Sécurité

Réouverture des services civils et juridiques aux habitants de l'Anbar

Khalid al-Taie

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Cette photo publiée sur le site web de l'agence le 12 mai 2017 permet de constater la réhabilitation de la Direction des services fonciers et du cadastre de la province de l'Anbar. [Photo fournie par la Direction des services fonciers et du cadastre de l'Anbar]

Après des années d'interruption des services, les habitants de Ramadi peuvent désormais enregistrer légalement leurs contrats de propriété auprès de la Direction des services fonciers et du cadastre.

Naeem al-Issawi, 55 ans, a expliqué qu'il avait enfin pu enregistrer officiellement la propriété de sa maison le 17 mars, après une longue attente.

Lorsque « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS) s'est emparé de Ramadi et de vastes régions de la province de l'Anbar en mai 2015, les terroristes ont semé le chaos dans la ville, et tous les services gouvernementaux avaient de ce fait vu leur fonctionnement suspendu, a-t-il raconté.

La réouverture des agences gouvernementales « est une obligation si l'on souhaite que les choses reviennent à la normale », a-t-il poursuivi pour Diyaruna, ajoutant qu'il espérait voir de nouvelles réhabilitations des services dans l'ensemble de la province.

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Des responsables locaux ouvrent la Direction des services fonciers et du cadastre à al-Rutba, dans l'ouest de l'Anbar, sur cette photo publiée sur le site web de l'agence le 11 mars 2018. [Photo fournie par la Direction des services fonciers et du cadastre de l'Anbar]

Réouverture des agences du ministère de la Justice

Alaa Mohammed Hussain, responsable de la Direction des services fonciers et du cadastre de l'Anbar, a indiqué que la plupart des agences rattachées au ministère de la Justice, notamment la sienne, avaient été réhabilitées.

Ces agences ont en effet pu rouvrir leurs portes grâce aux efforts conjoints du ministère de la Justice et des autorités locales de l'Anbar, une coopération que les observateurs qualifient de « développement positif » en vue de la stabilisation des villes libérées après trois années de souffrance sous la terreur de l'EIIS.

Les habitants sont désormais en mesure d'enregistrer leurs contrats fonciers et de traiter leurs affaires juridiques, leurs doléances et leurs demandes d'indemnisation, entre autres services liés à la protection des droits et des intérêts des citoyens.

La direction a commencé à rouvrir ses portes aux habitants en quête de services juridiques en début d'année, a rapporté Hussain.

« Le bureau de Ramadi a été ouvert en complément d'autres succursales à Falloujah, Heet, Haditha et, plus récemment, à al-Rutba », a-t-il expliqué à Diyaruna le 18 mars. « Certains de ces bureaux avaient été détruits par les terroristes, et nous avons réussi à les réhabiliter avec le soutien du gouvernement local de l'Anbar. »

La direction ouvrira prochainement sa succursale à al-Qaim, car le bâtiment n'y avait pas été endommagé, a poursuivi Hussain. Les autorités envisagent également d'ouvrir deux autres sites, à Anah et Raoua, lorsque les bâtiments y auront été réhabilités et pourront être réutilisés en toute sécurité.

Priorité à la fourniture des services publics

Le maire de Ramadi, Ibrahim al-Awsaj, a confirmé que tous les bureaux du ministère de la Justice ouvriront bientôt et seront à nouveau fonctionnels dans sa ville.

« Depuis que nous avons libéré notre ville [en décembre 2015], la priorité des autorités locales a été de rouvrir les agences de l'État et de fournir à nouveau les services », a-t-il indiqué à Diyaruna.

« Nous avons porté nos efforts sur le soutien à la reconstruction et avons pu rouvrir plusieurs bâtiments publics endommagés, avec l'aide des autorités gouvernementales compétentes », a-t-il poursuivi.

« Tous les services juridiques et judiciaires fonctionnent à nouveau à leurs sièges, et non plus dans des bâtiments provisoires », a expliqué al-Awsaj.

« Cela a été un développement positif et une mesure importante en vue du renforcement de nos efforts pour assurer un environnement stable pour les personnes revenant dans leurs foyers depuis les camps de réfugiés », a-t-il indiqué.

« Des agences gouvernementales qui fonctionnent signifient que la loi et l'ordre peuvent être rétablis, car les gens sentent que leurs droits sont protégés et qu'ils peuvent confier leurs affaires au gouvernement en toute transparence. »

« Les gens ont besoin que les tribunaux civils, les cours d'appels et pénales fonctionnent, afin qu'ils puissent déposer leurs certificats de mariage, que les criminels soient jugés, et que leurs droits publics soient maintenus », a-t-il poursuivi.

« Ils ont besoin des services fonciers pour enregistrer la propriété de leurs biens, de leurs terres et de leurs entreprises, et des services d'un notaire pour traiter les indemnisations de ceux qui ont été affectés par le terrorisme », a poursuivi al-Awsaj.

« Refermer le chapitre noir du terrorisme »

Le maire de Falloujah, Issa al-Sayer, a ajouté que les agences légales et juridiques de sa ville fonctionnent maintenant normalement et sont en mesure de recevoir les gens.

« C'est la preuve que nous refermons le chapitre noir du terrorisme », a-t-il affirmé à Diyaruna.

« Pour les habitants, c'est un symbole important du maintien de la stabilité et de la sécurité après que les terroristes ont pris le contrôle de leur ville et les ont privés de leurs droits, les ont attaqués et ont confisqué ce qu'ils possédaient », a-t-il conclu.

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