Ramadan

Après l'EIIS, les habitants d'al-Raqqa reprennent les traditions du ramadan

Waleed Abou al-Khair au Caire

image

Des clients achètent des légumes et des fruits sur un marché en plein air de la ville d'al-Raqqa aux premiers jours du ramadan. [Photo fournie par les Forces démocratiques syriennes]

Les habitants de la province syrienne d'al-Raqqa retrouvent cette année un ramadan sans le contrôle de « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS), et peuvent à nouveau savourer les traditions de leur ville, comme les banquets de l'iftar publics et les repas nocturnes de sahur.

Le groupe a été chassé d'al-Raqqa fin 2017 par les Forces démocratiques syriennes (FDS) et la coalition internationale.

Depuis, la vie a lentement repris son cours dans la ville, et les produits de première nécessité sont à nouveau disponibles. Le travail de retrait des mines et des gravats et les efforts de reconstruction se poursuivent.

« Les habitants d'al-Raqqa qui sont revenus dans leur ville apprécient de pouvoir observer leurs rites du ramadan librement cette année », a expliqué Mahmoud al-Amin, un habitant revenu dans sa ville après le départ de l'EIIS.

image

De jeunes Syriens se rassemblent dans un café de la ville d'al-Raqqa pendant le ramadan après la défaite de « l'État islamique en Irak et en Syrie ». [Photo fournie par les Forces démocratiques syriennes]

La véritable ambiance du ramadan est de retour en ville, a-t-il déclaré à Diyaruna, soulignant que les décorations de cette période de fête avaient fait leur retour sur plusieurs marchés récemment rouverts.

Les banquets publics de l'iftar, l'une des grandes traditions du ramadan à al-Raqqa, sont organisés par les habitants, et des repas gratuits sont distribués aux nécessiteux, a-t-il ajouté.

De telles scènes étaient totalement absentes sous le règne de l'EIIS, a-t-il précisé.

Les habitants peuvent désormais « entrer dans les mosquées et prier librement, des rites qui leur avaient été interdits et auxquels ils se soustrayaient souvent du fait de la tyrannie imposée par les éléments du groupe », a-t-il poursuivi.

Ils restent éveillés tard dans la nuit pour le repas de sahur, se rassemblant dans des restaurants ou des cafés, dans une ambiance détendue à laquelle la ville et ses habitants étaient habitués depuis des décennies, a ajouté al-Amin.

Les prix des produits alimentaires sont par ailleurs redescendus à des cours normaux, a-t-il poursuivi, soulignant que « les commerçants n'ajoutent qu'une marge de profit raisonnable, par solidarité avec les habitants revenus ».

Le conseil municipal de la ville s'efforce de donner à ces personnes revenues les produits de première nécessité comme l'eau, l'électricité, des denrées alimentaires et du combustible, et exerce un contrôle sur les prix pour empêcher les commerçants de profiter de la rareté de certains articles, a-t-il précisé.

Solidarité avec les habitants déplacés

Non loin d'al-Raqqa, des milliers de déplacés syriens restent bloqués dans le camp de déplacés internes (DI) d'Aïn Issa.

La situation dans ce camp est délicate, a expliqué à Diyaruna Mahmoud Ali al-Salem, un habitant de ce camp.

Les organisations humanitaires y ont réduit leur soutien, en particulier l'aide alimentaire, et la cuisine d'aide qui était une source essentielle de nourriture pour de nombreux habitants du camp a été fermée depuis un moment, a-t-il indiqué.

Mais avec le ramadan, l'administration du camp est parvenue à un accord avec une organisation humanitaire pour aider à remettre en service cette cuisine humanitaire, a expliqué al-Salem, ajoutant qu'elle offrait des repas de l'iftar aux habitants du camp.

Nombre de ceux qui étaient déjà rentrés dans leur ville sont également retournés dans le camp pendant le ramadan pour servir des repas de l'Iftar en geste de solidarité sociale, a-t-il ajouté.

Al-Tabqa renouvelle les traditions du ramadan

Dans la ville toute proche d'al-Tabqa, la situation semble encore plus favorable qu'à al-Raqqa.

Fathi al-Salloum, un agriculteur d'al-Tabqa, a expliqué que la situation dans la ville évoluait rapidement pour le meilleur, car celle-ci avait moins souffert de destructions qu'al-Raqqa.

« Les services de base comme l'eau, l'électricité et l'assainissement fonctionnent parfaitement », a-t-il indiqué à Diyaruna.

Les marchés regorgent chaque jour de clients pendant le ramadan, a-t-il expliqué, rappelant ce qui se produisait dans la période pré-EIIS, lorsque les marchés d'al-Tabqa se remplissaient d'habitants venus de la ville et des environs.

« Parmi les magnifiques scènes que l'on retrouve dans la ville se trouvent les banquets de l'iftar organisés dans les rues et sur les places publiques », a expliqué al-Salloum.

Les habitants, les clients, les visiteurs et les voyageurs qui passent dans la ville se rassemblent pour ces banquets publics de l"iftar.

« C'est une coutume qui a valu à la ville sa renommée durant toute son Histoire », a-t-il expliqué. « Elle fait aujourd'hui son retour après avoir été interdite par l'EIIS dans le cadre des règles dures et prohibitives que les émirs du groupe avaient imposées aux habitants de la ville. »

Aimez-vous cet article?
0
0 COMMENTAIRE (S)
Politique Commentaire * INDIQUE CHAMP NÉCESSAIRE 1500 caractères restants (1500 MAX)