infiltration de groupes terroristes, a-t-il conclu.

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