Sécurité

Une campagne à Bassorah contre le crime organisé

Khalid al-Taie

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Les forces irakiennes conjointes ont entamé en février une campagne de sécurité destinée à lutter contre les réseaux de crime organisé dans la province de Bassorah. [Photo fournie par le commandement des opérations dans Basra]

La récente campagne sécuritaire visant le crime organisé et le trafic de stupéfiants lancée dans la province de Bassorah a déjà produit ses premiers résultats, ont expliqué des responsables à Diyaruna.

Le gouvernement irakien a envoyé quelque vingt mille membres des forces de sécurité à Bassorah pour apporter un soutien aux forces locales, dans le cadre d'une campagne qui a débuté le 21 février.

Parmi eux se trouvent des membres de l'armée, du contre-terrorisme, des renseignements, des forces de police locales et fédérales.

Cette campagne a été lancée en réponse à des demandes favorables à l'application de la loi.

« Le gouvernement a répondu à nos appels et a envoyé une importante force militaire dans notre province, qui a commencé à mener à bien sa mission », a expliqué Jabbar al-Saidi, président de la commission de sécurité du conseil provincial de Bassorah.

« Aux côtés des forces locales, ces unités ont pu progresser vers des zones où se trouvent des individus recherchés et où règne l'agitation, et ont réussi à les encercler », a-t-il poursuivi pour Diyaruna.

Des missions de recherche et d'arrestation sont conduites dans ces zones, a-t-il ajouté.

Cette campagne se déroule selon les plans, a-t-il précisé, soulignant que plus de vingt arrestations avaient été effectuées durant les quelque premiers jours, notamment pour des charges de meurtre, de vol, de trafic de drogue et d'incitation à l'agitation publique.

Opérations préemptives

La plupart des régions ciblées se trouvent dans le nord de la province de Bassorah, notamment al-Qarna, al-Haritha, al-Karma, ainsi que d'autres régions du centre, comme al-Qobla, a précisé al-Saidi.

« Nous espérons que ces opérations de sécurité se poursuivront et deviendront permanentes, et qu'elles n'auront pas seulement lieu de manière temporaire », a-t-il poursuivi, appelant à des efforts de renseignement et à des opérations préemptives renforcés.

Les conflits tribaux sont une source de préoccupation à Bassorah, les rivalités et les conflits pour divers motifs dégénérant souvent en conflits armés.

Cela est devenu une tendance dangereuse qui menace la sécurité publique et des vies innocentes, a expliqué Cheikh Ahmed al-Soulaiti , membre du conseil provincial de Bassorah, décrivant les conflits tribaux comme « le plus grand défi sécuritaire » pesant sur la région.

Les hors-la-loi ont en effet tiré parti de la pénurie en personnel de sécurité, dont beaucoup ont été envoyés combattre « l'Etat islamique en Irak et en Syrie » (EIIS), a-t-il précisé.

« Notre principale demande était que ces hommes reviennent à leurs postes, en particulier après la libération », a-t-il poursuivi.

Ces nouvelles mesures de sécurité provisoires ont toutefois été bien accueillies par les habitants, car « elles sont conduites avec douceur, et avec un niveau de flexibilité élevé, qui n'affecte pas la vie quotidienne de la population locale », a-t-il souligné.

Les criminels les plus recherchés

L'objectif initial de cette campagne était d'arrêter les criminels les plus recherchés.

« Quelque 1200 mandats d'arrêt ont été délivrés pour des criminels très dangereux », a expliqué le chercheur Hisham al-Hashimi, spécialiste des mouvements extrémistes.

Ces individus s'en sont pris à des installations de l'Etat, comme des ports, des postes frontières, des installations énergétiques et pétrolières, des bâtiments publics et des routes, a-t-il expliqué à Diyaruna.

D'autres formes de crimes comprennent « la production et la vente de drogues, le trafic et la possession d'armes, ainsi que l'écoulement en masse sur le marché local de produits expirés », a-t-il ajouté.

Al-Hashimi a souligné l'importance d'une action militaire pour le maintien de la stabilité.

« Bassorah est une province riche en pétrole et en ressources naturelles, qui est considérée comme le poumon économique de l'Irak », a-t-il poursuivi.

S'en prendre à ces mafias et mettre un terme à un conflit armé dangereux et au crime organisé est essentiel pour attirer les investissements et renforcer l'économie nationale », a-t-il ajouté.

Rasoul Hakem, habitant de Bassorah, a expliqué à Diyaruna accueillir favorablement cette initiative sécuritaire.

« Cela faisait longtemps que nous attendions cela », a-t-il conclu. « Nous souhaitons nous débarrasser de tous ceux qui portent atteinte à la sécurité de notre province. Nous avons libéré notre pays des terroristes, nous voulons maintenant le nettoyer des gangs criminels. »

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